Forum économique mondial: plus d’ingénierie sociale que d’économie

Pékin pousse au mondialisme
15 août 2022 Mis à jour: 15 août 2022
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Appuyé par le Parti communiste chinois (PCC), le Forum économique mondial (FEM) fait avancer son programme mondialiste qui relève plus de l’ingénierie sociale que de l’économie.

« La mondialisation a ralenti récemment, et une tendance à l’antimondialisation a émergé… les entreprises multinationales doivent transformer et mettre en œuvre des stratégies de développement inclusives », a déclaré, le 19 juillet dernier, Faisal Alibrahim, ministre saoudien de l’Économie et de la Planification lors de panel virtuel « New Champion Dialogue » tenu dans le cadre du Forum économique mondial. Le ministre laissait entendre que les entreprises privées devraient s’associer aux gouvernements pour faire avancer le mondialisme.

Coincée par les confinements du Covid-19, la guerre commerciale des États-Unis avec la Chine et les sanctions occidentales contre la Russie pour l’invasion de l’Ukraine, la mondialisation avait été mise en pause. Toutefois, aujourd’hui, le FEM est de retour et il est soutenu et encouragé par l’État-parti chinois.

Le 19 juillet, le Premier ministre chinois Li Keqiang a également participé au panel « New Champion Dialogue » du FEM. La stratégie mondialiste du FEM s’accorde bien avec le 14e plan quinquennal du PCC pour 2021-25, car il appelle également à un retour à la mondialisation.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang prend la parole lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, le 21 janvier 2015. (Fabrice Coffrini/AFP via Getty Images)

Ma Jun, président du Green Finance Committee, China Society for Finance and Banking, a prononcé un discours sur la protection de la biodiversité. Il a souligné que « les banques centrales et les régulateurs financiers doivent prendre des mesures pour se prémunir contre les risques associés [à la biodiversité]… en mobilisant les capitaux privés pour protéger la nature et en évitant de financer des activités préjudiciables à la nature ».

Les appels du FEM à des actions économiques et financières prônent généralement le contrôle de la sphère sociale. En gros, Ma Jun a appelé à ce que les entreprises qui ne se conforment pas à l’agenda mondialiste ne puissent plus emprunter.

Dans un autre discours, Gim Huay Neo, directeur général du Centre pour la nature et le climat du Forum économique mondial, a déclaré : « Pour débloquer le pouvoir du financement de la nature, il faut tenir compte de deux aspects : la protection écologique et la création de richesse. »

La finance et l’investissement ont toujours eu pour objet la création de richesse. Cependant, le PCC et le FEM veulent introduire une redistribution similaire des richesses dans le monde. Une telle redistribution fait partie des plans du FEM, elle est également l’un des programmes de Xi Jinping en cours en Chine.

La redistribution des richesses est associée à la guerre à l’inégalité des revenus annoncée par le FEM. Cette idée utopique d’égalité des revenus au niveau mondial exigerait que chaque personne sur Terre gagne l’équivalent du PIB mondial par habitant, soit environ 12.000 dollars par an. Pour que cela se produise, les citoyens des pays développés devraient être dépouillés de la quasi-totalité de leurs richesses et réduits à un revenu de 240 dollars par semaine. En outre, les hommes d’affaires, les chercheurs, les chirurgiens cardiaques, les ingénieurs, les chauffeurs de taxi et les vendeurs des magasins de la République démocratique du Congo, des États-Unis ou de la Suisse devraient tous gagner le même salaire.

L’habituelle réunion annuelle du FEM, qui se tient en janvier à Davos, en Suisse, a été annulée l’année dernière et reportée à cette année en raison du Covid. Maintenant que les restrictions du Covid s’atténuent, le mondialisme se remet sur les rails. En 2022, la réunion régulière du Forum de Davos s’est déroulée du 22 au 26 mai. Selon l’énoncé de sa mission, le FEM cherche à refaire presque tous les aspects de la société moderne : « Le Forum engage les plus importants leaders de la politique, des affaires, de la culture et autres de la société à façonner les stratégies mondiales, régionales et industrielles. »

La réunion annuelle du FEM comprenait des tables rondes sur de nombreux sujets touchant pratiquement tous les aspects de notre vie : de la façon dont on est suivi par notre gouvernement, à ce que nous serons autorisés à manger ou à la fréquence des douches que nous pourrons prendre.

