Facebook sous le feu des critiques pour le lancement d’une « alliance sanitaire » avec de grands laboratoires pharmaceutiques

11 mars 2022 Mis à jour: 11 mars 2022
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Une alliance pour la santé formée par Facebook en juin 2021 a financé des recherches sur « la meilleure façon d’utiliser les sciences du comportement, les médias sociaux et les plateformes numériques pour renforcer la confiance et l’accès aux vaccins ».

Appelée « Alliance for Advancing Health Online » (AAHO), les membres du groupe dirigé par Facebook comprennent l’Organisation mondiale de la santé, le géant pharmaceutique Merck et la CDC Foundation – qui est l’organe de collecte de fonds des Centres de contrôle et de prévention des maladies américains et dont les entreprises partenaires comprennent Pfizer et d’autres géants mondiaux de la fabrication de vaccins.

Dans un mail envoyé en juin dernier à la Maison Blanche, Facebook décrivait l’Alliance comme un projet visant à « renforcer la confiance dans la vaccination par le biais des médias sociaux », notant qu’un « fonds pour la confiance dans la vaccination » avait été créé sous l’égide du groupe pour financer des campagnes visant à réduire l’hésitation.

Le mail décrivait le fonds comme une initiative pluriannuelle de 40 millions de dollars. Facebook et Merck contribuant à hauteur de 20 millions de dollars chacun.

Un manutentionnaire tire une palette de vaccins « Nuvaxovid » élaborés par la société américaine Novavax le 24 février 2022 dans un entrepôt de Hagenbrunn, en Basse-Autriche. – (Photo par FLORIAN WEISER/APA/AFP via Getty Images)

« C’est absolument consternant », déclare pour Epoch Times Pierre Kory, président de l’Alliance Frontline Covid‑19 Critical Care, un éminent défenseur des traitements alternatifs au Covid‑19.

« Ce n’est pas un objectif de santé publique véritable, scientifiquement soutenu, pour faire vacciner les gens, c’est davantage un objectif marketing dans le seul but d’augmenter les taux de vaccination. »

Le mail de Facebook a été envoyé à Becca Siegel, conseillère principale de la gestion du Covid‑19 à la Maison Blanche, à Tericka Lambert, directrice de l’engagement numérique au département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS), et à Monica Vines, membre du personnel du HHS, qui travaille dans la division numérique ASPA de l’agence (qui dirige le développement du contenu Web du HHS, des médias sociaux et met en œuvre la politique d’information numérique).

Il a également été envoyé à Georgeta Dragoiu, membre de l’équipe de la Maison Blanche chargée de la stratégie d’éducation publique et de la campagne médiatique sur les vaccins Covid‑19. Cette campagne gère le programme « We Can Do This ». [Nous pouvons y arriver, ndt.] Un article actuel sur son site Web a pour titre « Répondre aux idées fausses sur les vaccins ».

« Il m’est difficile de comprendre cela comme autre chose qu’une campagne de propagande de la part du gouvernement », déclare le Dr Jay Bhattacharya, professeur de médecine à Stanford, à Epoch Times.

La réponse de la Maison Blanche à ce mail n’est pas claire. Les multiples appels passés par Epoch Times à Facebook (désormais Meta) pour obtenir des commentaires sur l’alliance n’ont jamais reçu de réponse. Le service de presse de la Maison Blanche, ou les employés de Facebook, n’ont pas non plus répondu aux questions posées par Epoch Times.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, s’exprime lors de son point de presse quotidien dans la salle Brady de la Maison-Blanche le 4 janvier 2022. (Mandel Ngan/AFP via Getty Images)

Amy Tolchinsky, directrice de la communication de la CDC Foundation, a envoyé une déclaration écrite à Epoch Times en réponse aux demandes de renseignements sur son implication dans l’Alliance.

« Bien que nous ne soyons pas impliqués dans ses opérations, que nous n’ayons reçu aucun financement pour notre participation et que nous n’ayons fourni aucun financement, notre association avec l’Alliance for Advancing Health Online, qui a été annoncée publiquement en juin 2021, est un moyen d’éduquer le public sur la sécurité et l’efficacité des vaccins auprès d’une population plus large. »

Amy Tolchinsky a également déclaré que la CDC Foundation a « formalisé des partenariats avec de nombreuses [entités] philantropiques, organisations, sociétés, personnalités américaines et internationales avant et depuis le début de la pandémie ».

Dans le mail du 15 juin 2021 envoyé au personnel de la Maison Blanche, Nkechi Payton Iheme, alors responsable de la politique publique de Facebook, mentionnait la fondation comme l’une des organisations composant l’alliance.

