Comment faire du stress une bonne chose, au lieu d’une chose qui nuit à la santé ?

11 juin 2022 Mis à jour: 11 juin 2022
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Le stress est‑il un ami ou un ennemi ? La plupart des gens pensent que le stress est néfaste pour la santé, augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de cancers et d’autres maladies chroniques, et va jusqu’à réduire l’espérance de vie. Cependant, une étude importante vient bouleverser cette idée reçue.

Deux groupes soumis au même niveau de stress avec des taux de mortalité différents

L’étude, publiée dans la revue Health Psychology, portait sur 28.753 personnes. Deux questions leur ont été posées :

‑ Quel niveau de stress avez‑vous subi au cours de l’année écoulée ?

‑ Dans quelle mesure pensez‑vous que le stress affecte votre santé ?

Trente‑cinq pour cent et 20% des participants ont déclaré avoir subi des niveaux de stress modérés ou élevés, respectivement. Vingt‑six pour cent et 8% ont déclaré que le stress avait affecté leur santé dans une certaine mesure ou dans une large mesure au cours de la même période.

L’étude portait sur huit ans. Une fois ce délais passé, les chercheurs ont passé au crible le registre national des décès pour voir lesquels des participants étaient morts, il y en avait 2960 en tout.

Les chercheurs ont constaté un phénomène surprenant.

Le risque de décès prématuré était de 43% supérieur chez les personnes qui s’étaient qualifiées de stressées et qui pensaient que le stress nuisait fortement à leur santé.

En revanche, les personnes qui subissaient la même quantité de stress, mais qui ne le considéraient pas comme nuisible à leur santé, n’étaient pas affectées.

En fait, leur taux de mortalité était même inférieur à celui des personnes les moins stressées.

En réalité, c’est l’attitude d’une personne à l’égard du stress qui détermine réellement si le stress est nocif ou non pour son organisme.

Comment notre attitude à l’égard du stress affecte les changements cardiovasculaires

En outre, notre perception du stress aura une incidence sur les changements dans notre organisme.

Des chercheurs de l’université d’Harvard ont recruté 50 volontaires pour participer à un test. Les volontaires étaient en bonne santé, âgés en moyenne de 22 ans, et répartis également entre les sexes.

Les volontaires ont été divisés en trois groupes. Le premier groupe s’est vu expliquer que les diverses réactions du corps en cas de stress étaient bénéfiques pour faire face aux défis. Le deuxième groupe a appris que la meilleure façon de gérer le stress était de l’ignorer. Le troisième groupe, le groupe de contrôle, n’a reçu aucune information.

Les volontaires ont ensuite été invités à faire une présentation vidéo de cinq minutes devant deux juges. Au cours de cette présentation, les juges réagissaient de manière légèrement négative, de manière non‑verbale, par exemple en fronçant les sourcils ou en croisant les bras. Les volontaires ont ensuite été invités à faire cinq minutes de calcul mental en comptant à rebours par unités de sept à partir de 996. Pendant l’exercice, les juges ont également exprimé un subtil mépris pour affaiblir l’attention des sujets.

Les capteurs placés sur le corps des volontaires enregistraient leurs réactions cardiovasculaires.

Il est important de comprendre que de nombreuses personnes soumises à un tel stress ne se sentent pas seulement mal à l’aise, mais ont également des vaisseaux sanguins resserrés et une mauvaise circulation sanguine.

Cependant, les résultats ont montré que, par rapport au groupe témoin, le premier groupe de participants, à qui l’on avait dit que le stress était bon pour le corps, avait une efficacité cardiaque nettement supérieure, et que leur cœur pouvait pomper plus de sang par minute. De plus, leurs vaisseaux sanguins étaient nettement moins resserrés et moins résistants à l’écoulement du sang.

La résistance au stress affecte les modifications de l’ADN et la longévité

Une attitude positive à l’égard du stress et la résistance au stress peuvent toutes deux affecter l’ADN.

