Élections de mi-mandat: les décisions politiques de Biden pour récupérer des voix

5 novembre 2022 Mis à jour: 8 novembre 2022
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Alors que les élections de mi‑mandat du 8 novembre approchent, certains voient dans les récentes mesures du président Joe Biden autant de moyens désespérés pour récupérer des voix.

Grâces des condamnations liées à la marijuana

Le 6 octobre, Joe Biden a annoncé que certaines condamnations fédérales pour possession de cannabis feraient systématiquement l’objet de la grâce présidentielle.

« Personne ne devrait être en prison pour le simple fait de consommer ou d’avoir sur soi du cannabis », a déclaré Biden. « Trop de vies basculent parce qu’on envoie les gens en prison pour possession de cannabis, [alors que] beaucoup d’États ne l’interdisent plus. Les casiers judiciaires qui mentionnent la possession de cannabis constituent aussi des obstacles inutiles à l’emploi, au logement et à l’éducation. »

Dans le cas des délits liés au cannabis, a‑t‑il ajouté, les minorités sont ciblées de façon disproportionnée par les forces de l’ordre.

« Tout d’abord, j’accorde la grâce [présidentielle] à tous les auteurs d’infractions fédérales pour simple possession de cannabis antérieures à ce jour », a déclaré Biden, ajoutant qu’il « exhort[ait] tous les gouverneurs à faire de même dans le cas des infractions non‑fédérales ».

Biden a évidemment éludé le fait que le nombre de personnes incarcérées pour simple possession de cannabis est extrêmement faible.

Selon l’U.S. Sentencing Commission (USSC), seulement 36 personnes ont été incarcérées dans une prison fédérale au cours de l’année fiscale 2021 pour possession de cannabis, un chiffre en baisse par rapport aux 1877 personnes de l’année fiscale 2015.

Tom Basile, surtout connu pour être l’animateur de l’émission America Right Now sur Newsmax, est professeur auxiliaire à l’université Fordham et membre de l’association du barreau de l’État de New York.

(Avec l’aimable autorisation de Tom Basile)

« Les fédéraux ne s’impliquent pas dans les petites affaires », explique M. Basile à Epoch Times. « C’est donc plutôt sournois. Ils font croire qu’il [Biden] gracie tous ces gens par souci de justice sociale. »

Cependant, dans le cas de la population carcérale, « presque personne dans ce pays ne va en prison pour possession de marijuana, à moins qu’il ne s’agisse d’une grande quantité et qu’elle ne soit associée d’une manière ou d’une autre à un trafic. » M. Basile précise que la Maison Blanche n’a donné aucune indication sur la façon dont ces cas graciés seront traités.

« Ils sont tellement soucieux de montrer que le président est de près ou de loin attaché à répondre aux objectifs du groupe de travail Biden‑Sanders Unity Taskforce, que Bernie Sanders a rédigé en 2020, qu’ils sont prêts à dire et à faire tout et n’importe quoi. »

Ensuite, selon M. Basile soit ils « se battent devant les tribunaux » soit ils « ramassent les pots cassés plus tard ».

« C’est vraiment dangereux et préjudiciable. »

Annulation de la dette des prêts étudiants

Le 24 août, la Maison Blanche a annoncé que « le département de l’Éducation offrira jusqu’à 20.000 dollars d’annulation de dette aux bénéficiaires de la bourse Pell Grant dont les prêts sont détenus par le département de l’Éducation, et jusqu’à 10.000 dollars d’annulation de dette à ceux qui ne bénéficient pas de la bourse Pell Grant ».

Les emprunteurs admissibles doivent gagner moins de 125.000 dollars par an s’ils sont seuls ou moins de 250.000 dollars par an pour les couples mariés.

« Aucun individu ou ménage à haut revenu – dans les 5% de revenus les plus élevés – ne bénéficiera de cette mesure », a précisé le communiqué.

Le gouvernement a également prolongé le moratoire sur les remboursements des prêts étudiants détenus par l’État fédéral jusqu’au 31 décembre 2022, avec une reprise des paiements prévue en janvier – c’est‑à‑dire après les élections de mi‑mandat du 8 novembre.

