Foire du livre de Francfort : première visite « culturelle » du président à l’étranger

10 octobre 2017 Mis à jour: 10 octobre 2017
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Cette plongée dans le monde des écrivains va permettre aux deux dirigeants de s’extraire quelques heures de leurs agendas nationaux chargés: la difficile formation d’une coalition gouvernementale pour la chancelière, les lourds dossiers sociaux pour le président français.

Ils auront un court entretien bilatéral avant d’ouvrir ensemble en fin de journée le premier rendez-vous mondial de l’édition, avec plus de 7.150 exposants issus de 106 pays réunis jusqu’au 15 octobre.

Cette présence « symbolise la proximité entre l’Allemagne et la France, et leur engagement pour une Europe forte et unie », s’est félicité le directeur de la foire, Juergen Boos.

La France, pays invité pour la première fois depuis 1989, y sera en force avec près de 200 auteurs de l’Hexagone mais aussi des pays francophones, dont Michel Houellebecq, aussi lu en Allemagne qu’en France, le prix Nobel J.M.G. Le Clézio, l’auteur de best-sellers Michel Bussi ou le Franco-Congolais Alain Mabanckou.

Pour M. Macron, dont c’est la première visite à dimension culturelle à l’étranger depuis son élection, la foire « arrive à un moment clé » dans son offensive pour « refonder l’Europe », indique-t-on à l’Élisée.

Il voit la culture jouer un rôle essentiel pour retisser les liens distendus entre Européens. « Le ciment le plus fort de l’Union européenne sera toujours la culture et le savoir. (…) Au lieu de déplorer le foisonnement de nos langues, il faut les considérer comme une chance », a-t-il ainsi déclaré dans son discours de la Sorbonne fin septembre.

« L’accueil à ce discours a été bon à l’étranger », notamment en Allemagne, se félicite l’Élisée.

Paris veut notamment étendre le programme Erasmus en l’ouvrant aux artistes, et accroître considérablement les échanges de jeunes entre pays durant leurs études.

À Francfort, M. Macron devrait promouvoir ses initiatives européennes au cours d’un débat organisé en début d’après-midi par l’université Goethe en présence du Franco-Allemand Daniel Cohn-Bendit et du chercheur spécialiste de l’Islam Gilles Kepel.

Mais Mme Merkel a pour le moment d’autres priorités en tête, avec les délicates négociations à venir pour former le prochain gouvernement après sa victoire décevante aux législatives du 24 septembre. Ces pourparlers s’engageront formellement avec les Verts et les Libéraux le 18 octobre, soit la veille du sommet européen des 19 et 20 à Bruxelles.

En visitant le pavillon français de la foire, Mme Merkel et M. Macron s’arrêteront devant une réplique de la presse de Gutenberg, avec laquelle ils imprimeront la première page de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Les auteurs francophones l’utiliseront aussi pour imprimer, en français et en allemand, la première page de leur dernier livre paru en Allemagne.

Le français est la deuxième langue la plus traduite en Allemagne comme dans le monde, loin après l’anglais. L’allemand est pour sa part la troisième en France, après l’anglais et l’espagnol.

M. Macron a récemment réaffirmé sa volonté de promouvoir davantage à l’international la langue française, dont « le potentiel » est « immense » selon lui.

Le nombre de francophones devrait augmenter de quelque 275 millions aujourd’hui à près de 700 millions d’ici 2050, majoritairement en Afrique, selon l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

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