Exclusif : des échantillons des premiers patients atteints du Covid-19 à Wuhan contenaient le virus génétiquement modifié Henipah, l’un des deux types de virus envoyés par un laboratoire canadien

30 août 2021 Mis à jour: 30 août 2021
FONT BFONT SText size

Des échantillons prélevés sur les premiers patients atteints du Covid-19, qui étaient à Wuhan, montrent la présence du virus Henipah génétiquement modifié, selon un scientifique américain.

Le virus Henipah est l’un des deux types de virus envoyés en Chine par des scientifiques d’origine chinoise à partir d’un laboratoire canadien ; cette nouvelle avait suscité une controverse quant à leur licenciement et leur collaboration avec des chercheurs militaires chinois. Il n’est pas clair si le virus trouvé dans les échantillons chinois est lié aux échantillons de virus expédiés par le laboratoire canadien en Chine fin mars 2019.

La découverte a été confirmée à Epoch Times par un autre scientifique qualifié.

La preuve a été trouvée pour la première fois par le Dr Steven Quay, médecin-scientifique basé à Seattle et ancien membre du corps enseignant de la faculté de médecine de l’université Stanford, qui a examiné les premiers échantillons de Covid-19, dont les séquences génétiques avaient été téléversées sur une base de données par des scientifiques de l’Institut de virologie de Wuhan (Wuhan Institute of Virology, WIV) peu après que la Chine a informé l’Organisation mondiale de la santé de l’épidémie de SRAS-CoV-2.

La virologue chinoise Shi Zhengli est vue à l’intérieur du laboratoire P4 à Wuhan, en Chine, le 23 février 2017. (Johannes Eisele/AFP via Getty Images)

Les séquences génétiques des échantillons des patients, qui auraient été atteints d’une « maladie de pneumonie non identifiée » en décembre 2019, ont été ajoutées à la base de données des séquences génétiques, GenBank, sur le site web des Instituts américains de la santé (National Institutes of Health, NIH).

Le Dr Quay explique qu’alors que les autres scientifiques du monde entier étaient surtout intéressés par l’examen du génome du SRAS-CoV-2 dans les échantillons ajoutés par les scientifiques de l’WIV, ce dernier s’est plutôt intéressé à chercher d’autres éléments que les échantillons prélevés sur les patients pouvaient contenir.

Il a donc collaboré avec quelques autres scientifiques pour analyser les séquences des échantillons.

« Nous avons commencé à les examiner et avons trouvé des choses étranges », a déclaré Quay à Epoch Times.

Ce qu’ils ont trouvé, dit-il, ce sont les résultats de ce qui pourrait être une contamination provenant de différentes expériences de laboratoire s’étant frayé un chemin dans les échantillons, ainsi que des preuves du virus Henipah.

« Nous avons trouvé une manipulation génétique du virus Nipah, qui est plus mortel que l’Ebola. » Le Nipah est un type de virus Henipah.

Epoch Times a demandé à Joe Wang, PhD, qui a autrefois dirigé un programme de développement de vaccins contre le SRAS au Canada avec l’une des grandes sociétés pharmaceutiques mondiales, de corroborer cette découverte. Joe Wang est actuellement président de NTD Television Canada, NTD étant une société sœur d’Epoch Times.

Après avoir examiné les éléments de preuves, M. Wang affirme avoir pu arriver aux mêmes conclusions que le Dr Quay au sujet du virus Henipah. Selon lui, la manipulation génétique du virus était probablement destinée à la mise au point d’un vaccin.

Les documents publiés par le gouvernement canadien indiquent que l’utilisation prévue par le WIV des échantillons de virus envoyés par le Canada était pour « cultiver une banque de virus », ce qui, en termes plus simples, signifie stocker les virus tout en les maintenant en vie. La manipulation génétique n’entre pas dans ce cadre.

Laboratoire de Winnipeg

Le licenciement de la scientifique d’origine chinoise Xiangguo Qiu et de son mari, Keding Cheng, du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg a suscité une vive controverse au Canada. Les partis d’opposition ont fait pression sur le gouvernement pour obtenir plus de détails sur l’affaire, tandis que le gouvernement a refusé de divulguer des informations, invoquant des raisons de sécurité nationale et de protection de la vie privée.

Xiangguo Qui et Keding Cheng, ainsi que plusieurs étudiants chinois, ont été escortés hors du laboratoire, le seul laboratoire canadien du quatrième niveau de sécurité, ou P4, soit le plus haut niveau de biosécurité, dans le cadre d’une enquête policière menée en juillet 2019. Les deux scientifiques ont été officiellement licenciés en janvier 2021.

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), qui est en charge du laboratoire canadien, a déclaré que le licenciement était le résultat d’une « question administrative » et de « possibles violations des protocoles de sécurité », mais a refusé de fournir plus de détails, citant des préoccupations de sécurité et de confidentialité.

