La politique climatique, une arme du régime chinois contre l’économie occidentale

22 décembre 2021 Mis à jour: 22 décembre 2021
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Le Parti communiste chinois (PCC) a transformé le mouvement en faveur du changement climatique en une arme politique et économique contre l’Occident, selon un nouveau rapport de la Global Warming Policy Foundation, une organisation à but non lucratif basée à Londres.

Intitulé « Le rêve énergétique de la Chine », le rapport détaille la manipulation par le PCC des accords internationaux sur le climat et aboutit à une conclusion surprenante : « La Chine utilise la politique climatique à la fois comme un moyen de renforcer son économie et comme une arme pour affaiblir les autres pays. »

Selon l’auteure du rapport, Patricia Adams, cet état de corruption a largement été démontré lors du dernier sommet sur le climat, la COP 26 en Écosse. Malgré deux semaines de discussions pour élaborer les termes du Pacte de Glasgow, aucune des 197 nations n’a opposé de veto aux révisions amenées à la dernière minute par la Chine concernant la formulation « éliminer progressivement » l’utilisation de centrales électriques au charbon devenue « réduire progressivement ». Un changement qui peut sembler subtil, certes, mais qui permet à Pékin de continuer à utiliser le charbon ad vitam æternam pour produire de l’électricité. Cet heureux changement de dernière minute a permis aux délégués de la COP26 de célébrer un nouvel accord sur le climat qui incluait la Chine, le plus grand pollueur de gaz à effet de serre au monde.

Pour le PCC, il s’agit là d’une double victoire. Il peut désormais se présenter comme le défenseur d’un avenir énergétique propre sans avoir pour autant à sacrifier sa forte dépendance aux combustibles fossiles, indispensables pour propulser l’économie du pays.

Mme Adams, directrice générale de l’ONG Probe International, basée à Toronto, a passé 30 ans à étudier les problèmes environnementaux en Chine et à analyser la récupération par le régime du mouvement écologiste. Le titre de son rapport fait écho, non sans ironie, au « rêve chinois » de Xi Jinping, une formule chère au secrétaire général du PCC et qu’il utilise régulièrement depuis sa prise de pouvoir en 2012. Le « rêve chinois »… la quintessence des aspirations officielles du régime… du développement durable au prestige international.

« Le rêve énergétique de la Chine » montre avant tout à quel point le rêve de Xi Jinping dépend des combustibles fossiles.

« Pour que le régime survive, et c’est sûrement la priorité absolue du PCC, les combustibles fossiles nécessaires à la croissance économique doivent être garantis. » Pour cette raison, explique le rapport, « pour la Chine, poursuivre les réductions de CO2 ne servira ni l’objectif du régime communiste à ce maintenir, ni celui de devenir la première superpuissance mondiale d’ici 2049 ».

« Les réductions en CO2 n’ont de sens qu’en [étant appliquées] par ceux auxquels elle veut nuire et supplanter. »

Une vue aérienne de la centrale électrique au charbon de Hanchuan, dans la province de Hubei, en Chine, le 11 novembre 2021. (Getty Images)

Une Guerre économique

Selon le rapport, la lutte contre le changement climatique permet à la Chine de mener une guerre économique non officielle.

« La Chine fait tout ce qu’elle peut pour encourager l’Occident à poursuivre sa quête de réformes climatiques », écrit Patricia Adams, tandis que le PCC ne joue le jeu qu’en apparence. Alors que les États-Unis et d’autres économies avancées se débattent avec les défis d’une économie à faible émission carbone, « la Chine est obsédée, à l’intérieur comme à l’international, par la récupération de plus en plus de combustibles fossiles, pour propulser son économie et atteindre la suprématie d’une superpuissance mondiale ».

