Une journaliste révèle comment les fact-checkers sèment la confusion parmi le public

Par Masooma Haq, Jan Jiekelek
25 janvier 2022 Mis à jour: 25 janvier 2022
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Selon Sharyl Attkisson, journaliste récompensée par cinq Emmy Awards, il y a un effort accru pour manipuler le public afin qu’il apprécie la censure et désapprouve le journalisme authentique. Une des stratégies employées est le recours à des fact‑checkers extérieurs, précise‑t‑elle.

« Presque tous les modes d’information qui pouvaient être récupérés par un groupe le sont, [et] les fact‑checkers ne font pas exception », explique Mme Attkisson pour l’émission American Thought Leaders (Maîtres à penser américains) d’EpochTV.

« Soit, ils ont été ralliés, ce qui est souvent le cas, soit, ils ont été créés dans le but de diffuser [tels types] de narratifs et [une certaine] propagande », ajoute‑t‑elle. « Tout cela fait partie d’un paysage très bien organisé, et largement financé, pour dicter et orienter les informations que nous avons selon leur souhait. »

Elle a commencé à remarquer que les informations étaient contrôlées au début des années 2000. À cette époque, le groupe médiatique pour lequel elle travaillait essayait par tous les moyens de supprimer certaines histoires.

« Il s’agissait davantage de bloquer la diffusion d’une histoire ou d’empêcher qu’une étude soit rapportée aux actualités, et pas seulement de faire valoir le contraire [de la véritable histoire], pas seulement le fait de s’assurer que [cette nouvelle version] était rapportée avec précision », témoigne‑t‑elle, à propos de certaines affaires sur des groupes pharmaceutiques qu’elle couvrait à l’époque.

En 2016, Sharyl Attkisson a entendu l’ancien président Barack Obama déclaré que les informations devaient être sélectionnées, après quoi les médias grand public ont commencé à utiliser systématiquement le terme « fake news » pour décrire des informations principalement conservatrices qu’ils jugeaient fausses.

« Et je me souviens avoir pensé que c’était une chose tellement étrange à dire, parce qu’il n’y avait pas de grand mouvement parmi le public, sur le fait que les gens avaient besoin d’informations contrôlées, que quelqu’un devait intervenir et nous dire quoi penser, vérifier ce qui était en ligne. Mais … après cela, si vous regardez les médias, jour après jour, il y avait des gros titres sur des fake news et la protection des contenus. »

Sharyl Attkisson faisait référence au commentaire d’Obama lors de la White House Frontier Conference à Pittsburgh, en Pennsylvanie, en octobre 2016.

« C’est important pour notre démocratie, la citoyenneté. Nous allons devoir [la] reconstruire, car dans ce Far West sauvage d’informations qui abondent, il y a une sorte de fonction de protection avec laquelle les gens sont d’accord », avait déclaré Barack Obama.

Intriguée par cette notion de protection des informations, Mme Attkinson s’est mise à faire des recherches sur le thème de la désinformation, ce qui l’a conduite à une organisation à but non lucratif appelée First Draft, financée par l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt.

« Et si vous regardez le site Web de l’association à but non lucratif, quand ils parlent de fake news, ils veulent dire les fake news des conservateurs, [celles liées] à leur point de vue ; il n’y a pas de version libérale des fake news. Et puis, quelques semaines plus tard, le président Obama prononce son discours, les médias s’en emparent et fonctionnent avec. »

Selon les explications de Mme Attkisson, en réalité, l’expression « fake news » a été lancée par la gauche, mais elle a été reprise par l’ancien président Donald Trump tant et si bien qu’il est commun de la croire inventée par lui.

« Mais il est en fait bien documenté qu’il s’agit d’une invention des militants politiques de gauche pendant la période que j’ai décrite », poursuit Mme Attkisson.

