La difficulté de définir des termes comme « homme » et « femme »

En Chine comme aux États-Unis, la virilité et la féminité sont au coeur des débats
7 avril 2022 Mis à jour: 7 avril 2022
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Qu’est-ce qu’un homme ? Les philosophes se posent cette question depuis toujours. Socrate, à qui on a demandé une définition, l’a comparé à un « bipède sans plumes ».

Cette définition a peut-être plu à ses disciples, mais le Parti communiste chinois (PCC) refuse de l’adopter.

Pour Xi Jinping et ses collaborateurs, la réponse à la question « qu’est-ce qu’un homme » est plus simple : un homme n’est pas une femme. Un homme ne s’habille pas comme une femme, et un homme n’agit pas de la même manière qu’une femme. Le ministère chinois de l’éducation a déjà promis de « cultiver la masculinité » à travers le pays. Dans une tentative désespérée d’empêcher la « féminisation » des garçons chinois, le PCC a tracé une ligne rouge entre ce que signifie être un homme et ce que signifie être une femme.

Pendant ce temps, aux États-Unis, on cherche à donner une définition de la femme.

La juge Ketanji Brown Jackson, actuellement candidate à la Cour suprême, a récemment répondu à la question sans vraiment y répondre. Mme Jackson est une avocate, voyez-vous, et non une biologiste. Faut-il vraiment être biologiste pour répondre à cette « question sur la femme » ? Bien sûr que non. Faut-il être pâtissier pour reconnaître un croissant ?

Néanmoins, Biology Online, l’une des bases de données les plus complètes au monde sur les notions de biologie, définit la femme comme « un individu dont le sexe permet de concevoir et d’engendrer des enfants, ou (dans un sens plus large) qui possède un ovaire et produit des ovules. Le mâle et la femelle de chaque être vivant ».

Donna M. Hughes, docteur en philosophie, universitaire et féministe conventionnelle qui préside le département d’études féminines de l’université de Rhode Island, m’a raconté que « la définition biologique d’une ‘femme’ est une femelle humaine adulte. C’est le terme utilisé pour désigner le sexe d’une personne adulte ».

Mme Hughes a ajouté que « la signification sociale d’une ‘femme’ peut être plus large, construite culturellement et socialement, et réalisée. L’homme peut se présenter comme une ‘femme’, imiter une femme, mais l’homme ne pourra jamais ‘être’ une femme ».

Mme Hughes a ensuite proposé une analogie : « un Blanc qui se peint le visage en noir pour imiter un Noir ». On dit alors qu’il a un « visage noir ». Pensez à Justin Trudeau en train de faire la fête avec ses amis.

Mme Hughes a poursuivi : « l’homme qui s’habille comme une femme, et qui subit une opération chirurgicale pour ressembler à une femme devient l’homme au ‘visage de femme’. C’est un peu bizarre, mais l’analogie est pertinente ». Comme le « visage noir », a-t-elle ajouté, « c’est une insulte envers la personne qui est imitée ».

En effet. Carole Hooven Kennedy, biologiste spécialiste de l’évolution humaine à Harvard, m’a confié qu’elle « ne voyait pas comment remplacer la définition : ‘femme humaine adulte' » (définition biologique actuelle).

Cela nous ramène à la réponse (ou non-réponse) de Mme Jackson. Que l’on soit d’accord ou non avec ses opinions politiques, elle est de toute évidence intelligente. Mme Jackson est une femme et une mère de famille. Elle a une fille. Ce n’est pas qu’elle ne sache pas ce qu’est une femme. Elle le sait parfaitement.

Il est probable que Mme Jackson a eu peur de définir le terme « femme ». Si elle avait donné une définition biologique, la gauche aurait perdu la tête. En revanche, si elle avait fait l’amalgame entre sexe et genre et abordé la question des constructions sociales, la droite aurait piqué une crise.

La juge Ketanji Brown Jackson, candidate à la Cour suprême des États-Unis, témoigne lors de son audience de confirmation devant la commission judiciaire du Sénat dans le bâtiment du bureau du Sénat Hart sur Capitol Hill à Washington le 23 mars 2022. (Drew Angerer/Getty Images)

Cela n’excuse pas la réponse de Mme Jackson, qui a déclaré « Je ne suis pas biologiste », mais cela permet de mettre en lumière la folie qui s’est emparée des États-Unis. Des dizaines de millions d’Américains ont peur de dire la vérité. Et nous savons tous pourquoi.

Dire l’indicible, même si c’est tout à fait exact, est impardonnable. Il ne fait aucun doute que cela pesait lourdement sur l’esprit de la juge Jackson lorsque la question redoutée sur la « femme » a été posée.

Dans un article récent, le Dr Alex Byrne, un philosophe qui se trouve être marié à la susmentionnée Hooven Kennedy, a demandé si les femmes sont, en fait, des femelles humaines adultes. « Les dictionnaires suggèrent qu’elles le sont », a-t-il écrit.

« Cependant, les philosophes qui ont explicitement considéré la question répondent invariablement non. » L’article de Byrne « soutient qu’ils ont tort ».

Même les philosophes adoptent de nouvelles définitions plus tangibles. Alexandria Ocasio-Cortez devrait peut-être lire l’article de Byrne : la politicienne et activiste qualifie désormais les mères de « parents qui accouchent ».

Matt Walsh, un commentateur politique conservateur américain, vient de publier un livre intitulé ‘What Is A Woman’ (Qu’est-ce qu’une femme ?). Il se trouve que ce livre est actuellement l’un des best-sellers sur Amazon.

Matt Walsh a récemment tweeté : « Mon ouvrage sur la femme, ‘What Is A Woman’, est désormais numéro 12 sur Amazon. Alors imaginez si quelqu’un vous avait dit il y a 15 ans qu’en 2022, un livre intitulé ‘What Is A Woman’ deviendrait un best-seller. »

Certains diront que M. Walsh ne fait que profiter de cette folie. C’est peut-être le cas. Cependant, qu’il puisse profiter de cette folie devrait tous nous inquiéter.

John Mac Ghlionn est un chercheur et un essayiste. Ses travaux ont été publiés par le New York Post, le Sydney Morning Herald, Newsweek, National Review et The Spectator US, entre autres. Il couvre les questions de psychologie et de relations sociales, et s’intéresse de près aux dysfonctionnements sociaux et manipulations médiatiques.

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