Dans une interview accordée à Epoch Times, Patricia Adams se montre plus directe encore :

« Il est très clair pour moi que le changement climatique est devenu une arme de guerre pour le PCC. Leur objectif est de supplanter les gouvernements occidentaux tout en continuant à accroître leur puissance économique et militaire pour parvenir à la suprématie mondiale. »

« Sur le front économique, la meilleure arme du régime chinois est d’amener les gouvernements occidentaux à rechercher des émissions nettes nulles. Cela détruira nos économies alors même que celles de la Chine continueront de croître. C’est une politique insensée, mais elle a réussi à séduire de nombreux gouvernements occidentaux. La Chine utilise la politique du changement climatique pour handicaper nos économies. »

Le rapport reprend les antécédents de la Chine en matière de subversion des institutions internationales, depuis la violation des règles du commerce équitable jusqu’à ses attaques incessantes de cyberespionnage et de cyberguerre contre des concurrents étrangers. Selon l’auteure, maigres sont les arguments qui valident l’adoption par la Chine d’une stratégie différente concernant sa politique climatique. De fait, le régime chinois continue d’étendre sa marine, d’essaimer ses ports commerciaux, ses oléoducs en renforcer son accès aux sources de combustibles fossiles.

L’Occident ferme les yeux

Comment le PCC a-t-il réussi à se montrer si peu coopératif pour réduire les émissions de CO2 sans que les environnementalistes ne protestent ? Selon Mme Adams, la Chine a rallié et corrompu le mouvement international de lutte contre le changement climatique.

« Comme toutes les ONG occidentales, les groupes verts ne sont autorisés à opérer en Chine que s’ils se mordent la langue », écrit-elle dans un article publié en 2020. Pour travailler avec la Chine, les organisations de lutte contre le changement climatique doivent « fermer les yeux sur l’évidence : la Chine ne respecte pas ses accords internationaux et n’a aucune intention de réduire sa consommation en combustibles fossiles. »

« Alors que le monde s’est éveillé aux abus de la Chine, les écologistes occidentaux sont silencieux », déplore Patricia Adams dans une déclaration accompagnant le document de 2020. « La Chine en fait des idiots utiles » ne pouvant contredire Xi Jinping de peur de perdre sa participation à l’effort climatique mondial.

Selon Patricia Adams, la « communauté du changement climatique » tire profit de cette mascarade orchestrée par le PCC.

« Il existe d’innombrables groupes environnementaux et agences gouvernementales dans le monde dont les budgets dépendent de cette question du changement climatique », explique-t-elle à Epoch Times, « et ils ont tous besoin que la Chine y participe. Ou du moins qu’elle donne l’impression d’y participer. »

Pour des observateurs comme Patricia Adams et la Global Warming Policy Foundation, il est évident depuis longtemps que la Chine est non seulement incapable de réduire ses émissions, mais qu’elle se dirige droit dans la direction opposée à mesure que son économie explose et que ses besoins en énergie augmentent.

Malgré une décennie de déclarations publiques sur les énergies propres, la Chine reste le plus grand consommateur de charbon au monde. Au jour d’aujourd’hui, la Chine construit une centrale électrique au charbon par semaine.

« En 2020, la Chine a construit plus de trois fois plus de nouvelles capacités de production d’électricité au charbon que tous les autres pays du monde réunis », selon le Global Energy Monitor.

« La Chine dépend totalement des combustibles fossiles », affirme Mme Adams. « Ils en ont besoin pour faire tourner leur économie. »

Malgré toutes ses promesses climatiques, le PCC ne peut ni ne pourra renoncer aux combustibles fossiles. En revanche, il peut sans peine continuer à pousser les États-Unis et les autres économies avancées à opérer ces changements.

« Regardez la direction que nous prenons », explique Mme Adams évoquant la politique climatique américaine. Alors que la Chine continue à se développer économiquement grâce aux combustibles fossiles, les États-Unis ont « interdit la fracturation hydraulique et les nouvelles extractions de pétrole, annulé des pipelines et fait des efforts irréalistes pour subventionner l’énergie solaire et éolienne. Ces politiques, encouragées par les groupes environnementaux occidentaux, menacent de détruire nos économies. »

« La Chine s’implique dans le changement climatique pour servir ses propres objectifs. La Chine a de sérieux problèmes en termes de pollution de l’air et de l’eau, mais pas de CO2. La politique climatique n’aborde aucun des besoins environnementaux internes de la Chine. Il s’agit d’une question internationale prépondérante que le PCC utilise à son propre avantage. »


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