Des dizaines de millions de Chinois sous le coup d’un nouveau confinement Covid-19 avant le début du congrès national du PCC

15 septembre 2022 Mis à jour: 15 septembre 2022
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Les écoles ont reporté leur réouverture. Les entreprises sont fermées. Les résidents font la queue pour faire un nouveau prélèvement de gorge.

Une fois de plus, des dizaines de villes chinoises renforcent les mesures de restriction Covid-19 à l’approche d’une importante réunion du Parti communiste chinois (PCC) qui se tiendra le mois prochain.

Un confinement d’une semaine a été prolongé le 8 septembre dans la métropole de Chengdu après la découverte de plus de cent cas de Covid-19. Le 1er septembre, les autorités ont ordonné aux 21 millions d’habitants de la ville de rester chez eux pendant trois jours afin de procéder à des tests de dépistage Covid-19 dans toute la ville. L’ordre a depuis été prolongé.

Lors de la réunion d’information tenue le 8 septembre, les autorités ont prolongé les mesures de confinement dans la plupart des zones car « le risque de transmission au sein de la communauté existe toujours dans certaines régions. » Chengdu, la plus grande ville à être confinée depuis que Shanghai a imposé des mesures de restriction pendant deux mois, n’a pas encore annoncé de plan de sortie.

Selon la plateforme d’information sur la santé du Quotidien du Peuple, le journal phare du PCC, au moins 34 villes chinoises, dont sept capitales provinciales, ont été soumises à un confinement partiel ou total depuis le 5 septembre. Ces villes sont réparties à travers tout le pays, du centre de production pétrolière de Daqing au nord au centre technologique de Shenzhen au sud.

Les restrictions Covid-19 ont perturbé la vie de 291,7 millions d’habitants, soit 20,7% de la population chinoise, a écrit la banque japonaise Nomura dans une note du 6 septembre. Nomura estime que les mesures de confinement ou de contrôle ont été appliquées à des degrés divers dans 49 villes chinoises, qui représentent 24,5% du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Cette fermeture généralisée intervient alors que le PCC se prépare au 20e Congrès du Parti, qui doit commencer le 16 octobre à Pékin. Au cours de ce conclave organisé deux fois par décennie, le dirigeant chinois Xi Jinping tentera d’obtenir un troisième mandat de cinq ans, un record. La nouvelle direction du Parti sera également annoncée.

Alors que Xi devrait assurer sa position, « les infections croissantes sont devenues la plus grande variable du Congrès du Parti », selon le commentateur chinois Wang He.

« Si l’épidémie frappait soudainement Pékin, le Congrès du Parti pourrait-il se poursuivre ? » a demandé M. Wang.

Des personnes font la queue pour se soumettre à un test de dépistage Covid-19 à côté d’une affiche de propagande mettant en scène le dirigeant chinois Xi Jinping à Pékin, le 31 août 2022. (Jade Gao/AFP via Getty Images)

Tests réguliers et restrictions de voyage

Depuis le début du mois de septembre, 29 des 31 provinces du pays ont signalé de nouvelles infections, a déclaré Mi Feng, porte-parole de la commission nationale de la santé, lors d’une conférence de presse tenue le 7 septembre.

Face aux défis posés par le variant Omicron du coronavirus, hautement contagieux, M. Mi a indiqué que les responsables devaient s’en tenir « sans faillir » à l’approche « zéro Covid » du régime. Cette politique rigoureuse a pour but d’éliminer toute infection au sein des communautés grâce à des tests réguliers, des quarantaines obligatoires et des mesures de confinement répétées.

Selon le fonctionnaire, les villes qui ne signalent aucune nouvelle infection doivent mettre en place un système de dépistage « normalisé ». Autrement dit, les résidents devront être testés régulièrement.

Cette décision, qui a suscité des critiques de la part des utilisateurs des médias sociaux chinois, marque un revirement de politique. La Commission nationale de la santé de Chine a fait savoir lors d’une conférence de presse tenue au mois de juin que le contrôle des résultats des tests Covid-19 « ne devrait pas devenir une nouvelle norme » dans les villes exemptes d’épidémies.

Un touriste effectue les formalités de pré-départ à l’aéroport de Sanya Phoenix alors que des vacanciers bloqués se préparent à quitter la station balnéaire de Sanya, sur l’île de Hainan, touchée par le Covid, le 9 août 2022. (STR/AFP via Getty Images)

Cependant, les autorités sanitaires ont annoncé le 8 septembre que les résidents qui voyagent en train, en avion, en bus longue distance et en ferry sont tenus de présenter la preuve d’un résultat négatif au test Covid-19 dans les 48 heures précédentes.