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Joe Biden annonçant l’allègement des prêts étudiants, accompagné du secrétaire à l’Education Miguel Cardona, le 24 août 2022 (Oliver Douliery/AFP via Getty Images)

L’administration Biden a défendu cette mesure en laquelle elle voit un moyen de « donner du répit aux familles qui se préparent à reprendre le remboursement de leurs prêts après la crise économique provoquée par la pandémie ».

Dans une action en justice déposée devant un tribunal fédéral du Missouri en septembre, les procureurs généraux républicains de l’Arkansas, de l’Iowa, du Kansas, du Missouri, du Nebraska et de la Caroline du Sud ont demandé l’arrêt du programme d’aide, avançant qu’il était inconstitutionnel et « particulièrement inefficace à répondre aux effets de la pandémie sur les détenteurs de prêts étudiants (…) ».

Le 26 septembre, le Congressional Budget Office, un organisme non partisan, a estimé (pdf) que le plan de Biden coûterait 400 milliards de dollars aux contribuables américains.

« Pratiquement tous les juristes à qui j’ai parlé affirment que le président américain n’a en réalité pas autorité pour faire ce genre de choses, et les gens à la Maison Blanche et au Domestic Policy Council le savent », avance M. Basile. « Ils savent aussi que ça ne passera pas au Congrès, alors ils font croire qu’ils vont quand‑même [signer cette loi] pour que les gens s’imaginent qu’ils en ont la capacité. »

Entretemps, les Républicains y voient une forme de provocation et se rendent devant les tribunaux. L’administration Biden saisit l’occasion pour « les faire passer pour les méchants, alors qu’en réalité ils se contentent de demander à ce que l’État de droit soit respecté ».

« Ils savaient [dès le début] que cela ferait l’objet d’un litige », remarque M. Basile, en ajoutant que la démarche est « très similaire » à ce que l’administration a fait avec le moratoire sur les expulsions.

Epoch Times Photo
Des jeunes mobilisés pour demander l’annulation de la dette des prêts étudiants, le 27 juillet 2022. (Anna Moneymaker/Getty Images)

Selon lui, l’administration Biden a été « informée qu’elle n’avait pas autorité pour imposer un moratoire sur les expulsions », mais elle « voulait donner l’impression d’essayer de faire quelque chose » auprès de cet électorat spécifique et « se donner le bon rôle ».

« Ils savaient que cela serait retoqué mais ils l’ont quand même fait. Ils instaurent une approche très dangereuse et sans aucun respect des lois sous couvert de faire avancer la politique publique. »

Selon M. Basile, cela fait longtemps que la gauche met à profit les tribunaux au nom de la politique publique, elle évite le processus législatif dans lequel elle sait qu’elle échouera.

« Mais ils prennent confiance car ils se disent que le simple fait de proposer quelque chose, quand bien même cela sera invalidé, leur apportera un avantage politique. Il faut que le peuple américain sache et qu’il comprenne que lorsqu’ils jouent à ce jeu‑là, le résultat c’est toujours plus de gouvernement, un gouvernement qui coûte encore plus d’argent et une dérive juridique qui n’en finit pas. Ils visent la Lune et se disent ‘peut‑être qu’on ne va pas atteindre la Lune mais au moins on sera en orbite’, et ils ont toujours le sentiment d’avoir fait des progrès – et ils ont raison. »

Dans une lettre datée du 31 août (pdf) adressée à Biden, la représentante du Parlement Lauren Boebert (Parti républicain‑Colorado) a déclaré que c’était « un cadeau électoral qui coûterait près de 519 milliards de dollars aux contribuables américains et qui profiterait essentiellement aux emprunteurs riches et très diplômés ».

« Alors que notre nation fait face à une inflation historiquement élevée, un allégement aussi large des prêts étudiants relève du vol de grand chemin et c’est une gifle pour les familles américaines qui travaillent dur et qui luttent pour compenser vos [Biden] politiques économiques de plus en plus imprudentes », a déclaré la représentante Boebert plus loin dans la lettre, signée par sept autres membres républicains du Congrès. « Votre administration s’est donné la peine de faire semblant de se soucier du coût de l’inflation pour une période qui n’a duré que quelques semaines après quoi elle s’est lancée dans une énième folie dépensière. »

Dans une déclaration pour Epoch Times, Lauren Boebert précise que c’est au nom des Américains qui travaillent dur qu’elle a interpellé l’administration Biden.

