Le jaguar retrouve peu à peu son habitat naturel en Argentine

1 janvier 2022 Mis à jour: 1 janvier 2022
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« Jatobazinho », un jaguar de cinq ans, a rejoint en ce début d’année son habitat naturel dans le nord-est de l’Argentine, un pas de plus dans la réintroduction de cette espèce menacée dans des régions où elle a quasiment disparue.

« Le portail lui a été ouvert », a indiqué vendredi la fondation environnementale Rewilding Argentina, porteuse du projet. Le mâle de 90 kilos – le jaguar peut atteindre jusqu’à 110 kg – se trouve désormais dans le vaste parc naturel Esteros de Ibera, une zone s’étendant sur 12.000 kilomètres dans le nord-est argentin, près du Paraguay.

Mais l’animal prendra peut-être du temps à se faire à son nouvel environnement.

Les animaux doivent savoir chasser

« L’important c’est que lorsqu’il sort, il le fasse tranquillement, qu’il explore la zone. S’il sort stressé, il peut perdre son orientation et finir n’importe où », explique à l’AFP Sebastian di Martino, directeur de conservation de Rewilding Argentina.

« Pour être relâchés, les animaux doivent savoir chasser – nous leur fournissons des proies vivantes – et ils ne doivent pas avoir de contact humain », dans le vaste terrain « d’attente » où il vivait depuis deux ans avant d’être réintroduit dans son habitat naturel, poursuit-il.

Le jaguar se nourrit d’une large variété d’animaux : mammifères, oiseaux, reptiles et poissons.

« Si le jaguar mâle dispose de proies et d’une femelle, la logique veut qu’il reste dans la zone », ce qui est l’objectif.

Jatobazinho est le huitième jaguar à avoir été « rendu » à la vie sauvage à Corrientes. Il a été précédé de trois femelles et quatre petits.

Le jaguar une espèce autochtone d’Amérique

Le jaguar avait été recueilli en 2018, maigre et affaibli, dans la région brésilienne du Pantanal, après avoir traversé le fleuve Paraguay – l’aniit été découvert près d’une école du nom d’un arbre local, le jatoba (courbaril).

Le jaguar, 3e plus gros félin au monde après le tigre et le lion, est une espèce autochtone d’Amérique. On estime qu’au moment de l’arrivée des Européens au XVe siècle, plus de 100.000 jaguars vivaient sur le continent, des zones semi-désertiques d’Amérique du Nord aux forêts tropicales d’Amérique du Sud.

S’il a disparu aux États-Unis, au Salvador, en Uruguay, au Chili, il existe encore quelque 173.000 jaguars dans 18 pays d’Amérique latine, estime l’organisation environnementale WWF, où il fréquente des milieux diversifiés, entre forêts humides amazoniennes, hauts-plateaux andins, savanes, mangroves…

Le jaguar une espèce « presque menacée »

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe le jaguar comme une espèce « presque menacée » sur sa Liste rouge. La population « a décliné de 20 à 25% sur trois générations, c’est à dire en 21 ans », un chiffre « qui pourrait être une sous-estimation notoire », avance la UICN.

Ce déclin est davantage dû à la destruction de l’habitat par la déforestation qu’à la chasse.

En Argentine, on estime qu’entre 200 et 250 spécimens vivent dans les jungles du nord. Mais ils avaient disparu il y a 70 ans de la province de Corrientes, où Rewilding Argentina se démène pour les réintroduire.

Mais aussi emblématique qu’il soit, le « yaguareté » de son nom d’origine guarani, a été remplacé par le puma, au pelage fauve et uniforme, en tant que symbole sportif en Argentine.

L’équipe nationale de rugby d’Argentine s’appelle ainsi « les Pumas », même si l’animal figurant sur leur blason est bel et bien un jaguar.

« Une perte d’identité par rapport à nos espèces »

La méprise viendrait d’un journaliste sud-africain, qui dans ses articles, aurait confondu les deux félins, lors d’une tournée du XV d’Argentine dans les années 1960.

« C’est en quelque sorte une perte d’identité par rapport à nos espèces », analyse Di Martino, qui fait toutefois remarquer que l’équipe argentine de rugby féminin, récemment créée, s’appelle « Les Yaguaretés ». 

Sans oublier les « Jaguars » la franchise de rugby masculin qui a évolué dans le Super Rugby (avec des provinces néo-zélandaises, australiennes et sud-africaines).

« Nous sommes en train de récupérer à la fois l’espèce, et l’identité », se félicite l’environnementaliste.


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