La variole du singe déclarée urgence sanitaire mondiale par l’OMS

25 juillet 2022 Mis à jour: 25 juillet 2022
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La variole du singe a été déclarée urgence sanitaire mondiale par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rejoignant ainsi le Covid‑19, alors que l’organisation internationale continue de qualifier le virus comme tel, près de deux ans et demi après son apparition.

« J’ai décidé que l’épidémie mondiale de variole du singe représente une urgence de santé publique de portée internationale », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un communiqué publié le 23 juillet.

Le Dr Tedros a signalé que sa décision était motivée par l’augmentation mondiale des cas de variole du singe, qui ont maintenant été signalés dans plus de 75 pays et territoires, avec plus de 16.000 infections et cinq décès.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse le 18 mai 2018 à l’Office des Nations unies à Genève.(FABRICE COFFRINI/AFP via Getty Images)

Pas de consensus

Le comité d’urgence de l’OMS, composé d’experts indépendants, a été convoqué il y a un mois par Le Dr Tedros pour étudier l’épidémie et déterminer si elle remplit les conditions d’une « urgence de sanitaire publique de portée internationale ».

À l’époque, alors que 3040 cas de variole du singe avaient été signalés à l’OMS par 47 pays, le comité a déterminé qu’il ne s’agissait pas d’une urgence de santé mondiale.

Mais la propagation continue de l’épidémie a incité le chef de l’OMS à convoquer à nouveau le comité, le 21 juillet dernier.

« Je remercie le comité pour son examen attentif des preuves et des problématiques », a déclaré le Dr Tedros, ajoutant que, cette fois encore, « le comité n’est pas parvenu à un consensus sur la question de savoir si la flambée représente une urgence de santé publique de portée internationale ».

Les raisons invoquées par les membres du comité, pour et contre le fait de déclarer que la variole du singe constitue une urgence sanitaire mondiale, ont été exposées dans un rapport.

Pour et contre

Les partisans de la déclaration d’urgence ont fait valoir que l’épidémie qui touche plusieurs pays répond aux trois critères de définition d’une urgence de santé publique de portée internationale, à savoir qu’il s’agit d’un événement extraordinaire, qu’elle constitue un risque pour la santé publique d’autres pays en raison de sa propagation et qu’elle peut nécessiter une « réponse internationale coordonnée ».

Parmi les autres arguments en faveur d’une déclaration d’urgence, citons la crainte que l’ampleur de l’épidémie soit sous‑estimée, que ses modes de transmission ne soient pas entièrement compris et que la variole du singe entraîne une « morbidité importante ».

L’OMS estime que le taux de létalité de la variole du singe se situe entre 3 et 6%.

Les opposants au fait de déclarer l’urgence sanitaire ont fait valoir que l’évaluation du risque global lié à la variole du singe reste inchangée par rapport à la réunion précédente du comité, que la gravité de la maladie « est perçue comme faible » et que la grande majorité des cas signalés sont observés chez des hommes ayant des rapports sexuels avec de multiples partenaires masculins, ce qui rend les interventions ciblées plus faciles à réaliser.

« Les cas observés au‑delà de ce groupe de population, y compris parmi les professionnels de santé, sont, à ce jour, limités », indique le rapport de l’OMS.

Parmi les autres arguments contre exprimés par les membres du comité consultatif figure la portée relativement limitée de l’épidémie. À l’heure actuelle, des flambées sont signalées dans 12 pays d’Europe et d’Amérique « sans qu’il y ait d’indications d’une augmentation exponentielle du nombre de cas, sur la base des données actuellement disponibles de ces pays. Ni aucun des signes précoces de stabilisation ou de tendances à la baisse observés dans quelques pays. »

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Une salle de traitement dans une zone de quarantaine pour la variole du singe, à Zomea Kaka, en République centrafricaine, le 18 octobre 2018. (Charles Bouessel/AFP via Getty Images)

De futures vagues attendues

Les membres du comité opposés au fait de déclarer l’urgence voulait aussi attendre que davantage de données arrivent concernant l’épidémie, afin de calibrer une réponse optimale.

« L’épidémie gagne en maturité avec de futures vagues attendues. Des indications plus claires sur l’efficacité des politiques et des interventions sont en cours de réalisation », indique le rapport de l’OMS.

Les opposants ont également indiqué que de déclarer une urgence de santé publique de portée internationale concernant la variole du singe risquait d’entraver la réponse face à la maladie, notamment en augmentant « inutilement et artificiellement » la perception du risque de la maladie par le grand public, et en suscitant une demande inutile de vaccins, dont l’offre est limitée.

Dans la déclaration justifiant sa décision, Le Dr Tedros a déclaré : « En résumé, nous sommes confrontés à une épidémie qui s’est propagée rapidement dans le monde entier, par de nouveaux modes de transmission dont nous ne savons pas grand‑chose, et qui répond aux critères du Règlement sanitaire international. »

Le Dr Scott Gottlieb, ancien directeur de la Food and Drug Administration (FDA) et actuel membre du conseil d’administration de l’entreprise Pfizer, a déclaré dans un communiqué sur Twitter à la suite de la déclaration de l’OMS, que « l’hésitation » antérieure de l’organisation à faire une déclaration d’urgence, alors que « l’ampleur de la crise était déjà évidente, était ouvertement politique ».

« La réalité est que l’impact pratique de la déclaration est atténué, car l’OMS s’est marginalisée. Néanmoins, c’est une bonne initiative du Dr Tedros d’agir avec conviction », a déclaré le Dr Gottlieb.

Certains ont critiqué la déclaration de crise concernant la variole du singe.

« Cinq décès dans le monde en trois mois. Ils ne procèdent plus aux urgences sanitaires mondiales comme avant ! », a déclaré sur Twitter Alex Berenson, auteur de « Tell Your Children and Pandemia », un livre qui critique la réponse mondiale face au Covid‑19.

« La variole du singe est à peine un problème pour les HSH », a‑t‑il poursuivi, faisant référence à l’acronyme utilisé par l’OMS pour « hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes », ajoutant que la maladie est « principalement limitée à un sous‑ensemble de la communauté gay aux mœurs très légères ».

Plus tôt en juillet, l’OMS a déclaré que le Covid‑19 restait une urgence sanitaire mondiale. Cette déclaration prolonge ainsi le statut de la maladie, après l’avoir initialement déclarée urgence de santé publique de portée internationale, le 30 janvier 2020.

La désignation d’une épidémie comme une urgence sanitaire mondiale peut accélérer la recherche, le financement et les mesures d’intervention internationales pour contenir une maladie.

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