« Esclavage », pressions: un militant taïwanais raconte sa détention en Chine

10 mai 2022 Mis à jour: 10 mai 2022
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Un militant taïwanais pro- démocratie, emprisonné plus de quatre ans en Chine, a raconté mardi à Taipei avoir été forcé à travailler comme un « esclave » pendant sa détention, et subi des pressions pour qu’il avoue être un espion.

Lee Ming-che s’est exprimé pour la première fois depuis son retour en avril sur l’île, après avoir été condamné pour atteinte à la sécurité nationale, une affaire qui avait entraîné un regain de tensions entre Taipei et Pékin. Il avait été arrêté puis détenu au secret durant des mois jusqu’à ce que son cas ne finisse par être révélé.

« Un atelier clandestin d’esclavage total »

Cet homme de 47 ans, incarcéré dans le centre de la Chine en novembre 2017 pour « subversion du pouvoir de l’Etat », a affirmé avoir été soumis au travail forcé lors de sa détention.

Il a purgé sa peine dans la prison de Chishan, dans la province du Hunan, et dit avoir travaillé les premiers temps de 11 à 12 heures par jour, à l’exception de quatre jours de congés à l’occasion du Nouvel an chinois.

Lee Ching-yu, épouse du taïwanais Lee Ming-che qui est détenu par la Chine, prend la parole lors d’une conférence de presse à Taipei le 9 septembre 2017. Photo SAM YEH/AFP via Getty Images.

« Chishan est comme une grande usine… C’est un atelier clandestin d’esclavage total », a déclaré M. Lee, précisant que la prison produit des gants, des chaussures et des sacs.

M. Lee a ajouté avoir subi des pressions pour qu’il avoue être un agent secret taïwanais, les autorités chinoises laissant entendre qu’en échange il aurait pu être libéré plus rapidement, les deux parties ayant déjà procédé dans le passé à des échanges d’espions.

« Le soi-disant procès est en réalité un cirque fasciste »

Il a refusé de reconnaître l’accusation d’espionnage mais à reconnu celle de subversion, pour des articles critiquant le Parti communiste et défendant la démocratie.

Le taïwanais Lee Ming-che est escorté par du personnel de prévention des épidémies après son arrivée à l’aéroport de Taoyuan le 15 avril 2022. Photo par SUNNY FAN/AFP via Getty Images.

« Ce que j’ai fait est très normal à Taïwan ou dans n’importe quelle société démocratique… je ne m’attendais pas à ce que la Chine considère mes actes humanitaires comme aussi graves que la subversion du pouvoir de l’État », a-t-il indiqué.

« Nous savons tous que la loi en Chine n’est pas utilisée pour protéger les droits des individus, c’est un outil pour faire en sorte que le peuple obéisse inconditionnellement au pouvoir de l’État », a-t-il déclaré, ajoutant: « Le soi-disant procès est en réalité un cirque fasciste ».

Il a également expliqué avoir acheté des livres, des produits, et fait des dons financiers à des prisonniers politiques chinois et leurs familles, et leur avoir rendu visite en Chine.

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