Le Sing Tao Daily inscrit comme «agent étranger» de Pékin cesse d’imprimer au Canada

9 septembre 2022 Mis à jour: 9 septembre 2022
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L’édition canadienne du Sing Tao Daily, que les États‑Unis ont inscrit sur la liste des « agents étrangers » de Pékin, a mis fin à son édition imprimée le 28 août.

Le 27 août, le journal de langue chinoise a publié sa dernière édition imprimée, concluant par une revue spéciale des principaux événements qu’il a couverts au cours des 44 dernières années de publication.

Le mois dernier, la publication a déclaré que l’arrêt de son édition imprimée était une stratégie commerciale pour mieux « concentrer les ressources sur le développement de nouvelles plateformes médiatiques », en réponse au changement de comportement des consommateurs qui préfèrent recevoir des informations sur des plateformes numériques.

Mais certains experts ont également souligné l’influence accrue de Pékin sur la publication et son évolution progressive vers un média pro‑PCC (Parti communiste chinois), estimant que ces facteurs ont contribué à sa perte de parts de marché.

Edward Chin, gestionnaire principal de fonds spéculatifs dans le secteur de la radiodiffusion au Canada, a précédemment déclaré à Epoch Times qu’il pensait que le Sing Tao Daily avait mis fin à son édition papier pour des raisons économiques liées à la « perte de lecteurs ».

Un virage pro‑Pékin

Le Sing Tao Daily du Canada a été fondé en 1978 en tant que quotidien payant en langue chinoise, affilié à la Sing Tao News Corporation basée à Hong Kong.

Ses reportages sur la Chine, Hong Kong, Taiwan et les événements internationaux provenaient à l’origine de son siège social de Hong Kong. Avant la rétrocession de Hong Kong en 1997, il qualifiait le gouvernement de Pékin d’ « autorités communistes » ou de « communiste de Chine » dans ses reportages. La production de ces informations a ensuite été transférée à Shanzhen, en Chine, et a progressivement adopté une position pro‑Pékin.

Gloria Fung, présidente du Lien Canada‑Hong Kong, a déclaré à Epoch Times que lorsque la Torstar Corporation au Canada – qui est également la société mère du Toronto Star – a acquis le Sing Tao Daily il y a plusieurs années, on lui a demandé de partager les informations produites en Chine, et elle a une relation éditoriale avec la société mère du Sing Tao à Hong Kong.

En 2001, le Sing Tao Daily a été acquis par Charles Ho, membre du Comité permanent de la Conférence consultative politique du peuple chinois – un cercle particulier pour les élites politiques du Parti communiste chinois (PCC).

En 2020, lorsque Pékin a eu l’intention d’appliquer la draconienne loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, largement considérée comme un coup dur pour sa démocratie, M. Ho a publié un article signé dans le Sing Tao Daily américain, intitulé « Bien sûr », montrant son soutien à la décision de Pékin.

(De g. à dt.) Pansey Ho, Charles Ho et Kim Lee Chan au gala de l’amfAR Hong Kong aux Shaw Studios à Hong Kong, le 25 mars 2017. (Ulet Ifansasti/Getty Images)

L’année dernière, Charles Ho a vendu une participation de 28% dans Sing Tao News Corporation à une société de gestion de propriétés résidentielles, Kaisa Prosperity, qui serait actuellement en crise financière. Kaisa a ensuite vendu 14% de ses parts à Karson Choi, le fils de Francis Choi, un magnat chinois et membre d’un organe consultatif politique du PCC.

Le Sing Tao Daily possède huit succursales à l’étranger, et les opérations d’information et les éditions sont dirigées par Larry Lee, ancien président et rédacteur en chef du China Daily, une tribune du PCC.

Agent étranger

En 2021, le département américain de la Justice a ordonné que la filiale américaine de Sing Tao soit enregistrée comme agent étranger, rejoignant ainsi les médias d’État chinois CGTN et Xinhua qui portent cette désignation.

La société a nié être sous la direction du Parti communiste chinois (PCC), affirmant qu’elle n’est ni « contrôlée ni influencée » par le PCC, a rapporté Radio Free China.

Selon un rapport de 2001 de la Jamestown Foundation, un think tank basé aux États‑Unis, de nombreuses publications en langue chinoise en Amérique du Nord, dont le Sing Tao Daily et le Ming Pao Daily News, sont sous l’influence directe du régime communiste chinois.

« En préparation du retour de Hong Kong à la Chine en 1997, le gouvernement chinois a tenté vigoureusement, au début des années 1990, d’acheter plusieurs grandes agences de presse à Hong Kong. Pour ce faire, il a fait appel à des marchands tiers qui entretiennent des liens commerciaux étroits avec la Chine », indique le rapport.

Le rapport ajoute que le Sing Tao Daily s’est transformé en « un journal pro‑communiste » à partir des années 1990, après que le régime communiste a apporté un soutien financier au propriétaire de la publication.

Donna He, May Huang, Nie Law et Ying Cheung ont contribué à cet article.

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