Ni pour ni contre… bien au contraire

7 novembre 2021 Mis à jour: 30 mai 2022
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La période n’est plus à la mesure. Il faut être pour ou contre le vaccin Covid, et l’être radicalement. Il faut aussi être pour ou contre Éric Zemmour, pour ou contre Didier Raoult, Emmanuel Macron, Donald Trump, pour ou contre le pape et ses évêques. La traversée des dix-huit derniers mois, avec une pandémie, une crise mondiale et une quasi-insurrection aux États-Unis a visiblement, par attaques successives, provoqué une ablation généralisée du sens de la mesure. Interrogez-vous sur l’utilité de la vaccination pour tous et vous êtes un dangereux obscurantiste opposé à la science. Rejetez par contre les rumeurs non étayées sur les vaccins, et vous êtes un complice du pouvoir. Ne considérez pas Donald Trump comme un mauvais président et vous êtes un fasciste, mais observez que la situation de l’emploi est meilleure aujourd’hui en France, et vous faites partie de « l’élite mondialiste macronienne.»  Risquez-vous à trouver que les idées d’Éric Zemmour sur la question d’identité nationale sont une chance pour le débat démocratique, vous êtes alors islamophobe. Mais pointez son absence de programme, et vous êtes du camp des gauchistes.

L’obligation collective en 2021 serait donc, plutôt que de multiplier les éléments de recul et de réflexion, de choisir un camp, radicalement, et de s’y tenir pour lutter contre les autres, incarnations du « mal ». Ne serait-on donc bon qu’en étant partisan ? Dans les semaines à venir, les positions vont nécessairement aller vers plus d’hostilité, chacun s’arc-boutant sur la défense de son candidat – ou de sa candidate – à l’élection présidentielle.  Cet homme providentiel, cette femme parfaite, revêtira pour ses partisans les attributs d’une image sainte, d’une personne salvatrice dont on ne pourra – à leurs yeux – interroger ni les idées ni la personnalité sans être coupable d’un quasi-blasphème. Tout ce qui sera dit sera ainsi trop ou pas assez, fonction du public concerné. Et, comme durant ces dix-huit derniers mois, un surprenant phénomène d’herméticité intellectuelle interdira aux éléments factuels de remettre en cause l’image sanctifiée de la personne soutenue. Est-ce la perte du sens du sacré qui fait que des personnalités grandies par l’attention publique et par leurs équipes de communication prennent maintenant une dimension quasi-religieuse dans l’opinion ?

Pour cette élection présidentielle, comme pour les précédentes, Epoch Times ne se positionnera en faveur d’aucun candidat. Notre métier est de vous transmettre une information capable de questionner vos certitudes, quelles qu’elles soient. Nous le répétons : quelles qu’elles soient. C’est ainsi que nous pensons pouvoir vous être utiles, vous permettre de voir la part de bien présente chez chacun, en étant prudent face à la part de mal cachée chez beaucoup. Nous portons ce faisant la conviction que même si le monde politique peut encore, peut-être, engendrer des hommes d’État capables d’une vision du bien pour la France, la vraie personnalité salvatrice doit être cherchée ailleurs. Le salut vient de plus haut.

Nous continuerons à porter devant vous une autre conviction, celle de l’immense importance de nos traditions, seules capables d’aider à retrouver des repères dans la recherche de vérité. Ces traditions et les leçons de l’histoire nous éclairent sur la confiance relative qu’il faut accorder aux discours bien tournés, et sur l’importance de la confrontation patiente des idées, mises à l’épreuve de la réalité.  Soyez-donc assurés que lorsque nous évoquerons les différents candidats à l’élection présidentielle, nous tenterons de notre mieux d’ouvrir la réflexion, parfois même avec un ton badin, en visant chaque fois les idées plutôt que les personnes. Dans tout cela, notre démarche vis-à-vis des individus restera celle d’un prudent recul et de n’être ni pour ni contre … bien au contraire.


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