Des centaines de nouveaux cas d’hépatite infantile sévère d’origine inconnue

On s'interroge sur un éventuel lien avec le Covid
29 mai 2022 Mis à jour: 29 mai 2022
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Les autorités sanitaires ont reçu des rapports sur des centaines d’enfants à travers 33 pays, atteints d’une hépatite aiguë d’origine inconnue cliniquement plus sévère que les cas similaires précédents et avec une proportion plus élevée de jeunes patients développant une insuffisance hépatique.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré dans un communiqué le 27 mai qu’elle avait reçu des rapports sur 650 cas probables d’hépatite aiguë d’origine inconnue chez des enfants entre le 5 avril et le 26 mai. Ces rapports surviennent alors que les chercheurs envisagent un lien possible avec le Covid-19, la maladie causée par le virus du PCC (Parti communiste chinois).

« L’étiologie de cette hépatite aiguë grave reste inconnue et fait l’objet d’une enquête », a déclaré l’agence sanitaire. « Les cas sont plus graves cliniquement et une proportion plus élevée développe une insuffisance hépatique aiguë par rapport aux précédents rapports d’hépatite aiguë d’étiologie inconnue chez les enfants. »

Au 26 mai, 99 autres cas étaient en attente de classification, ce qui pourrait porter le nombre total de cas à 749, s’ils sont confirmés.

Près de 60% des cas signalés l’ont été en Europe, dont 222 au Royaume-Uni seulement. Sur les 240 cas signalés dans l’ensemble du continent américain, 216 ont été enregistrés aux États-Unis.

Le drapeau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à son siège à Genève, le 5 mars 2021. (Fabrice Coffrini/AFP via Getty Images)

Fin avril, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont émis une alerte sanitaire nationale concernant un groupe de neuf enfant en Alabama atteints d’une hépatite et d’une infection à adénovirus, sans cause connue.

Les enfants avaient entre un et six ans, tous en bonne santé auparavant, et cinq d’entre eux ont été admis à l’hôpital avec des lésions hépatiques importantes, dont certaines avec une insuffisance hépatique aiguë.

« Les virus de l’hépatite A, de l’hépatite B et de l’hépatite C ont été écartés », ont déclaré les CDC, ajoutant que tous les enfants ont été testés positifs à l’adénovirus.

L’agence a appelé les médecins à être attentifs aux symptômes et à signaler au service de santé local tout cas suspect d’hépatite d’origine inconnue. Les symptômes typiques sont une urine foncée, des selles claires, des vomissements et une jaunisse.

Lien avec le Covid-19 ?

Les CDC ont ensuite publié un rapport indiquant qu’aucun des enfants en Alabama n’avait été testé positif au Covid-19 lorsqu’ils ont été emmenés à l’hôpital. L’agence a également déclaré qu’aucun des enfants n’avait déjà présenté un cas documenté de SRAS-CoV-2, également connu sous le nom de virus du PCC, et qu’ils n’avaient pas été vaccinés contre le Covid-19.

Certaines recherches suggèrent qu’une infection par le coronavirus SRAS-CoV-2, jusqu’alors non reconnue, pourrait être à l’origine des mystérieux cas d’hépatite grave chez les enfants.

Selon une étude prépubliée récemment sur medRxiv, les enfants atteints de Covid-19 présentent un risque nettement plus élevé de dysfonctionnement hépatique par la suite.

Mais la plupart des enfants atteints d’hépatite aiguë – ce qui est généralement rare dans cette tranche d’âge – ne font pas état d’une infection antérieure par le SRAS-CoV-2. Au lieu de cela, la plupart d’entre eux ont été trouvés infectés par un adénovirus appelé 41F, qui n’est pas connu pour attaquer le foie.

Selon une autre équipe de chercheurs dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, les enfants concernés, dont beaucoup étaient trop jeunes pour être vaccinés, ont peut-être eu des infections légères ou asymptomatiques au Covid-19 qui sont passées inaperçues.

Selon une théorie avancée par ces chercheurs, les particules persistantes du coronavirus dans le tractus gastro-intestinal de ces enfants pourraient inciter le système immunitaire à réagir de manière excessive à l’adénovirus-41F en produisant de grandes quantités de protéines inflammatoires qui endommagent ensuite le foie.

« Nous suggérons que les enfants atteints d’hépatite aiguë fassent l’objet d’une recherche de la présence d’une persistance du SRAS-CoV-2 dans les selles » et d’autres signaux indiquant que les lésions hépatiques se produisent parce que la protéine spike du coronavirus est un « superantigène » qui sursensibilise le système immunitaire, ont déclaré les chercheurs.

D’autres experts ont avancé la théorie selon laquelle, en raison de la distanciation sociale et d’autres contre-mesures liées au Covid-19, les jeunes enfants ont eu moins de chances d’être exposés aux adénovirus, ce qui aurait contribué à renforcer leur immunité. Dans ce cas, le système immunitaire des enfants aurait réagi à une infection par adénovirus en produisant des protéines inflammatoires en excès.

D’autres études sont nécessaires pour confirmer l’une ou l’autre théorie, selon le Dr Rima Fawaz, spécialiste des maladies hépatiques pédiatriques à la Yale School of Medicine.

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