Les hommes, le lait et le cancer de la prostate

27 mai 2022 Mis à jour: 28 mai 2022
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Le lait est-il vraiment bénéfique pour le corps ?

Les images et les publicités avec de belles moustaches de lait qui ont pris d’assaut la télévision il y a quelques années, faisaient partie d’une campagne de marketing bien rodée à laquelle de nombreuses célébrités ont participé. Malheureusement, cette publicité a induit de nombreux hommes en erreur, en leur faisant croire que de consommer de grandes quantités de produits laitiers était systématiquement bon pour la santé, or, ce n’est pas le cas.

Entre-temps des preuves scientifiques ont établi un lien indiscutable entre les produits laitiers et le cancer de la prostate. De ce fait,  l’association à but non lucratif Physicians Committee for Responsible Medicine affiche désormais un slogan disant : “Ditch Dairy to Protect Your Prostate”. [Abandonnez les produits laitiers pour protéger votre prostate, ndt.] Pourtant, bien des hommes continuent de croire que boire du lait est très avantageux.

Les faits

Nous savons que le risque de cancer est fortement influencé par le régime alimentaire. Quel rôle jouent les hormones contenues dans le lait dans le risque de développer un cancer ?

Devrions-nous nous inquiéter de ces additifs ?

En un mot, OUI.

Les recherches montrent que les hommes qui boivent plus d’UN verre de lait entier par jour ont deux fois plus de risques de développer un cancer de la prostate mortel, par rapport aux hommes qui en boivent moins.

Déposez aussi la cuillère

Et il n’y a pas qu’un grand verre de lait dont il faut se méfier. Une consommation quotidienne de crème glacée, une tranche de fromage, une portion de fromage blanc ou même la consommation quotidienne de crème fraîche peuvent augmenter le risque de développer un cancer de la prostate chez un homme.

Des chercheurs de Harvard ont déterminé que les hommes qui consomment plus de 2,5 portions de produits laitiers par jour, présentent un risque accru de cancer de la prostate.

Pour référence, une portion correspond à un verre de lait de 230 ml, à une tranche de fromage ou à une boule de crème glacée.

Dans une étude publiée dans la revue médicale The Prostate, à laquelle ont participé 1334 hommes, les chercheurs ont conclu que les hommes buvant régulièrement du lait (plus de quatre portions par semaine) présentaient un risque de récidive du cancer de la prostate AUGMENTÉ DE 80% en moyenne, par rapport aux hommes qui consommaient moins de trois portions par mois.

D’autres découvertes

Ne croyons pas que le simple fait de passer au lait et autres produits laitiers « allégés » nous mette à l’abri, car le risque de cancer de la prostate est en fait PLUS ÉLEVÉ lorsqu’on consomme plus de lait allégé.

Pourquoi le lait est-il nuisible pour l’organisme ?

Il a été démontré que la consommation régulière de lait et de produits laitiers augmente les taux sanguins d’IGF-1 (facteur de croissance analogue à l’insuline). Une étude reposant sur les données de divers médecins permettant de reconstituer le suivi de 21.600 hommes sur 28 ans, a démontré que les hommes présentant les taux d’IGF-1 les plus élevés avaient un risque de cancer de la prostate plus de quatre fois supérieur à celui des hommes présentant les taux d’IGF-1 les plus faibles.

L’IGF-1 est impliqué dans un certain nombre de cancers, pas seulement celui de la prostate. Une étude récente dans laquelle des chercheurs ont analysé plus de 400.000 échantillons de sang a été publiée en septembre 2020, par l’Université d’Oxford. Ces chercheurs ont été en mesure d’identifier les échantillons qui ont développé l’un des 30 types différents de cancer malin – dans un délai moyen de sept ans.

Le lait n’est plus celui de nos ancêtres

Le lait que nous buvons aujourd’hui est très différent de celui d’autrefois. Pourquoi ? Tout d’abord, le lait produit industriellement contient un taux d’hormones beaucoup plus élevé. Dans une étude publiée par la revue scientifique European Journal of Endocrinology, il a été noté que le cancer de la prostate est étroitement lié à l’exposition aux hormones sexuelles stéroïdiennes.

