Le Chili vote pour ou contre la nouvelle Constitution

4 septembre 2022 Mis à jour: 4 septembre 2022
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Les 15 millions d’électeurs chiliens votaient dimanche dans le cadre du référendum sur la nouvelle Constitution destinée, si les électeurs l’approuvent, à remplacer celle héritée de la dictature d’Augusto Pinochet.

De longues fils d’attente s’étaient étirées devant les bureaux de vote avant même leur ouverture à 8H00 (12H00 GMT) pour ce scrutin qui doit décider si les Chiliens veulent ou non un important changement de société. Le vote doit s’achever à 18H00 (22H00 GMT).

Alors que les derniers sondages ont sans exception prédit la victoire du non, le président de gauche Gabriel Boric a été parmi les premiers à aller voter, avec son père et son frère, dans la ville de Punta Arenas, à l’extrême sud du pays, face au Détroit de Magellan.

« Au Chili, nous devons résoudre nos différences avec plus de démocratie, jamais avec moins. Je suis très fiers que nous soyons arrivés jusqu’ici », a-t-il twitté à cette occasion.

La victoire du non, selon les sondages

L’ancienne présidente Michelle Bachelet, qui vient de quitter son poste de Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme et demeure très populaire dans le pays, a estimé que si la nouvelle constitution était rejetée « les demandes de Chiliens resteront insatisfaites ».

Le vote de dimanche devrait soit finaliser, en cas de oui, soit suspendre, si le non l’emporte, le processus de nouvelle Constitution entamé après le violent soulèvement populaire de 2019 réclamant plus de justice sociale.

L’actuelle Constitution, rédigée sous la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), est toujours, malgré plusieurs réformes successives, considérée comme un frein à toute réforme sociale de fond.

Des personnes font la queue pour entrer dans un bureau de vote lors d’un référendum pour approuver ou rejeter une nouvelle Constitution à Santiago, le 4 septembre 2022. (Photo : MARTIN BERNETTI/AFP via Getty Images)

Base néolibérale d’un modèle qui a permis des décennies de stabilité et de croissance économique, elle a aussi engendré une société profondément inégalitaire.

La proposition entend garantir aux citoyens chiliens le droit à l’éducation, à la santé publique, à une retraite ainsi qu’à un logement décent.

Elle entend consacrer le droit à l’avortement, un sujet qui fait débat dans ce pays où l’IVG n’est autorisée que depuis 2017 en cas de viol ou de danger pour la mère ou l’enfant, ainsi que des droits environnementaux ou encore la reconnaissance des peuples autochtones.

Pas de gel de toutes les réformes

Un rejet de cette proposition de Constitution, élaborée pendant un an par une assemblée constituante élue en mai 2021 et composée de 154 membres, ne signifierait pas pour autant le gel de toutes les réformes.

« Il y a un consensus sur le fait que la Constitution de 1980 n’est plus valable et que nous devrions passer à une autre » instaurant de nouveaux « droits sociaux, politiques et économiques », a déclaré Cecilia Osorio, de l’Université du Chili.

Si le rejet l’emporte, le président Gabriel Boric a annoncé qu’il demanderait au Parlement de lancer un nouveau processus constitutionnel repartant de « zéro », avec l’élection d’une nouvelle assemblée constituante pour rédiger un nouveau texte.

Selon lui, le référendum de 2020, approuvé à 79%, a définitivement enterré la Constitution de l’ère Pinochet.

Si le oui l’emporte, la nouvelle Constitution entrera en vigueur dans 10 jours.

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