Pour son livre Smear, Mme Attkinson a interviewé des personnes travaillant à la diffusion de la désinformation et de la propagande dans le but de confondre le public. « Et ils m’ont expliqué que, s’ils ne font rien de plus que de brouiller le paysage de l’information, peut‑être que vous ne croirez pas totalement ce qu’ils disent, mais ils en auront fait assez pour que vous ne soyez plus sûr de rien. »

La censure pendant la pandémie

Mme Attkisson reproche aux grands organes de presse d’être les « porte‑paroles » du gouvernement ou d’autres groupes d’intérêt au lieu de les contester ou de les tenir pour responsables, notamment en ce qui concerne la pandémie.

Peu après le début de la pandémie, elle s’est entretenue avec de nombreux scientifiques du virus et de son évolution, certains travaillaient pour le gouvernement, d’autres à leur compte. Elle s’est alors fait son opinion. Elle a incité certains de ces scientifiques à s’exprimer, mais ils avaient peur.

« Ils ont dit qu’ils n’osaient pas s’exprimer de peur d’être controversés, et de peur d’être traités de négationnistes du coronavirus, car cette expression commençait à être utilisée dans les médias. Et deuxièmement, ils craignaient de contredire le Dr Fauci, qui, selon eux, était en quelque sorte idolâtré ou canonisé dans la presse pour des raisons qu’ils ne comprenaient pas. »

Le Dr Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) , témoigne lors d’une audience de la Commission sénatoriale de la santé, de l’éducation, du travail et des pensions, au Capitole, le 11 janvier 2022. (Shawn Thew/Getty Images)

Le Dr Anthony Fauci est le directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) depuis 1984, ce qui lui a permis de conseiller sept présidents sur des questions de santé publique, dont le Covid‑19. Il a été accusé d’avoir trompé le public quant au financement de recherches à gain de fonctions en Chine.

Selon Mme Attkisson, les National Institutes of Health (NIH) ont utilisé l’argent des contribuables pour financer des recherches à gain de fonction en partenariat avec la Chine, mais les médias ont affirmé le contraire.

« Et puis le narratif est géré d’une autre manière. Je me souviens après avoir examiné, à ma grande satisfaction, les subventions elles‑mêmes, parce que je ne savais pas ce qui était vrai jusqu’à ce que je trouve la documentation. Et puis j’entendais encore, non seulement des personnalités de la santé publique, mais aussi des journalistes affirmer, comme s’ils connaissaient la vérité, que rien de tout cela n’était arrivé. »

Une autre façon de confondre le public sur la vérité, selon elle,  est de qualifier un sujet génant de « conspirationniste ». Ce fut précisemment le cas pour la théorie de la fuite de laboratoire liée au nouveau coronavirus.

« Et finalement, quand vous entendez les gens dire ‘théorie du complot’, c’est conçu pour faire résonner cette petite partie de votre cerveau qui dit : ‘Eh bien, cette chose n’est pas vraie.’ (…) Je garde toujours l’esprit ouvert et je [me] dis : cette chose folle qu’ils disent être une théorie du complot pourrait bien avoir une part de vérité. »

Selon elle, certaines personnes peuvent être manipulées et croire au narratif présenté par les médias corporatifs car elles vivent dans une « boîte », en d’autres termes, Internet est leur seule source d’information.

« Et les personnes voulant contrôler l’information s’aperçoivent que si elles peuvent contrôler quelques sources de base – nous parlons de Google, Twitter, Facebook et Wikipedia – elles ont la mainmise sur l’information, car nous avons tous été dirigés vers ces quelques sources. »

Leur objectif, ajoute-t-elle, est de faire croire aux personnes pensant différemment qu’elles constituent une minorité. Ensuite, il faut que ces personnes aient peur d’oser contester le narratif dominant. « On ne peut vous y faire croire que si vous vivez dans la boîte, c’est pourquoi je dis constamment aux gens : ‘Vivez en dehors de la boîte.’ Oui, vous pouvez obtenir des informations là‑dedans et faire ce que vous faites en ligne. Mais certainement, faites confiance à votre dissonance cognitive. Parlez aux gens qui vous entourent. »


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