Israël : arrestation de plusieurs suspects d’une fraude au chômage partiel en France

17 août 2022 Mis à jour: 17 août 2022
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Quatre hommes et une femme, tous israéliens, sont soupçonnés d’être impliqués dans une fraude au chômage partiel en France, évaluée à des dizaines de millions de shekels, et de blanchiment d’argent à l’aide de la cryptomonnaie. Ils ont été arrêtés le lundi 15 août en Israël.

Dans le cadre d’une enquête menée en coopération avec la police française et Europol, la police israélienne a arrêté « trois suspects principaux » et « un certain nombre d’autres », placés en détention pour être interrogés.

L’enquête, qui porte sur des soupçons de « blanchiment de dizaines de millions de shekels (plusieurs millions d’euros) en utilisant des mécanismes complexes » de cryptomonnaie, se concentre sur une « fraude à grande échelle visant le Trésor public français » menée depuis Israël, d’après la police, qui n’a pas détaillé l’identité des suspects.

Une source proche du dossier a indiqué qu’il s’agissait d’une fraude massive au chômage partiel pendant la pandémie de Covid-19 en France, un dossier complexe aux multiples ramifications instruit à Paris à la Juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco).

Une fraude estimée à 182 millions d’euros

En novembre 2020, le parquet de Paris avait estimé à 182 millions d’euros la fraude au chômage partiel, dont seulement 54 millions avaient été réellement détournés, le reste ayant pu être bloqué avant le versement.

L’enquête, confiée depuis 2020 aux gendarmes de la section de recherches de Toulouse et de l’Office central contre le travail illégal (OCLTI), a permis de dessiner le mode opératoire des escrocs.

Ces derniers ont profité du fait que le gouvernement français a élargi, dès le confinement et pour pallier l’arrêt d’activité en découlant, la possibilité de recourir au chômage partiel et d’indemniser les salariés.

Les fraudeurs usurpaient la dénomination sociale et le numéro d’identification d’entreprises existantes pour demander le versement d’indemnités.

Plus de 7000 fausses demandes d’indemnisation

En juin 2021, un homme âgé de 31 ans installé en région parisienne, avait été interpellé et placé en détention provisoire, il est soupçonné d’appartenir à une organisation criminelle basée en Israël à l’origine de plus de 7000 fausses demandes d’indemnisation au chômage partiel pour un préjudice total pour l’État avoisinant les 11 millions d’euros.

Les enquêteurs avaient mis au jour « des comptes ouverts en France, et des comptes rebonds ouverts ensuite qui permettent de faire transiter rapidement l’argent » pour le réinsérer dans l’économie légale.

Dans un communiqué, la police israélienne a fait état d’un dispositif « méthodique » pour blanchir de l’argent, dont une partie venait « de crimes commis à l’étranger », « en utilisant des monnaies numériques sur plusieurs plateformes avec l’objectif de masquer l’identité des propriétaires de l’argent ».

Cas récurrents en Israël

Ces dernières années, plusieurs Franco-israéliens ont été arrêtés par les autorités israéliennes dans des affaires d’escroquerie.

En décembre 2021, Israël avait extradé deux Franco-israéliens accusés de fraude, soupçonnés d’avoir obtenu de l’argent de sociétés et de personnes privées sous couvert notamment de promotion de projets de recherche médicale liés au Covid-19.

En septembre 2020, un autre Franco-israélien avait été condamné en France à sept ans de prison pour s’être fait passer pour l’ex-ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian auprès de riches personnalités afin de subtiliser des dizaines de milliers d’euros.

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