Bayonne : la mosquée prise pour cible, deux blessés, le tireur présumé interpellé

28 octobre 2019 Mis à jour: 28 octobre 2019
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Un homme a tiré des coups de feu devant la mosquée de Bayonne, blessant gravement deux septuagénaires avant d’être interpellé, ont annoncé la police et les autorités locales.

Deux hommes ont été gravement blessés lundi après-midi par des coups de feu tirés devant la mosquée de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) par un homme qui tentait d’en incendier la porte et a été interpellé un peu plus tard à son domicile dans les Landes, a indiqué la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

« Vers 15h15, deux personnes préparaient la salle pour la prière de 16h30 », a raconté le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, qui s’est rendu immédiatement sur place. « Un homme s’approche du bâtiment en voiture, il jette un engin incendiaire sur la porte latérale de la mosquée », a-t-il poursuivi.

« Les deux personnes sortent, il leur tire deux coups de fusil, l’un est touché au cou, l’autre au thorax et au bras. Il a pris alors la fuite » a ajouté le maire, et « grâce à un numéro d’immatriculation, il a été arrêté à Saint-Martin-de-Seignanx ».

« Il n’y a jamais eu le moindre problème avec la communauté musulmane à Bayonne. Il y a une seule mosquée qui est très bien gérée », a-t-il encore déclaré, en assurant que « la mosquée ne sera pas fermée plus de 48 heures ». Une salle municipale a été mise à disposition.

Le suspect a également mis le feu à un véhicule en repartant vers les Landes, a déclaré la préfecture.

Le tireur présumé est un homme de 84 ans

Les deux victimes âgées de 74 et 78 ans gravement blessées par balles, ont été évacuées vers le centre hospitalier de Bayonne, a précisé la préfecture. De source proche de l’enquête, le tireur présumé est un homme de 84 ans, Claude Sinké, qui a reconnu en garde à vue être l’auteur des tirs.

Une équipe de déminage s’est rendue à son domicile, à Saint-Martin-de-Seignanx, une commune de 5 000 habitants à 16 km de Bayonne, dans le département voisin des Landes. Selon la préfecture, l’homme est détenteur de trois armes de catégorie B, qu’il avait déclarées. D’après BFM TV, des grenades auraient été retrouvées au domicile de l’octogénaire, qui serait un ancien militaire.

La police judiciaire a été saisie de l’enquête. Une cellule psychologique a été mise en place pour les témoins de la scène et une autre à l’hôpital. Un large périmètre de sécurité a été établi autour de la mosquée et seuls les habitants des pavillons voisins y avaient accès. En fin d’après-midi, tout était calme aux abords du bâtiment.

Un acte criminel

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a assuré sur Twitter « solidarité et soutien » aux musulmans, jugeant que « les faits commis à la mosquée de Bayonne émeuvent et indignent chacun d’entre nous ».

« L’attentat commis contre la mosquée de Bayonne est un acte inqualifiable absolument contraire à toutes les valeurs portées par notre mouvement », a commenté Marine Le Pen sur son compte Twitter. « Ces crimes doivent être traités avec la sévérité la plus totale », ajoute la présidente du RN.

« L’inquiétude est grande au sein de la communauté musulmane »

Abdallah Zekri, président du Culte Musulman et Islam en France (CFCM), a réagi. « L’inquiétude est grande au sein de la communauté musulmane de la ville, m’a dit le représentant du CRCM régional. Il y a deux blessés graves dont nous espérons que leur vie n’est pas en danger. Je condamne l’acte criminel perpétré aujourd’hui », a-il ajouté, précisant que « l’inquiétude est grande au sein de la communauté musulmane » de Bayonne.

« Avec le climat actuel de stigmatisation de l’islam et des musulmans, il ne faut pas s’étonner que de tels actes puissent arriver. Nous souhaitons un bon rétablissement aux blessés et nous demandons à tous les responsables du culte en cette période d’être très, très, vigilants », a-t-il poursuivi.

 

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