United States Representative Lauren Boebert, (R-CO)
Lauren Boebert, représentante des États-Unis, (Parti républicain-Colorado) (Avec l’aimable autorisation du cabinet de Lauren Boebert)

« Ces Américains qui sont responsables ont remboursé leurs dettes étudiantes, ils ont travaillé jusqu’à la fin de leurs études ou ont choisi un parcours professionnel qui ne générait pas de dettes – mais maintenant Biden les oblige à rembourser la dette des autres. »

Comme M. Basile, Mme Boebert remarque que Biden n’a pas autorité pour faire ce genre de choses, Nancy Pelosi elle‑même, en tant que présidente de la Chambre des représentants ainsi que le département de l’Éducation (DoE) ont reconnu qu’il n’avait pas l’autorité unilatérale pour suspendre le remboursement des prêts étudiants.

« Mais Biden et son régime enfreignent la loi et s’en moquent », écrit la représentante. « Les Américains voient clairement ce que Biden est en train de faire avec les prêts étudiants et ils savent que cela relève du cadeau électoral. L’économie s’effondre, l’inflation est hors de contrôle, les frontières sont ouvertes, les décès dus au fentanyl augmentent, et les taux de criminalité montent en flèche – Biden n’a rien sur quoi se présenter, donc ils essayent de chiner des votes. »

Le 29 septembre, le département de l’Éducation a annoncé qu’il n’annulerait pas les dettes étudiantes détenues par des fonds privés. Il y a donc eu un revirement par rapport à la proposition initiale du mois d’août d’annuler les prêts étudiants fédéraux jusqu’à 20.000 dollars.

L’épuisement des réserves stratégiques de pétrole

Le prix du pétrole aux États‑Unis a augmenté de 4,53 dollars, soit environ 4,5%, pour atteindre 105,70 dollars le baril à 16 heures HAE le 18 juillet, après un gain de 2,1% le 15 juillet, après l’échec de Joe Biden à obtenir une promesse de l’Arabie saoudite d’augmenter sa production de pétrole brut.

En 2021, lorsque les politiques de transition énergétique ont fait décoller les prix de l’essence, Joe Biden a demandé au département de l’Énergie qu’il débloque 50 millions de barils de pétrole de la Réserve stratégique de pétrole (SPR pour Strategic Petroleum Reserve), soit l’équivalent de deux jours et demi de consommation nationale.

A Mobil station in Los Angeles shows gas prices are rising to record highs on March 7, 2022.
Le prix de l’essence atteint des sommets, le 7 mars 2022. (Jill McLaughlin/Epoch Times)

Lorsque le prix de l’essence a continué à augmenter, Biden a puisé dans les réserves à plusieurs reprises. Le 29 juillet, la SPR a atteint son niveau le plus bas depuis 1985. Au 14 octobre, la SPR comptait environ 405 millions de barils, contre 638 millions de barils en janvier 2021, lorsque Biden a pris ses fonctions.

Le Congrès a créé la SPR en 1975 pour protéger les États‑Unis de la volatilité des marchés pétroliers et garantir un stock d’énergie en cas d’urgence, par exemple en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. Les États‑Unis viennent de sortir de la haute saison des ouragans, et Poutine a récemment menacé d’utiliser des armes nucléaires contre les forces de l’OTAN.

Selon Mme Boebert, Biden et les parlementaires démocrates contournent les procédures législatives dans le but d’attirer les voix qu’ils n’ont pas su gagner au cours des deux dernières années où ils ont été au pouvoir.