Les nouvelles restrictions prendront effet jusqu’au 31 octobre, couvrant ainsi les grands rassemblements du parti et les vacances à venir.

Les autorités ont demandé aux citoyens de ne pas se déplacer pendant le festival de la mi-automne, qui se déroulera du 10 au 12 septembre, et pendant les vacances prévues au début du mois d’octobre d’une durée d’une semaine.

À Pékin, les restrictions de voyage ont déjà été renforcées en début de semaine. Les personnes qui se sont rendues dans des divisions administratives de niveau départemental où un seul cas a été confirmé au cours d’une période de sept jours sont interdites d’entrée dans la capitale, a déclaré un porte-parole des autorités municipales lors d’un point de presse tenu le 3 septembre.

Coûts

Le coût du maintien de la stratégie zéro Covid du PCC ne cesse d’augmenter.

Le confinement imposé à des dizaines de millions de personnes en ce début d’année a affaibli l’économie chinoise, portant le taux de chômage des jeunes à un niveau record et incitant les entreprises étrangères à retirer leurs investissements du pays. Au vu du dernier confinement, les économistes ont encore revu à la baisse les prévisions de croissance économique de la Chine. Le 6 septembre, Nomura a réduit ses prévisions de PIB pour l’ensemble de l’année à 2,7%, contre 2,8% au mois d’août, ce qui est bien inférieur à l’objectif fixé par Pékin, à savoir « environ 5,5% ».

Des officiers de police vérifient les identités des conducteurs de véhicules sur un barrage routier soumis à des restrictions provoquées par une épidémie de Covid-19 à Chengdu, dans la province du Sichuan, en Chine, le 1er septembre 2022. (CNS/AFP via Getty Images)

Pourtant, le confinement apparemment interminable a infligé des souffrances aux habitants. À Chengdu, des vidéos virales diffusées sur les médias sociaux chinois montrent des personnes empêchées de fuir leur maison à la suite du tremblement de terre de magnitude 6,8 survenu en début de semaine.

Une femme de Guiyang, où plus de la moitié de la ville est confinée depuis le 5 septembre, a déclaré que de nombreuses personnes souffrent de pénuries alimentaires dans sa communauté. Elle vit dans la communauté de Huaguoyuan, qui compte environ 400.000 habitants.

« [Le confinement] a été très abrupt, et beaucoup n’ont pas eu le temps de s’approvisionner », a-t-elle déclaré à Epoch Times le 8 septembre. « Nous sommes dans une situation assez difficile ».

Contrôle

Les pétitionnaires et les dissidents affirment que les fonctionnaires utilisent les mesures de contrôle Covid-19 pour les tenir à l’écart de la scène publique et ne pas perturber le prochain congrès du PCC.

Yang Jiahao, un homme qui a été détenu pendant plus de 400 jours après avoir écrit et publié une lettre adressée au dirigeant chinois pour protester contre la décision des autorités locales concernant son procès, a prévu de se rendre à Pékin le 5 septembre dans l’espoir de demander justice.

Mais la pétition a dû être annulée. Il a constaté que son code inscrit sur l’application de surveillance sanitaire obligatoire est soudainement devenu rouge dans la matinée. M. Yang a expliqué qu’il avait été testé négatif le 4 septembre avant d’être convoqué par des responsables locaux plus tard dans la journée. Le code rouge signifie qu’il a perdu l’accès à tout, des toilettes publiques aux magasins en passant par les gares, et qu’il est soumis à une quarantaine obligatoire.

Le 8 septembre, M. Yang a confié à Epoch Times qu’il était actuellement placé en quarantaine à domicile, bien que son deuxième test, effectué le 8 septembre, ait donné un résultat négatif. Il a affirmé que les autorités avaient scellé sa porte avec du papier et installé des alarmes électroniques pour faire respecter la quarantaine à domicile, bien qu’il ne lui reste que peu ou pas de nourriture à la maison.

« Ils ont abusé (…) des données de prévention et de contrôle des épidémies, transformant mon code de santé en rouge et [appliquant] la quarantaine à domicile », a déclaré M. Yang. « Les méthodes qu’ils utilisent pour maintenir la stabilité sociale sont particulièrement diaboliques. »

Luo Ya, Gu Xiaohua, Xiao Lvsheng, Li Xi et Reuters ont contribué à la réalisation de cet article.

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