Le vieillissement et le risque de cancer sont tous deux liés à l’ADN, qui est une chaîne constituée de deux structures en double hélice. Lorsqu’une cellule se divise, les deux brins d’ADN se déroulent, et chaque brin forme une copie identique de lui‑même.

Aux extrémités des molécules d’ADN se trouvent des « embouts » protecteurs appelés télomères qui empêchent l’ADN d’être copié de manière incorrecte et de provoquer des problèmes tels que le cancer. Les télomères sont comme des billes alignées. Chaque fois qu’une cellule se divise, la prochaine génération de cellules perd quelques perles. Malheureusement, chaque cellule possède un nombre fixe de perles, ce qui signifie qu’une cellule ne peut se répliquer qu’un certain nombre de fois avant que les embouts protecteurs ne soient érodés. Ce nombre de divisions cellulaires est connu sous le nom de « limite de Hayflick ».

Cela signifie que chaque fois qu’une cellule se divise, les télomères se raccourcissent et la cellule « vieillit ». Lorsqu’une cellule atteint sa limite (la plupart des cellules se divisent jusqu’à 60 fois), elle meurt tranquillement. C’est la nature du vieillissement.

Le corps humain dispose toutefois de son propre mécanisme d’inversion.

Nous avons dans notre corps une substance appelée télomérase. Elle ajoute des « perles » aux télomères des cellules immunitaires et de certaines autres cellules, préservant ainsi tous leurs télomères.

Lorsqu’une personne subit trop de stress, la télomérase ne fonctionne pas efficacement et les télomères rétrécissent. En conséquence, la personne vieillit prématurément.

En revanche, lorsqu’une personne résiste bien au stress, l’activité de la télomérase augmente et les télomères s’allongent. À ce stade, le vieillissement peut être inversé et les maladies peuvent être prévenues.

Trois façons d’améliorer la résistance au stress et d’influer sur le vieillissement et les maladies

Malgré cela, chaque fois que le stress survient, de nombreuses personnes ressentent des douleurs et des troubles : leurs vaisseaux sanguins se resserrent, leur pression artérielle augmente et les télomères de leur corps peuvent également accélérer leur raccourcissement. Alors, comment pouvons‑nous changer notre état d’esprit face au stress et inverser cette série de changements ?

Considérer le stress comme une bonne chose

En fait, tous les types de stress ne sont pas mauvais. La psychologie a initialement divisé le stress en deux catégories : le stress positif (eustress) et le stress négatif (distress).

Le stress négatif, comme un ultimatum imminent, est celui qui nous met dans de mauvais états et qui conduit à la maladie. Le stress positif, quant à lui, est la pression qui nous donne la motivation nécessaire pour effectuer des changements bénéfiques.

En réalité, de nombreux facteurs de stress négatifs peuvent être transformés en facteurs de stress positifs. Par exemple, lorsque nous voyons une échéance comme une motivation pour atteindre nos objectifs, cela peut nous rendre plus énergique. Il y a aussi des personnes qui ont eu le malheur d’avoir un cancer, mais qui l’ont considéré comme un rappel de Dieu pour changer leur mode de vie, et qui mènent donc une vie plus saine depuis. Le Dr Bor‑cheng Han, professeur au département de santé publique de l’Université de médecine de Taipei, a souffert d’un cancer du foie et a subi une ablation des deux tiers de son foie. Il a toutefois vu dans ce cancer une occasion de se transformer en éliminant les pensées négatives, en apprenant à se détendre et en adaptant son régime alimentaire. Douze ans plus tard, il n’a pas eu de récidive, et il est même en meilleure santé qu’avant.

Au lieu d’assimiler le stress à la douleur, nous devrions le voir comme un ami et un catalyseur sur notre chemin de croissance. Puisque nous ne pouvons pas éviter tout le stress, nous devons y faire face et vivre positivement.

Il existe de nombreuses preuves que le fait de traiter le stress comme une chose bénéfique peut aider à augmenter la résilience au stress, et même à accroître le sentiment de bien-être.