« Les démocrates n’ont absolument aucun projet sur le long terme qui leur permettrait de mettre fin à la hausse invraisemblable des prix de l’essence », affirme‑t‑elle. « Si c’était le cas, ils l’auraient fait passer à la Chambre des représentants, qu’ils contrôlent, et au Sénat, qu’ils contrôlent, et l’auraient fait signer à la Maison Blanche, qu’ils contrôlent. Au lieu de cela, ils font baisser artificiellement les prix avant les élections en vidant la réserve stratégique de pétrole. Le pire, c’est que cela se fait au détriment de notre sécurité nationale. »

C’est un sentiment que partage M. Basile.

« L’affirmation de la Maison Blanche selon laquelle tout cela ne relève en aucun cas de mesures politiciennes est vraiment cocasse », explique‑t‑il. « Le fait que nous ayons puisé dans ces réserves de pétrole est une préoccupation majeure pour la sécurité nationale de ce pays. C’est de la politique de façade car l’impact de telles mesures est minimal et de courte durée. Cela ne résout en rien le problème plus large et systémique auquel nous faisons face qui est celui de l’indépendance énergétique et de la réduction des coûts pour les consommateurs. »

Concernant le voyage de Biden en Arabie saoudite, M. Basile déclare : « Voilà une Amérique qui reconnaît qu’elle ne peut pas produire sa propre énergie elle‑même, et les gens devraient en être indignés. Ils devraient également être indignés de le voir se précipiter chez nos ennemis, tout penaud, alors qu’en même temps pratiquement tous ses discours sont des déclarations de guerre contre le secteur de l’énergie américain. »

Joe Biden et le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman lors du sommet de Jeddah en Arabie saoudite, le 16 juillet 2022. (MANDEL NGAN/POOL/AFP via Getty Images)

Selon M. Basile, « si les républicains présentent les choses de la bonne manière », la question de savoir si on croit au changement climatique ou pas peut devenir totalement secondaire par rapport « au fait choquant de savoir [que les États‑Unis] pourrait être parfaitement indépendants sur le plan énergétique ».

« Nous n’avons pas à compter sur les Saoudiens. Nous n’avons pas à compter sur la Russie ou le Venezuela. Nous n’avons pas besoin de compter sur les Chinois pour le lithium. Nous avons du lithium ici, mais nous ne l’exploitons pas. C’est de la folie, au nom du dogme du climat et du culte des émotions qui en résulte, de vouloir intentionnellement mettre le pays à découvert et menacer la stabilité de l’économie américaine. »

« La gauche de ce pays pense que la population est stupide. Si les gens croient que Joe Biden, simplement en signant un bout de papier, va avoir un impact sur le climat aujourd’hui, demain, dans cinq ans, dans dix ans, il faut qu’on s’interroge sur leurs aptitudes intellectuelles. Mais je pense que les gens commencent à comprendre. »

La riposte du 8 novembre

Selon M. Basile, aucune de ces tactiques n’aidera les démocrates en novembre.

« Qu’il s’agisse du climat, de l’annulation de la dette étudiante ou de cette nouvelle inquisition contre de prétendues menaces anti‑démocratique ou l’extrémisme blanc en Amérique, tout cela fait partie du programme que [Biden] a approuvé avec Sanders et [la sénatrice Elizabeth] Warren pendant la campagne [présidentielle]. »

M. Basile note que cela fait partie des 110 pages du groupe de travail Biden‑Sanders (pdf) prétendument rédigées pour « combattre la crise climatique et promouvoir la justice environnementale ».

« Personne ne l’a lu », remarque M. Basile. « Biden le modéré » a tout de même « permis à un socialiste de rédiger le plan d’action de son administration ». Le Domestic Policy Council en a fait son plan directeur et ravage le pays depuis deux ans.

« Mais ils n’ont pas pris en compte le bon sens du peuple américain et ils n’ont jamais réfléchi aux dommages que de telles politiques allaient avoir dans la vie des gens. C’est pourquoi, le 8 novembre, ils vont faire face à un gros retour de bâton. »

Dans son bilan sur les récentes tentatives de Biden, Lauren Boebert se montre plus directe.

« Tout d’abord, une grâce sur les prêts étudiants et maintenant une grâce générale sur la marijuana », écrit‑elle. « Biden court après les voix des gens irresponsables et sans travail ».

Tom Ozimek a contribué à cet article.

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