Lors de son passage au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg, Mme Qiu s’est rendue plusieurs fois à l’Institut de virologie de Wuhan (WIV) à titre officiel, pour aider à former le personnel aux normes de sécurité de niveau 4. Le Globe and Mail a par la suite rapporté que des scientifiques du laboratoire canadien ont collaboré avec des chercheurs militaires chinois sur des agents pathogènes mortels, et que l’un des chercheurs militaires chinois a travaillé pendant un certain temps au laboratoire hautement sécurisé de Winnipeg.

Les documents et les courriels publiés par l’ASPC montrent que l’expédition des échantillons des virus Henipah et d’Ebola s’est faite avec l’autorisation des autorités du Laboratoire canadien de virologie.

Dans l’un des courriels envoyés en septembre 2018, David Safronetz, chef de la recherche sur les agents pathogènes spéciaux à l’ASPC, informe le chef du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg de l’époque, Matthew Gilmour, ainsi que d’autres gestionnaires, de la demande du WIV concernant l’expédition des échantillons, en disant : « Je fais confiance à ce laboratoire. »

En réponse, Matthew Gilmour s’enquiert de la nature de la recherche qui sera effectuée au laboratoire de Wuhan et demande pourquoi ce dernier ne se procure pas les échantillons auprès « d’autres laboratoires plus locaux ». Il dit également à David Safronetz qu’il est « bon de savoir que vous faites confiance à ce groupe » et lui demande comment le laboratoire de microbiologie national du Canada a été mis en contact avec ce dernier.

Dans sa réponse, David Safronetz ne précise pas à quoi serviront les échantillons en Chine, mais note qu’ils ne seront envoyés qu’une fois les formalités administratives et la certification achevées. Il précise également que le WIV demande le matériel au laboratoire canadien « en raison de la collaboration » avec Mme Qiu.

Il ajoute : « Historiquement, il a également été plus facile d’obtenir du matériel chez nous que dans les laboratoires américains. Je ne pense pas que d’autres laboratoires plus proches aient la capacité d’expédier ces matériaux. »

Matthew Gilmour a démissionné de son poste au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg en mai 2020 et a rejoint une entreprise de recherche biologique basée au Royaume-Uni.

Les députés ont demandé aux dirigeants du laboratoire canadien pourquoi l’expédition des échantillons a été autorisée et s’ils savaient si la Chine effectuait des recherches sur le gain de fonction au WIV. La recherche sur le gain de fonction consiste à augmenter le niveau de létalité (virulence) des agents pathogènes ou leur transmissibilité, ou les deux.

Le directeur général scientifique par intérim du laboratoire de Winnipeg, Guillaume Poliquin, a répondu aux députés lors d’une réunion de la commission parlementaire le 22 mars que le laboratoire n’avait envoyé les échantillons au laboratoire de Wuhan qu’après avoir reçu l’assurance qu’aucune recherche sur le gain de fonction ne serait menée.

Le député conservateur John Williamson a insisté pour obtenir davantage de précisions, affirmant qu’on ne peut se fier à la parole d’un laboratoire d’État chinois, le régime chinois ayant « un historique de vol et de mensonges ».

Aux États-Unis, la question de la recherche sur les gains de fonction à l’Institut de virologie à Wuhan a été un point de discorde entre les législateurs et le Dr Anthony Fauci, directeur du NIH de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses. L’organisation du Dr Fauci a financé des recherches (par l’intermédiaire d’EcoHealth Alliance) sur les coronavirus au laboratoire de Wuhan. Le sénateur américain Rand Paul affirme que les travaux publiés par le laboratoire P4 de Wuhan sur les coronavirus montrent que le laboratoire mène des recherches sur le gain de fonction, une accusation que le Dr Fauci dément.

Epoch Times a sollicité les commentaires de l’ASPC, notamment pour savoir comment l’agence abordait les questions de propriété intellectuelle et de collaboration pour le développement de produits tels que les vaccins avec le WIV, mais n’a pas reçu de réponse au moment de la publication.

Malgré les demandes répétées des partis de l’opposition pour obtenir plus de précisions sur le licenciement des deux scientifiques du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg, le gouvernement libéral a refusé de fournir les documents, invoquant des enjeux de sécurité nationale et de confidentialité.

Après que la Chambre des communes a émis un ordre exigeant que le gouvernement divulgue l’information, le gouvernement a poursuivi le président de la Chambre devant les tribunaux pour obtenir la confirmation d’un juge que les documents peuvent ne pas être divulgués. Le gouvernement a ensuite abandonné son action en justice une fois que le Premier ministre Justin Trudeau a déclenché des élections et que le Parlement a été dissous.

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.

Recommandé