Les chercheurs ont constaté que les athlètes ayant un état d’esprit positif sont plus susceptibles de considérer le stress comme un défi, ce qui les rend mentalement plus sains et plus énergiques que la moyenne.

Des études menées aux États‑Unis et en Australie ont montré que les personnes qui pensent que le stress augmente la productivité sont en meilleure santé mentale et ont une productivité plus élevée et de meilleurs résultats scolaires que la moyenne.

Interagir avec les gens pour créer un sentiment d’appartenance

Se socialiser et rechercher de l’aide et un soutien social auprès de la famille et des amis lorsque cela est approprié peut contribuer grandement à réduire les sentiments de stress et à minimiser les dommages psychologiques et physiques.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs australiens a été publiée dans le numéro de mai 2022 du Journal of Psychiatric Research.

Pour ces recherches, une quarantaine d’étudiants du secteur paramédical ont été mobilisés. Pendant leur travail, ces étudiants étaient exposés à tous types d’événements stressants. Les chercheurs ont analysé l’ADN dans leurs échantillons de salive avant et après leur exposition à des événements stressants et leur ont demandé de remplir des questionnaires pour connaître leur mode de vie et leur état de santé à deux moments.

Les résultats ont montré que les étudiants bénéficiant d’un soutien social élevé et ayant un fort sentiment d’appartenance à un groupe, une organisation ou une communauté étaient mieux à même de faire face au stress, et que le stress avait moins d’effets négatifs sur leur santé que les autres.

Ils présentaient également moins de modifications génétiques apparentes dues au stress que les autres participants.

S’asseoir régulièrement en méditation

S’asseoir en méditation peut également nous aider à changer notre état d’esprit sur le stress et à réduire son impact sur notre corps.

En juin 2018, douze garçons et l’entraîneur de l’équipe de football des Wild Boars en Thaïlande ont été piégés dans une grotte pendant 18 jours. Soumis à un stress extrême avec peu d’oxygène et sans nourriture, Ekapol Chantapong, l’entraîneur de football qui était moine depuis 10 ans, a appris aux garçons à méditer pour calmer leurs émotions et ralentir leur métabolisme. Finalement, après 18 jours, le groupe entier a été sauvé.

S’asseoir en méditation exige généralement de calmer l’esprit, sans penser à rien, d’éliminer toutes sortes de distractions et de rejeter activement les émotions négatives, le stress et l’anxiété de l’esprit.

La science moderne a découvert que la méditation peut réduire la taille de l’amygdale droite du cerveau, qui est associée au contrôle du stress, et peut donc réduire la réponse du corps au stress. Parallèlement, la méditation épaissit le cortex pré frontal, la zone du cerveau où s’exerce la pensée rationnelle. Cela signifie que lorsqu’une personne s’assoit régulièrement pour méditer, elle est plus susceptible de penser rationnellement et moins susceptible d’être affectée par le stress. Avec un tel entraînement quotidien et régulier, les gens deviendront de plus en plus positifs.

Une étude menée conjointement par l’Université de Coventry au Royaume‑Uni et l’Université Radboud aux Pays‑Bas a révélé que les interventions basées sur la pleine conscience (MBI), telles que la méditation, le yoga et le tai‑chi, permettent non seulement de se détendre, mais aussi d’inverser les réponses moléculaires dans l’ADN du corps qui provoquent la dépression et un état malsain. Les changements physiques apportés par la méditation sont à l’opposé de ceux provoqués par le stress chronique.

Le Dr George Slavich, expert en psycho-neuro-immunologie et psychiatre à l’université de Californie à Los Angeles, et le Dr David Black, expert en médecine préventive à l’université de Californie du Sud, ont réalisé conjointement un examen complet des essais contrôlés randomisés menés par des scientifiques au cours des vingt dernières années. Ils ont conclu que la longueur des télomères était plus importante après la méditation que chez les personnes qui ne méditaient pas, et que la méditation ralentissait le rythme du vieillissement cellulaire.

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