«Ils sont les derniers»: photos rares des éleveurs de rennes qui vivent dans le froid sibérien

2 août 2022 Mis à jour: 2 août 2022
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Frappé par la résilience du peuple Nenet, un groupe de bergers nomades sibériens qui endurent des températures de ‑50 C, un photographe italien s’est rendu trois fois sur leur terre pour honorer leur existence et la partager avec le monde dans une série de photos incroyables.

Alessandro Bergamini, 35 ans, de Finale Emilia, dans la province de Modène, en Italie, fait chaque année le tour du monde pour prendre des photos. Ses destinations passées comprennent l’Afghanistan, la Chine, l’Inde, le Myanmar (autrefois Birmanie), le Pérou et la péninsule de Yamal en Sibérie, cette dernière ayant été visitée en décembre 2018, 2019 et 2021.

Aujourd’hui, le peuple Nenet est confronté à des menaces de survie en raison des dommages écologiques causés par l’exploitation des gisements de gaz naturel et de pétrole de la région. M. Bergamini confie à Epoch Times qu’il n’a jamais vu de groupe de touristes lors de ses visites dans cet endroit isolé et glacial du nord de la Russie arctique.

« La principale chose qui m’a frappé est leur capacité à s’adapter à l’endroit le plus inhospitalier que j’ai jamais visité. Tout est difficile », explique‑t‑il. « Même marcher à l’extérieur par ces températures est incroyablement fatigant. On gèle ! Et la conscience qu’il s’agit d’un peuple destiné à disparaître d’ici quelques années m’a poussé à les photographier. Ils sont les derniers. »

« Ils vivent dans des conditions climatiques impossibles. Cela nous met à l’épreuve et nous fait réaliser à quel point il peut être fatigant de survivre, mais cela offre aussi des moments inoubliables et intimes, où le temps et le blanc se confondent. »

(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)

Bien qu’il ne sache pas exactement combien de Nenets il y a à Yamal, M. Bergamini affirme qu’ils vivent généralement en petits groupes familiaux de six à huit personnes. Lors de chacune de ses trois visites, le photographe a séjourné dans une famille d’accueil différente pour apprendre à connaître la vie dans la toundra. M. Bergamini était accompagné d’un interprète qui l’a aidé à communiquer avec les familles.

« On a eu besoin de moyens de transport spéciaux capables de résister à ces températures, et d’un équipement spécifique pour aller là où il n’y a pas de routes, seulement des étendues de blanc », raconte‑il. « Nous avons tous dormi ensemble. Le matin, tout est gelé à l’intérieur de la tente. La nourriture est à base de renne en ragoût, ou de poisson pêché et laissé à geler à l’extérieur. C’est un peuple travailleur, pas très sociable, mais néanmoins intéressant et hospitalier. »

Comme de nombreuses communautés tribales et traditionnelles, les Nenets vénèrent leurs aînés. L’une des expériences les plus mémorables de M. Bergamini à Yamal a été un moment partagé entre un grand‑père et son petit‑fils, le « passé et le futur » de la famille d’accueil du photographe.

« À l’intérieur de la tente, le vieil homme a essayé de nous mettre à l’aise en nous offrant de la nourriture et du thé chaud, et un abri contre le froid à la lumière d’une lanterne », se souvient‑il. « Il a essayé de nous parler de sa famille avec un chiot berger sur ses genoux, tandis que son neveu l’écoutait. »

(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)

Les Nenets survivent à des températures allant jusqu’à 50 degrés en dessous de zéro, et à seulement quelques heures de soleil par jour, à l’intérieur de tentes, ou « chums », fabriquées à partir de peaux de rennes dont ils font également des vêtements chauds. Ils vendent une partie de leurs rennes dans les villes qu’ils traversent afin de s’approvisionner en produits de base essentiels pour l’hiver.

La pêche sur glace constitue un autre aliment de base. Les Nenets percent l’eau gelée, harponnent les gros poissons et utilisent la chair pour préparer des soupes chaudes sur des poêles à bois à l’intérieur de leurs tentes.

« Tant que ceux‑ci sont allumées, le climat est assez accueillant », confie M. Bergamini. « Mais dès que vous vous couchez et qu’ils sortent, vous dormez à 20 degrés en dessous de zéro. »

(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)

Les Nenets changent d’endroit à la recherche de pâturages frais et de nourriture selon les changements de temps, à pied ou en traîneau. Les bébés et les enfants peuvent monter dans de petits chariots couverts pour les protéger du froid.

Au cours de ses voyages, M. Bergamini a également eu la chance d’assister à une migration de Nenets.

Aux premières lueurs du jour, les familles démontent leurs tentes selon « un système ordonné et rapide », en enroulant leurs peaux de rennes, en démontant les poteaux de bois, en soulevant le plancher, en rassemblant leurs réserves de nourriture, puis en chargeant leurs traîneaux et en attachant les bébés et les enfants. Avant le coucher du soleil, ils rassemblent leurs rennes – avec l’aide de chiens dressés qui récupèrent les rennes au pâturage dans la toundra – et se mettent en route pour un voyage de plusieurs kilomètres.

« Le froid pendant le voyage est à la limite du supportable », raconte le photographe. « Une fois qu’ils ont choisi la nouvelle zone, en une heure ou deux, les tentes sont remontées dans l’obscurité. Enfin, un feu peut être allumé pour se réchauffer. »

(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)

Cet Italien a commencé à prendre des photos dans sa vingtaine avec le vieil appareil reflex de son père, voulant documenter les lieux qu’il visitait et les personnes qu’il rencontrait. Sa passion pour « capturer l’essence du voyage » à travers des photos s’est transformée en une carrière.

Il partage ses clichés préférés sur Instagram, dans des collections et des concours imprimés, ainsi que lors de festivals photo et d’expositions. Les photos de M. Bergamini à Yamal appartiennent à une collection de portraits célébrant la diversité culturelle, intitulée, « Humanité ».

« Mon inspiration n’est pas quelqu’un mais quelque chose », explique‑t‑il à Epoch Times. « La curiosité d’un mode de vie différent du mien dans un endroit aussi inhospitalier et humainement difficile, et la volonté de témoigner de leur existence en la racontant, par l’image. »

Découvrez d’autres de ses photographies ci‑dessous :

(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)
(Avec l’aimable autorisation d’Alessandro Bergamini)

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