Confinement : la « détresse morale » des étudiants « tuera plus, à terme, que le virus »

7 décembre 2020 Mis à jour: 7 décembre 2020
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Précarité, démotivation, sentiment d’abandon, angoisse sont une partie des signes de détresse psychologique chez les étudiants. Dix présidents d’université dénoncent « une véritable bombe à retardement sociale et humaine » qui menace les étudiants,  dans une tribune publiée mercredi 25 novembre pour réclamer un déconfinement plus rapide dans leurs établissements.

Jeunes adultes, les étudiants constituent une population particulièrement vulnérable qui souffre plus de symptômes psychiatriques que les autres adultes. Selon plusieurs études, le premier confinement a créé une situation douloureuse pour les étudiants et serait un facteur majeur dans la détérioration de leur santé mentale. Les raisons sont nombreuses : difficulté à suivre correctement les cours à distance, sentiment d’isolement (confinés dans un petit espace), angoisse, précarité économique qui s’accroît.

« Tous les indicateurs au niveau national et international sont au rouge pour la santé mentale. Je crois qu’à terme, ça tuera plus que le virus », a déclaré le président de l’université de Strasbourg Michel Deneken dans une interview pour France info le 26 novembre, le lendemain de la publication de la tribune qu’il a signée avec 9 autres présidents d’université.

La tribune a été faite à la suite de la fermeture des universités jusqu’au mois de février. Elle  avait pour but d’éveiller les consciences, de tirer le signal d’alarme. Michel Deneken alerte contre une mort sociale que les étudiants confinés devant leurs écrans sont en train de vivre. Une situation dévastatrice, qui accroît le risque de suicide.

Selon une enquête publiée en juillet 2020, « Les jeunes face à la crise : l’urgence d’agir », de la Fage, le premier syndicat étudiant, 23 % des étudiants ont eu des pensées suicidaires à la suite du premier confinement.

Article 1, une association de lutte pour l’égalité des chances, a interrogé 700 étudiants. Leur enquête confirme que le second confinement est encore plus grave que le premier. Certains ont du mal à suivre des cours en visio, d’autres témoignent qu’ils ont du mal à se concentrer parce qu’ils ont perdu l’intérêt et la motivation, d’autres ne font plus les devoirs et ressentent la solitude. Quarante-cinq pour cent des jeunes se disent ainsi inquiets pour leur situation financière.

Dans cette ambiance d’incertitude, de plus en plus de jeunes ont recours à une aide psychologique. En France, 30 000 étudiants se partagent un seul psychologue universitaire, d’après le rapport « En parler, mais à qui ? » de Nightline France, sorti le 17 novembre.

Cité par Le Figaro étudiant, Dr Dominique Monchablon prévient : « Les demandes de consultation ont doublé. Dans certaines structures, les délais d’attente sont de quatre ou cinq mois. Il y a un sous-équipement de prise en charge pour les étudiants. De nombreux psychologues ou psychiatres sont spécialisés auprès des enfants ou des adultes. Mais peu auprès des étudiants, des jeunes adultes », explique le médecin.

Quelques dispositifs d’aide pour les étudiants :

– La plateforme Tous étudiants informe des aides financières que les étudiants peuvent percevoir

– La psychologue Jessica Sautron propose, via la Fage, des consultations gratuites, du lundi au vendredi. Réservations

– La Fage a recensé les dispositifs d’écoute mis en place dans les universités

Nightline est un service d’écoute par et pour les étudiants

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