Outre Pfizer, la liste des entreprises partenaires de la CDC Foundation comprend plusieurs des plus grands fabricants de vaccins au monde, dont AstraZeneca, GlaxoSmithKline, Novartis, Emergent BioSolutions et Bavarian Nordic.

Nkechi Payton Iheme, qui a depuis quitté Facebook, a également identifié dans le mail Merck, l’OMS, la Banque mondiale et plusieurs groupes de défense des vaccins comme membres de l’Alliance.

Considérations éthiques

Selon les déclarations pour Epoch Times du Dr Robert Malone, spécialiste des vaccins, déplateformé en décembre par Twitter après avoir soulevé des problèmes de sécurité concernant le vaccin Covid, l’Alliance constitue une violation directe des responsabilités éthiques en médecine. Elles consistent, selon lui, à divulguer les risques de tout traitement recommandé ainsi que les options de traitement alternatives.

« Si Facebook veut jouer au docteur, il doit remplir les obligations professionnelles et éthiques du métier. »

Le Dr Malone, qui a joué un rôle clé dans l’invention de la technologie à ARNm utilisée pour fabriquer le vaccin expérimental Covid, n’a pas de page Facebook.

Questions sur la suppression des traitements alternatifs

Le mail de juin 2021 a été obtenu par le groupe conservateur Information Consent Action Network (ICAN) dans le cadre de sa campagne visant à montrer comment Facebook s’est associé au gouvernement fédéral pour dissimuler au public l’efficacité prouvée de traitements alternatifs comme l’ivermectine et l’hydroxychloroquine.

L’avocat de l’ICAN, Aaron Siri, déclare à Epoch Times : « Cela crée un dangereux précédent lorsque les médias sociaux transmettent le message du gouvernement tout en supprimant les messages contraires à ce que le gouvernement essaie de promouvoir. »

Il ajoute que l’alliance entre les médias sociaux, les grandes entreprises pharmaceutiques et le gouvernement fédéral constitue « à tout le moins » une « campagne gigantesque » visant à supprimer le droit à la liberté d’expression garanti par le premier amendement.

Comprimés d’ivermectine conditionnés pour l’usage humain. (Natasha Holt/Epoch Times)

Facebook a récemment annoncé qu’il comptait 2,9 milliards d’utilisateurs, soit près de 40 % de la population mondiale.

Le Dr Pierre Kory pense que Facebook s’est juridiquement positionné comme un « acteur étatique » et pourrait, de ce fait, être tenu responsable des blessures liées aux vaccins Covid‑19 en faisant leur promotion.

La page Facebook de son groupe reste active. Elle comprend une vidéo postée le 3 mars de son apparition dans le nouvel épisode The Digger. Dans la première partie (actuellement censurée), le Dr Kory parle de la guérison rapide dont il a été témoin chez les patients atteints du Covid traités à l’ivermectine.

Nkechi Iheme déclare dans son mail que la première activité commune de l’Alliance sera de lancer son fonds de confiance pour les vaccins. Les membres du personnel de Joe Biden, précise‑t‑elle, pourront « se joindre à une conversation de suivi s’ils le souhaitent ».

L’Alliance a été créée à la suite des allégations de France Haugen, lanceuse d’alerte contre Facebook, selon laquelle le géant des médias sociaux n’œuvrait pas suffisamment à purger la désinformation concernant le vaccin Covid‑19.

Mme Haugen a également accusé Facebook de ne pas faire suffisamment d’efforts pour étouffer la désinformation des négationnistes du changement climatique.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, se rend à une réunion sur les réglementations technologiques et les questions relatives aux médias sociaux, au Capitole, à Washington, le 19 septembre 2019. (Brendan Smialowski/AFP/Getty Images)

Tout ceci intervient suite au témoignage de Mark Zuckerberg, devant le Congrès, selon lequel les plateformes de médias sociaux ne devraient pas être tenues responsables si elles s’emploient à utiliser les « meilleures pratiques » pour cibler les fake news présumées ou du « contenu nuisible » (selon ses termes).

Parmi les autres membres de l’Alliance identifiés par le mail de Facebook, figure la Bay Area Global Health Alliance.

Mary Pittman, présidente de la Bay Area Global Health Alliance, est également directrice générale et présidente du Public Health Institute (PHI). Le mois dernier, elle a publié un communiqué de presse annonçant qu’elle avait reçu 10 millions de dollars du HHS pour son « travail d’équité » pour la promotion du vaccin Covid.

Outre son partenariat avec la CDC Foundation soutenue par Pfizer, les fact‑checkers de Facebook sont également en lien avec Pfizer.

L’un des principaux formateurs du « Meta Journalism Project » de Facebook, spécifiquement chargé de repérer la désinformation présumée sur le vaccin Covid, est l’International Center For Journalists (ICFJ), qui compte également Pfizer parmi ses sponsors.

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