Flambée des prix de l’énergie: Volkswagen annonce que ses usines européennes de batteries pour VE «ne sont presque plus rentables»

30 novembre 2022 Mis à jour: 30 novembre 2022
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Le PDG de Volkswagen a écrit que les usines de batteries pour véhicules électriques au sein de l’Union européenne ne sont « presque plus rentables » face à la flambée des coûts de l’énergie.

Selon Thomas Schaefer, en Allemagne et dans toute l’UE, il est désormais impossible d’investir dans de nouveaux projets industriels indispensables, tels que des usines de cellules de batteries. Il dénonce l’incapacité des responsables politiques à contrôler la montée en flèche des prix de l’énergie, partie pour durer.

L’Europe, et en particulier l’Allemagne, a été dévastée par la disparition des exportations énergétiques russes depuis la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales contre Moscou.

L’UE, le Royaume‑Uni et les États‑Unis ont tous été confrontés à une grave crise énergétique pendant la majeure partie de l’année 2022.

Première économie d’Europe et la plus dépendante des importations de gaz russe, l’Allemagne a vu sa production industrielle chuter en raison des prix élevés de l’énergie dus aux pénuries.

Thomas Schaefer a souligné : « Les États‑Unis, le Canada, la Chine, l’Asie du Sud‑Est et des régions comme l’Afrique du Nord vont de l’avant. »

« Si nous ne parvenons pas à réduire rapidement et durablement les prix de l’énergie en Allemagne et en Europe, les investissements dans une production à forte intensité énergétique ou dans de nouvelles usines de cellules de batteries en Allemagne et dans l’UE ne seront pas rentables », a‑t‑il écrit sur LinkedIn le 28 novembre.

« La création de richesse dans ce domaine se fera ailleurs. »

Voitures électriques Volkswagen ID.3 dans une tour de stockage après l’assemblage sur le site de production de la « Gläserne Manufaktur » (Manufacture de verre) le 8 juin 2021 à Dresde, en Allemagne. L’usine de Dresde produit actuellement 35 voitures ID.3 par jour. Des voitures ID.3 et ID.4 sont également produites à l’usine VW de Zwickau, située dans la même région. (Sean Gallup/Getty Images)

Thomas Schaefer a salué l’effort commun de coopération en matière de politique industrielle entre les ministres de l’Économie français et allemand, Bruno Le Maire et Robert Habeck, la semaine dernière, mais a indiqué que leur programme « présentait des lacunes dans des domaines essentiels et ne répondait pas aux priorités à prévoir ».

Les difficultés économiques de l’UE aggravées par les coûts de l’énergie et la politique commerciale américaine

Adoptée cet été, la Loi sur la réduction de l’inflation de Biden (Reduction Inflation Act) a également aggravé la crise économique européenne.

La nouvelle loi climatique et fiscale vise à stimuler la production nationale de voitures électriques aux États‑Unis et à réduire leur dépendance de pays étrangers comme la Chine pour les composants et les matériaux nécessaires aux batteries.

Selon les responsables de l’Union européenne, les subventions et restrictions nuisent aux entreprises européennes et violent les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en discriminant les entreprises non américaines.

Les ministres de l’Économie de France et d’Allemagne se sont tous deux opposés au programme économique de Biden, qu’ils considèrent comme un renversement partiel des politiques commerciales établies depuis des décennies.

Lors d’un point presse le 21 novembre auquel participait les deux ministres, Bruno Le Maire a comparé la politique industrielle américaine à celle de la Chine communiste, dont le gouvernement offre d’importantes subventions aux entreprises locales pour stimuler la production intérieure.

« La Chine a basculé depuis très longtemps dans cette nouvelle mondialisation avec des aides d’État massives qui sont réservées exclusivement à des produits chinois. Les États‑Unis viennent de basculer sous nos yeux dans cette nouvelle mondialisation pour développer leur capacité industrielle sur le sol américain », a déclaré Bruno Le Maire.

Selon le ministre allemand, Robert Habeck, les autorités européennes doivent agir rapidement et de manière décisive pour renforcer l’industrie européenne, si aucun compromis n’est trouvé concernant la nouvelle politique américaine.

Emmanuel Macron s’est efforcé d’obtenir le soutien de l’ensemble de l’UE en faveur d’un « Buy European Act », en représailles au Reduction Inflation Act de Joe Biden, mais le chancelier allemand Olaf Scholz a fait savoir qu’il tenterait de négocier avec Joe Biden lors du Conseil du commerce et des technologies (CTT) prévu le 5 décembre qui donnera l’occasion d’aborder les relations entre l’Union Européenne et les États‑Unis.

Les Allemands peu enclins à entrer dans une guerre commerciale avec les États‑Unis

Selon Bloomberg, les Allemands considèrent la rivalité commerciale avec les États‑Unis comme une erreur stratégique alors que l’UE est déjà en conflit avec la Russie.

« Cela ne produira aucun gagnant, seulement des perdants », a déclaré le ministre allemand des Finances Christian Lindner lors d’une conférence de presse organisée par le journal Sueddeutsche Zeitung cette semaine.

« De mon point de vue, l’approche à adopter est de discuter avec les États‑Unis. L’objectif n’est pas de nuire à l’administration Biden », a déclaré Christian Linder, opposé au Buy European Act.

« Une occasion de parler d’un nouveau libre‑échange transatlantique », a‑t‑il poursuivi.

Le chancelier pour sa part n’a pas exclu l’idée d’augmenter les subventions européennes accordées aux entreprises en réponse à la nouvelle politique américaine.

Volkswagen exige davantage des responsables politiques de l’UE

Les programmes de l’UE ne se concentrent pas suffisamment sur « la croissance à court terme, la mise à l’échelle et l’industrialisation de la production », a déclaré Thomas Schaefer, critiquant « les règles obsolètes et bureaucratiques des aides d’État ».

Ces déclarations surviennent alors que Volkswagen a annoncé, au début de l’année, son intention de construire six usines de batteries pour véhicules électriques dans l’UE d’ici 2030.

Site de la future usine de cellules de batterie de 16 gigawattheures de Volkswagen, « SalzGiga », à côté de l’usine de composants de VW à Salzgitter, dans le centre-nord de l’Allemagne, le 18 mai 2022. (JOHN MACDOUGALL/AFP via Getty Images)

Les batteries seraient produite par sa société PowerCo, qui a commencé la construction de sa principale usine en Allemagne en juillet 2022 après avoir conclu une alliance à hauteur de 3,1 milliards de dollars avec Umicore au début de cet automne pour la production de matériaux cathodiques.

« Nous n’avons pas de temps à perdre. L’UE a besoin de toute urgence de nouveaux instruments pour empêcher une désindustrialisation insidieuse et préserver l’attrait de l’Europe comme lieu d’implantation des technologies et des emplois du futur », a déclaré Thomas Schaefer.

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