Deux récits réconfortants de guérison, de destinée et d’espoir

Les histoires vraies d'un âne, d'un cheval et des humains qui ont touché leur vie
Par Matthew John
8 avril 2022 Mis à jour: 8 avril 2022
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Entendre « Je t’aime » comme premiers mots prononcés par son enfant est une chose dont les mères ne peuvent que rêver.

Pour Tracy Austwick, le simple fait d’entendre un mot de sa fille a été un miracle. Les médecins avaient prédit qu’elle ne parlerait jamais, suite à une trachéotomie d’urgence après sa naissance prématurée, avancée de 14 semaines.

Bien plus surprenant encore, à qui ces mots étaient adressés : à un gentil baudet nommé Shocks. Tracy a entendu par hasard les mots d’affection qu’Amber a chuchoté à l’oreille de cet adorable animal. C’est donc cet âne qui, lorsque sa fille avait trois, a rendu le miracle possible.

« La petite fille qui devait apprendre à aimer » raconte l’incroyable histoire d’Amber, qui ne pesait que 1,2 kilo à la naissance, et de son amitié inattendue avec un âne en détresse.

L’histoire de l’animal, affectueusement surnommé « Shocksy », est une histoire incroyable. Celui-ci a été sauvé de la mort, quelques années avant de rencontrer Amber, par les bonnes âmes d’un sanctuaire animalier en Angleterre.

Shocks a été trouvé dans une ferme irlandaise avec une corde si serrée autour du cou qu’elle avait creusé sa chair. Son propriétaire insensible avait décidé de verser de l’eau de Javel sur les horribles blessures de la créature. Peu de gens s’attendaient à ce qu’il survive.

Si sa chair et sa fourrure ont réussi à se rétablir lentement au sanctuaire et dans ses pâturages luxuriants, le cœur de l’âne ne s’est pas rétabli aussi facilement. Le traumatisme l’a laissé timide et isolé. Les ânes sont des créatures étonnamment sociales, capables de jeux bruyants, de farces et d’amitiés profondes et durables.

Schocks a réussi a provoquer un changement chez Amber, et la réciproque est vraie. La petite fille a transformé son ami à quatre pattes.

La façon dont leurs vies se sont entremêlées est racontée dans un récit au suspense remarquable qui pousse le lecteur à se plonger dans l’histoire pour découvrir la suite. La façon dont les histoires de Shocks et d’Amber sont tissées ensemble est particulièrement efficace, et métaphorique en un sens. Nous suivons, au départ, deux points de vue distincts, qui alternent d’un chapitre à l’autre, avant de se fondre, comme leurs vies, en un tout magnifique.

Ce qui peut sembler moins évident au premier abord, c’est à quel point « La petite fille qui devait apprendre à aimer » est aussi une histoire de courage, non seulement de la part d’Amber et de sa sœur jumelle, Hope, mais aussi de ses parents.

Leur ténacité à faire tout ce qu’ils peuvent pour leur fille adorée, même face aux pronostics médicaux les plus décourageants, est à la fois rempli d’humilité et d’inspiration. Si nous pouvions tous être à moitié aussi attentifs, dévoués et désintéressés pour le bien des autres (ou même de nos propres enfants), le monde n’en serait que meilleur.

En définitive, l’histoire d’Amber est celle d’un triomphe, d’une guérison et d’un espoir. C’est une histoire capable d’attendrir les plus endurcis.

 

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Pour donner un peu de contexte au chiffre dérisoire que « Snowman » – le plus grand cheval de saut d’obstacles de son époque – a atteint (vous l’avez deviné, 80 dollars), considérez que le champion olympique de saut d’obstacles MHS Going Global a vendu le sien en 2016 pour 12 millions d’euros (environ 16,5 millions de dollars).

Le prix modique de Snowman reflète en effet ses débuts modestes et met en place l’extraordinaire histoire de l’enrichissement que Elizabeth Letts raconte de façon magistrale. L’histoire de ce cheval hongre est tout aussi inspirante et réconfortante que celle de l’âne d’Amber, mais cette fois, elle s’inscrit davantage dans le modèle du rêve américain.

(Les deux récits ont en commun le sentiment tacite, mais palpable, d’une main supérieure à l’œuvre, tant les amitiés qu’ils racontent sont incroyables).

Contrairement à ses congénères plus agiles, Snowman était un ancien cheval de trait, autrefois musclé et bien bâti, qu’un propriétaire anonyme avait abandonné aux enchères à l’automne 1956.

C’est alors que Harry deLeyer l’a trouvé, arrivant à la fin d’une vente aux enchères de trois heures, non désiré et emballé avec une quinzaine d’autres chevaux dans une vieille remorque cabossée destinée à l’abattoir.

M. deLeyer, qui avait développé un sens aigu des chevaux dans sa Hollande natale, quelques années auparavant, a remarqué Snowman pour son comportement calme. Alors que les sabots des bêtes abandonnées s’entrechoquaient de façon assourdissante sur le plancher métallique de la remorque, que la peur pulsait dans l’air, le hongre gris ne faisait pas attention à la tension et pointait tranquillement son nez hors des murs à lattes vers Harry.

Leurs regards se sont croisés, et M. deLeyer a senti une connexion. Il y avait une étincelle de vie dans les yeux du cheval gris, ce qui démentait sa terrible apparence – un pelage couvert de boue et de fumier, des plaies ouvertes sur les deux genoux, et des sabots envahis et fendus.

M. deLeyer a vu dans le cœur de l’animal. Il a vu de l’espoir dans ses yeux, du courage, de la confiance., de l’esprit. Peut-être même une touche d’humanité.

Comme Mme Letts l’écrit  : « Un cheval à vendre est plus qu’un animal en chair et en os. C’est aussi l’incarnation d’une promesse. En plus de ses attributs physiques – couleur du pelage, quatre pattes, un dos fort, une expression faciale – il porte aussi l’espoir : qu’il sera fort et courageux, fidèle et vrai. »

Quelle que soit la promesse de Snowman, elle a suffi pour que quelqu’un lui donne une seconde chance dans la vie.

M. deLeyer adonc déboursé 80 dollars et le reste, comme on dit, appartient à l’histoire. Un champion est, sinon né ce jour-là, du moins sauvé.

L’acte d’humanité de M. deLeyer n’a cependant pas porté ses fruits immédiatement. Il faudra attendre trois semaines pour que le cheval retrouve son pelage tacheté et marbré, et que son corps mal nourri reprenne du volume. Tout ce que M. deLeyer espérait, c’était un cheval d’entraînement calme qu’il pourrait utiliser à la Knox School de Long Island, dans l’État de New York, où il était instructeur d’équitation.

Mais le destin a voulu que Snowman – et son cœur surdimensionné – réserve plus d’une surprise à de M. De Leyer et sa compagnie, la plus grande étant sa prodigieuse capacité de saut.

En l’espace de quelques années, le couple va s’élever – ou plutôt « sauter », ce qui est plus approprié – jusqu’à la célébrité nationale, Snowman remportant même la Triple Couronne du saut d’obstacles en 1958, apparaissant dans le Johnny Carson Show, faisant la couverture du Life magazine et bénéficiant d’une audience internationale.

C’est une histoire presque trop magique pour être vraie, et un merveilleux rappel sur ce qu’il y a d’extraordinaire en chacun de nous. Il suffit d’une rencontre spéciale pour que cela émerge.

« Le champion à quatre-vingts dollars » (anglais seulement)
par Elizabeth Letts
Ballantine Books, 2012, 368 pages

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