La Chine augmente son arsenal nucléaire, et connaît le «plus grand développement militaire de l’histoire», alerte un commandant américain

18 août 2022 Mis à jour: 18 août 2022
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Le commandant américain pour la région Indo‑Pacifique a fait savoir que l’arsenal nucléaire croissant de la Chine constitue une menace pour la stabilité de la région, Pékin procédant au « plus grand développement militaire de son histoire » depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’amiral John Aquilino, le commandant américain pour la région Indo‑Pacifique, a fait ces remarques à la suite de l’opposition de la Chine au pacte de défense réunissant l’Australie, le Royaume‑Uni et les États‑Unis (AUKUS), qui dotera l’Australie de sous‑marins à propulsion nucléaire. Selon Pékin, ce pacte présente des risques de prolifération nucléaire.

« Si vous voulez parler des armes nucléaires et de la crainte d’une course aux armements nucléaires, il suffit de regarder du côté de la République populaire de Chine », a déclaré l’amiral Aquilino lors d’une conférence de presse tenue en Indonésie.

« La seule nation qui augmente son arsenal nucléaire à l’heure actuelle est la République populaire de Chine », a‑t‑il déclaré, ajoutant lors de la conférence que la Chine comptait « 300 silos nucléaires en construction », selon le Washington Times.

Selon une fiche d’information (pdf) publiée l’année dernière par le département de la Défense, le rythme accéléré du développement nucléaire de la Chine pourrait lui permettre de disposer de 700 ogives nucléaires livrables d’ici 2027.

Le rapport indique que la Chine pourrait compter sur 1000 ogives d’ici 2030, dépassant ainsi la prévision initiale établie par les États‑Unis en 2020.

La République populaire de Chine a peut‑être déjà établi une « triade nucléaire » naissante avec le développement d’un missile balistique aérien (ALBM) à capacité nucléaire et l’amélioration de ses capacités nucléaires terrestres et maritimes.

En Indonésie, l’amiral Aquilino a participé à l’exercice Super Garuda Shield, un exercice militaire annuel interarmées dont le but est d’améliorer la coopération régionale. Plus de 5000 soldats des États‑Unis, d’Indonésie, du Japon, de Singapour et d’Australie ont participé à l’exercice, qui s’est déroulé du 1er au 14 août.

Le Canada, la France, l’Inde, la Malaisie, la Corée du Sud, la Papouasie‑Nouvelle‑Guinée, le Timor‑Leste et le Royaume‑Uni se sont joints à cette opération en tant que pays observateurs. Washington a déclaré que l’exercice ne visait aucune nation en particulier.

Pacte de défense AUKUS

Pour sa part, Pékin a accusé les pays de l’AUKUS de ne pas tenir compte des « risques sérieux de prolifération nucléaire », prévenant qu’ils pourraient compromettre « la paix et la sécurité dans la région ».

Le porte‑parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré lors d’un point de presse tenu le 29 juillet que le partage d’informations nucléaires ne devait être autorisé que si toutes les parties prenantes de l’Agence internationale de l’énergie atomique étaient d’accord et si l’organisme supervisait l’accord.

Les commentaires formulés par Pékin surviennent alors que les Nations unies tiennent leur dixième conférence d’examen des parties au traité sur la non‑prolifération des armes nucléaires (du 1er au 26 août), qui procédera à l’examen de l’AUKUS après réception des demandes présentées par la Chine et l’Indonésie.

Les Australiens ont toutefois affirmé que leur engagement à l’égard du traité n’a pas faibli. C’est pourquoi le pays s’efforcera d’obtenir ces armes en toute transparence.

Le ministre adjoint de la Défense, Tim Ayres, a expliqué lors de la conférence du 2 août que l’Australie travaillait avec le régulateur et la communauté nucléaire internationale pour maintenir « un Pacifique indépendant et sans armes nucléaires ».

« Les trois partenaires [de l’AUKUS] se sont engagés à respecter leurs obligations légales et à renforcer l’intégrité du régime de non‑prolifération. Nous ne nous contenterons pas de respecter l’intégrité du régime, nous la renforcerons », a‑t‑il déclaré.

Victoria Kelly‑Clark a contribué à cet article.

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