Faux Rodins : un préjudice estimé à 60 millions d’euros

11 octobre 2017 Mis à jour: 11 octobre 2017
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Prévenus absents et société liquidée : la cour d’appel de Paris a reporté mercredi à juin 2018 le procès d’une société et de son gérant, accusés d’avoir vendu à l’étranger des œuvres produites à partir de moules originaux d’Auguste Rodin, sans l’autorisation du musée parisien.

« Dix-sept ans » que dure cette procédure, ont soupiré tour à tour avocats et magistrats.

Quatre prévenus, dont Gary Snell, gérant américain de la société Gruppo Mondiale, sont poursuivis pour avoir édité et commercialisé des œuvres du père du Penseur, sans dire qu’il s’agissait de simples reproductions, à partir de plâtres de la fonderie Rudier utilisée par le sculpteur de son vivant. Une contrefaçon pour le musée Rodin, qui détient les droits moraux de l’artiste.

La société poursuivie, Gruppo Mondiale, aurait produit, selon l’estimation d’un expert judiciaire, quelque 1.700 bronzes tirés à partir de 52 oeuvres d’Auguste Rodin (1840-1917), pour un préjudice estimé à 60 millions d’euros. Lors du premier procès, Gary Snell n’avait reconnu que l’édition d’environ 500 pièces.

Parmi les merveilles reproduites : Le Baiser, Le Penseur ou La main de Dieu.

Or ces oeuvres, dont certaines ont été exposées à Venise, Genève ou Toronto comme des originaux, ne portaient pas la mention « reproduction », la défense de Gary Snell estimant avant cela normal vu que l’oeuvre de Rodin est tombée dans le domaine public et qui estime que le musée, dûment prévenu du projet de « tirages posthumes », ne veut que « protéger son monopole » sur la vente des produits dérivés.

Au contraire, au nom de la défense du « patrimoine national et universel », le parquet avait dénoncé une « publicité mensongère » et des contrefaçons portant « le cachet de Rodin », avec « un tirage numéroté et un certificat d’authenticité susceptibles de tromper les acheteurs ».

Mercredi, la présidente de la cour a qualifié de « cumul idéal » la liste des avanies conduisant à ce report que « la cour regrette beaucoup », avant de renvoyer le procès aux 27, 28 et 30 juin 2018.

Gary Snell était absent pour raison de santé. Quant à la société Gruppo mondiale, elle n’est plus représentée par personne. Furieux, l’avocat du musée Rodin a dénoncé « l’organisation d’une liquidation pour échapper à la justice ».

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