La France a mis en garde les États-Unis en 2015 contre le laboratoire de virologie de Wuhan qu’elle a aidé à construire, selon un ancien enquêteur sur le Covid-19

28 juillet 2021 Mis à jour: 29 juillet 2021
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Le gouvernement fédéral américain aurait dû cesser de financer la recherche à l’Institut de virologie de Wuhan en 2015 lorsque la Chine a réduit sa coopération avec les Français dans la construction et l’exploitation du laboratoire, selon le responsable d’une enquête sur les origines du Covid-19 menée par le ministère des Affaires étrangères sous l’administration de Donald Trump.

En 2015, les responsables du renseignement français ont averti le ministère des Affaires étrangères des États-Unis et leur propre ministère des Affaires étrangères que la Chine réduisait la collaboration convenue au laboratoire, a déclaré au site d’information Daily Caller News Foundation l’ancien fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères David Asher, aujourd’hui chercheur principal au groupe de réflexion Hudson Institute.

En 2017, les Français « ont été mis à la porte » du laboratoire et la coopération a cessé, ce qui a conduit les responsables français à avertir le ministère des Affaires étrangères américain qu’ils avaient de sérieuses inquiétudes quant aux motivations chinoises, selon M. Asher.

Le ministère des Affaires étrangères américain a allégué en janvier 2021, à la fin de l’administration Trump, que le laboratoire de Wuhan avait effectué des recherches classifiées pour le compte de l’armée chinoise depuis au moins 2017.

Le ministère des Affaires étrangères américain n’a pas répondu à la demande de commentaires de la Daily Caller News Foundation.

Jeudi, la Chine a dit qu’elle ne permettrait pas à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’inspecter davantage le laboratoire. La Chine a empêché l’OMS d’accéder à d’importants dossiers du laboratoire.

« Les Chinois ont essentiellement aspiré l’État dans son opération pot de miel pour avoir accès à la technologie, aux connaissances et au soutien matériel des États-Unis. Classique. Tout comme ils l’ont fait dans tous les secteurs », a dit M. Asher.

Entre octobre 2009 et mai 2019, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a versé 1,1 million de dollars à la société EcoHealth Alliance, basée aux États-Unis, pour un sous-accord avec l’Institut de virologie de Wuhan, selon l’USAID. EcoHealth Alliance a également reçu des fonds de la Defense Threat Reduction Agency du ministère de la défense, qui ont été sous-traités au laboratoire de Wuhan, selon le magazine New York. Les subventions des Instituts nationaux de la santé (NIH) à EcoHealth Alliance, d’un montant total de 600 000 dollars entre 2014 et 2019, ont été sous-traitées à l’Institut de virologie de Wuhan.

Le personnel de sécurité monte la garde devant l’Institut de virologie de Wuhan à Wuhan, en Chine, le 3 février 2021. (Hector Retamal /AFP via Getty Images)

Le NIH, le ministère de la Défense et l’USAID auraient dû cesser d’envoyer des fonds fédéraux américains au laboratoire de Wuhan dès que les Français ont averti le ministère des Affaires étrangères américain en 2015, a dit M. Asher.

Les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères américain « en charge de la non-prolifération auraient dû mettre fin à toute coopération », a-t-il ajouté.

L’Institut de virologie de Wuhan, qui est au centre des spéculations selon lesquelles le Covid-19 pourrait provenir d’un accident de laboratoire, a été lancé en 2004 en tant que projet conjoint entre la France et la Chine.

La France a fourni la conception du laboratoire, la formation à la biosécurité et une grande partie de sa technologie.

Les Français envisageaient l’institut de Wuhan comme un laboratoire ouvert et transparent qui servirait à la communauté scientifique mondiale pour étudier les pandémies potentielles, selon un câble du ministère des Affaires étrangères d’avril 2018, citant un fonctionnaire du consulat français basé à Wuhan qui travaillait sur la coopération scientifique et technologique avec la Chine.

Si les principaux politiciens français ont soutenu cette collaboration, les experts français en matière de sécurité et de défense ne l’ont pas fait, a rapporté le journal français Le Figaro.

Les responsables de la sécurité nationale ne voulaient pas partager des technologies sensibles avec un pays oppresseur qui n’était pas un allié, et ils craignaient que le laboratoire ne soit un jour transformé en « arsenal biologique », selon Le Figaro.

Dès 2009, le ministère des Affaires étrangères des États-Unis, alors dirigé par l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton, a exprimé des inquiétudes au sujet du laboratoire de Wuhan, demandant à la France ce qu’elle savait de la manière dont la Chine prévoyait de « contrôler les chercheurs étrangers entrants » et d’éviter le transfert de technologies vers des pays présentant des risques de prolifération d’armes biologiques, selon des courriels publiés par WikiLeaks.

Il a fallu plus de 10 ans pour mener à bien le projet, et en février 2017, des responsables français et chinois de haut niveau ont organisé une cérémonie pour marquer la certification du laboratoire.

Bernard Cazeneuve, alors Premier ministre français, avait dit à l’époque qu’il s’agissait d’une célébration de la coopération scientifique franco-chinoise.

Pour soutenir le projet franco-chinois, la France mettrait à disposition de la Chine son expertise technique pour soutenir l’amélioration continue de la qualité et de la sécurité du laboratoire, a ajouté M. Cazeneuve.

Elle prévoirait également un budget d’un million d’euros par an pendant 5 ans, a-t-il précisé.

Cela permettrait de financer environ 50 scientifiques français pour aider à former les laborantins chinois, a déclaré le directeur de l’Inserm, un organisme de recherche public français qui a contribué à la création du laboratoire de Wuhan, au magazine français Science & Santé en mai 2017.

Cependant, petit à petit, le laboratoire a complètement échappé au contrôle des scientifiques français qui devaient, selon un accord entre Paris et Pékin, superviser le travail des chercheurs chinois à Wuhan, selon Le Figaro. Les 50 chercheurs français qui devaient travailler dans le laboratoire pendant 5 ans ne sont jamais partis, précise le journal.

En janvier 2018, le ministère des Affaires étrangères américain a mis en garde contre le manque de techniciens hautement qualifiés pour faire fonctionner le laboratoire, dans un câble rapporté pour la première fois par le Washington Post.

Les fonctionnaires américains qui avaient visité le laboratoire et lancé l’avertissement via le câble n’ont pas été autorisés à revenir, car ils posaient « trop de questions », selon M. Asher.

Par Eleanor Bartow

De la Daily Caller News Foundation

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