L’un des programmes d’ingénierie sociale du FEM, qui est camouflé sous un aspect économique, est le remplacement du « capitalisme actionnarial » (shareholder capitalism) par le « capitalisme des parties prenantes » (stakeholder capitalism). Le FEM prétend qu’un tel capitalisme est destiné à « bénéficier à toutes les parties prenantes et à l’environnement plutôt qu’aux seuls actionnaires ». Cependant, du point de vue juridique, les sociétés cotées en bourse sont déjà obligées d’agir dans les intérêts de leurs actionnaires. Elles ne devraient pas agir dans les intérêts ou sur ordres des non-actionnaires ou des ordonnances du FEM.

La recherche du profit encourage les entreprises à innover et à réduire les coûts tout en inventant des produits nouveaux et améliorés. Les entreprises prospères réalisent des bénéfices plus importants et embauchent davantage de travailleurs. La recherche constante de l’amélioration et de l’augmentation des revenus crée un travail intéressant et bien rémunéré. Cela encourage les jeunes à aller au collège ou à l’université et à améliorer leurs qualifications, ce qui se traduit par une population mieux éduquée.

En revanche, forcer les entreprises à se conformer au diktat social du FEM entraînera une baisse des bénéfices, éliminera les motivations et abaissera le niveau de vie de tous.

Le Forum de Davos estime également que pour déterminer la solvabilité d’une entreprise, les agences de notation devraient prendre en compte les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) en plus de leur bilan. Cela va à l’encontre du cœur même du fonctionnement du secteur du crédit. Le fonctionnement de notre système financier est le suivant : nous déposons notre argent à la banque et la banque nous verse des intérêts. La banque peut maintenir notre solde et peut se permettre de payer des intérêts – et cela du fait qu’elle ne prête de l’argent qu’à des emprunteurs solvables.

Historiquement, qui peut et ne peut pas emprunter a été déterminé par la solvabilité et non par des points de « crédit social » de type que le PCC est en train d’imposer à chaque entreprise et chaque personne en Chine. L’ajout des notations ESG amènera les banques à rejeter les entreprises solvables qui ne répondent pas à la définition de l’ESG par le FEM. À l’inverse, cela inciterait les banques à prêter aux entreprises ayant un score ESG élevé, mais une faible probabilité de pouvoir rembourser. Cela réduira les investissements, limitera le développement de l’économie et amènera au chômage. Si la crise du logement de 2008-2009 nous a appris quelque chose, c’est que la solvabilité doit être le principal, voire le seul, déterminant de l’attribution des prêts.

En outre, l’échec de l’Union soviétique et d’autres pays de son bloc de l’Est communiste, ainsi que l’absence de libertés individuelles en Chine, à Cuba ou en Corée du Nord, démontrent les avantages du système de libre marché capitaliste sur le système rigide communiste (on n’a qu’à comparer la situation en Corée du Nord et en Corée du Sud qui ont été séparées en 1948). Un libre marché, combiné à la démocratie multipartite, à la liberté d’expression et à la garantie des droits de propriété, permet d’atteindre un niveau de vie beaucoup plus élevé et d’offrir aux citoyens beaucoup plus de liberté et de mobilité.

Antonio Graceffo, docteur en philosophie, a passé plus de 20 ans en Asie. Il est diplômé de l’Université des sports de Shanghai et titulaire d’un MBA chinois de l’Université Jiaotong de Shanghai. Il travaille comme professeur d’économie et analyste économique de la Chine, écrivant pour divers médias internationaux. Parmi ses ouvrages sur la Chine, on peut citer Beyond the Belt and Road: China’s Global Economic Expansion et A Short Course on the Chinese Economy.

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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