Essonne : Élisabeth, 98 ans, renvoyée chez elle avec sa jambe cassée « à cause du Covid »

15 janvier 2022 Mis à jour: 15 janvier 2022
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Depuis une chute à son domicile dans la nuit du 4 au 5 janvier à Étampes (Essonne), Élisabeth, 98 ans, est clouée dans son lit. Sans plâtre, ni attelle, cette retraitée a été sommée de rentrer chez elle par l’hôpital « à cause du Covid », déplore sa famille, qui dénonce un traitement inhumain.

Le Covid servirait-il d’excuse à tout ? Dans la nuit de mardi à mercredi 5 janvier, Élisabeth, 98 ans, a chuté à plusieurs reprises chez elle à Étampes en Essonne. Relevée plusieurs fois par sa famille, Élisabeth s’est finalement plaint d’avoir mal à une jambe. Cependant, lorsque les secours sont arrivés, ces derniers ne l’ont pas pris en charge : « Quand les pompiers sont venus, ils ne voulaient pas la conduire à l’hôpital. Ils disaient qu’ils ne pouvaient pas à cause du Covid », a témoigné Noémie, sa petite-fille.

« C’était sa troisième chute de la nuit. J’étais déjà venue la relever à 22 heures et à 2 heures du matin. J’avais été prévenue par la téléassistance car elle a déclenché son bip », a indiqué Agnès, sa fille.

Ce n’est que le matin même, quand une aide à domicile est venue et a exigé qu’elle soit prise en charge, que les secours l’ont finalement emmenée. Toutefois, au début, les sapeur-pompier ne voulaient toujours pas l’emmener. « J’ai insisté pour qu’ils appellent le médecin du Samu. Ils ont fini par le faire et ce dernier a donné son aval pour qu’elle soit conduite à l’hôpital », a expliqué Agnès. Et résultat après une série de radios : le tibia d’Élisabeth est cassé, a rapporté Le Parisien.

Cependant, les problèmes ne se sont pas arrêtés pas là. D’après Noémie : « L’hôpital lui a dit qu’elle devait rentrer chez elle, sans plâtre et avec une attelle à commander. Encore une fois, on lui a dit que c’était à cause du Covid. Pour marcher, l’hôpital lui a dit d’utiliser une canne sans poser le pied par terre. Ma grand-mère n’est pas gymnaste. Elle a 98 ans ! A-t-on pensé ne serait-ce qu’une seule seconde à la façon dont elle pourrait se débrouiller pour les besoins les plus élémentaires, seule chez elle ? Le Covid a bon dos ! »

Pour Agnès : « C’est tout simplement de la non-assistance à personne en danger ! Comment voulez-vous qu’elle aille aux toilettes ou qu’elle se fasse un café ? Sa jambe est cassée, elle ne peut plus se déplacer. Avant, elle marchait avec un déambulateur. Mais là, avec la fracture, c’est impossible ».

Au final, face aux accusations de la famille d’Élisabeth, le Service départemental d’incendie et de secours de l’Essonne s’est simplement défendu : « Il ne peut y avoir un refus de transport des sapeurs-pompiers d’une victime à l’hôpital en période de crise sanitaire ou de surcharge des hôpitaux. Mais en fonction des places disponibles et de la pathologie, la destination des victimes peut être plus lointaine. Cela augmente notre durée d’intervention. Mais ça reste ponctuel et variable d’un hôpital à l’autre, en fonction de la saturation du moment ».

Quant au centre hospitalier Sud-Essonne, ce dernier a assuré n’avoir « reçu aucune réclamation ». « D’après nos informations, la prise en charge a été conforme. La mobilisation est forte face au Covid mais la prise en charge des urgences est évidemment assurée et des lits d’hospitalisation sont disponibles, en médecine comme en chirurgie, pour prendre en charge les patients qui le nécessitent », a assuré la direction.

Depuis, la famille d’Élisabeth ne décolère pas. « On jette les gens de l’hôpital sous prétexte du Covid. C’est inhumain », a dénoncé Agnès.

Ce n’est que le lundi 10 janvier, cinq jours après sa chute, qu’Élisabeth a enfin reçu l’attelle qu’elle avait commandé. Toutefois, elle a de nouveau conduite aux urgences. « Compte tenu de l’état de santé de ma grand-mère, le Samu a été rappelé », a confié Noémie. Cette fois, l’hôpital l’a gardé sous surveillance pendant une nuit. Une situation qui ne rassure pas sa famille pour l’avenir, si jamais il devait arriver quelque chose à leur mère.

 


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