Refus d’obtempérer à Nice : le policier auteur du tir mortel en garde à vue

8 septembre 2022 Mis à jour: 8 septembre 2022
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Âgé de 23 ans, le policier qui a tiré le 7 septembre à Nice dans les Alpes-Maritimes sur un conducteur lors d’une intervention pour un refus d’obtempérer, a été placé en garde à vue dans les locaux de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), a-t-on appris du parquet.

Ce fonctionnaire a été placé en garde à vue mercredi en soirée pour une « garde à vue de vingt-quatre heures, renouvelable une fois », a précisé la procureure adjointe de Nice, Maud Marty.

Mercredi vers 16h30, un homme qui circulait sans permis à bord d’un véhicule volé est mort après avoir été touché par un tir de cet agent d’une brigade de sécurité routière.

Selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), les policiers avaient fait signe au conducteur du véhicule en train de « zigzaguer dangereusement » sur la voie rapide de les suivre, mais ce dernier avait accéléré. Il avait ensuite percuté « à plusieurs reprises » la voiture des policiers. Un des fonctionnaires, descendu sur la chaussée, a alors tiré « une fois », selon une autre source policière.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent le véhicule, bloqué par une voiture de police à l’avant, faire une marche arrière avant de s’arrêter et d’être à nouveau bloqué par la voiture de police à l’avant.

Une « situation de danger »

Le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police FO des Alpes-Maritimes Laurent Martin de Frémont, a réagi sur Nice-Matin. « Notre collègue est en oblique, entre les deux voitures. Il est focalisé sur le conducteur et sur la situation de danger. Il est persuadé que son coéquipier est derrière lui, c’est ce qu’il a expliqué après les faits ». « Aujourd’hui, des images circulent, mais réinterpréter une situation à froid, ça ne veut rien dire », a-t-il précisé.

« Ce n’est jamais la police qui est à l’origine de ce qui se passe »

Interrogé au sujet de  ces vidéos jeudi matin sur Franceinfo, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux a évoqué le « poids et la violence de certaines images ».

« Dans une affaire comme celle-là, c’est l’ensemble de l’action qui doit être analysée. Ce qui s’est passé avant, dans l’environnement. La perception qu’ont pu en avoir les policiers au moment de l’intervention », a-t-il souligné, en renvoyant à l’enquête « difficile, complexe » qui a été ouverte.

« La police française malheureusement est confrontée de plus en plus à des situations pour lesquelles elle est obligée de mettre en œuvre des moyens pour se protéger, pour se défendre, pour faire cesser un certain nombre d’infractions », a ajouté M. Veaux. « Mais, ce n’est jamais la police qui est à l’origine de ce qui se passe », a-t-il insisté. Les agents ont environ « un quart de seconde pour réagir, ce sont des situations extrêmement difficiles ».

L’affaire de Nice est intervenue quelques heures à peine après qu’une femme de 22 ans a été tuée et un homme de 26 ans blessé à Rennes, là aussi par le tir d’un policier, lors d’une interception menée dans le cadre d’une opération anti-drogue.

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