Il s’avère que les œstrogènes, une hormone présente dans le lait des vaches laitières en gestation, activent l’IGF-1. Les résultats d’une étude sur le lien entre les œstrogènes et le cancer de la prostate ont été publiés dans la revue Medical Hypotheses, expliquant comment les hormones présentes dans le lait constituent un facteur de risque important dans le développement du cancer de la prostate. Et si certains pays ont depuis reconnu la nécessité d’interdire les injections d’hormones telles que la somatotrophine bovine (STb) pour accélérer ou augmenter la production de lait et de viande, tous ne le font pas.

Le poids, un facteur important

Les chercheurs ont également calculé la récurrence du cancer chez les participants en fonction de leur indice de masse corporelle (IMC). Ils ont constaté que les hommes en surpoids et obèses présentaient un RISQUE PLUS ÉLEVÉ de récidive du cancer de la prostate que les hommes avec un poids équilibré.

Le lignage a-t-il une incidence ?

Nous ne voulons certainement pas faire du lignage un point central quant à la prédisposition d’une personne à développer un cancer. Cela dit, les faits indiquent que le cancer de la prostate est plus répandu chez les hommes afro-américains et afro-caribéens que chez les autres.

Selon la société américaine du cancer, les hommes de race noire ont deux fois plus de risques de mourir d’un cancer de la prostate que les hommes de race blanche. Les études le confirment : diverses populations ont montré un lien fort et constant entre l’IGF-1 dans le sang et le risque de cancer de la prostate.

La composante raciale du lien alimentaire avec le cancer de la prostate est intéressante à considérer. Étant donné que le cancer de la prostate n’est pas aussi répandu dans les cultures asiatiques, cela fait réfléchir. A‑t‑on déjà vu du fromage parmi les ingrédients du menu dans les restaurant chinois ?

Sources :

J.M. Chan, M.J. Stampfer, E. Giovannucci, et al, “Plasma insulin-like growth factor-1 and prostate cancer risk: a prospective study,” Science (1998);279:563-565. doi: 10.1126/science.279.5350.563.

ctor-1 and prostate cancer risk: a prospective study,” Science (1998);279:563-565. doi: 10.1126/science.279.5350.563.
J.M. Chan, M.J. Stampfer, J. Ma, et al., “Dairy products, calcium, and prostate cancer risk in the Physicians’ Health Study,” American Journal of Clinical Nutrition (2001);74:549-554. doi: 10.1093/ajcn/74.4.54922.

  1. Mikami, K. Ozasa, T. Miki, et al., “Dairy products and the risk of developing prostate cancer: A large-scale cohort study,” Cancer Med (Oct 2021): 7298-7307. doi: 10.1002/cam4.4233.

Nick Mulcahy, “Researchers to Men with Prostate Cancer: Avoid Whole Milk,” Medscape Medical News, Oncology News (Nov 15, 2017); https://www.medscape.com/viewarticle/888646.

  1. Sargsyan, H. Dubasi, “Milk Consumption and Prostate Cancer: A Systematic Review,” The World Journal of Men’s Health (July 2021); 39(3): 419–428. doi: 10.5534/wjmh.200051.
  2. D. Tat, A. Kenfield, J.E. Cowan, et al., “Milk and other dairy foods in relation to prostate cancer recurrence: Data from the cancer of the prostate strategic urologic research endeavor (CaPSURE™),” The Prostate (Nov 6, 2017). https://doi.org/10.1002/pros.23441.
  3. Tseng, R.A. Breslow, B.I. Graubard, R.G. Ziegler, “Dairy, calcium and vitamin D intakes and prostate cancer risk in the National Health and Nutrition Examination Epidemiologic Follow-up Study cohort,” American Journal of Clinical Nutrition (2005);81:1147-1154. doi:10.1093 /a jcn/81.5.114728.

Li-Qiang Qin, Pei-Yu Wang, Takashi Kaneko, Kazuhiko Hoshi, Akio Sato, “Estrogen: one of the risk factors in milk for prostate cancer,” Medical Hypotheses (2004);62(1):133-42. doi: 10.1016/s0306-9877(03)00295-0.

“Study finds that high levels of a growth factor increases risk of several cancers,” University of Oxford (Sept 15, 2020).

Physicians Committee for Responsible Medicine: Health Concerns About Dairy https://www.pcrm.org/good-nutrition/nutrition-information/health-concerns-about-dairy

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