Les députés européens estiment que Pékin doit stopper les prélèvements forcés d’organes

2 décembre 2021 Mis à jour: 2 décembre 2021
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Certains membres du Parlement européen exigent que des mesures soient prises pour lutter contre les prélèvements d’organes. En effet, des experts ont témoigné lors d’une audience de la sous-commission le 29 novembre et confirmé que le régime communiste chinois prélevait, à grande échelle, des organes sur des prisonniers de conscience.

Sir Geoffrey Nice, conseiller de la reine, qui a présidé le China Tribunal 2019, un tribunal international indépendant chargé d’enquêter sur les prélèvements forcés d’organes, a déclaré devant la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen le 29 novembre : « Nous sommes arrivés à la conclusion, au-delà de tout doute raisonnable, que le prélèvement forcé d’organes est prouvé. »

« Cela signifie capturer des gens, les [pratiquants de] Falun Gong, les tuer, prélever tous leurs organes pour les vendre sur le marché à des fins lucratives. »

Le China Tribunal a conclu dans son rapport 2019 que les prélèvements forcés d’organes avaient lieu en Chine depuis des années « à une échelle significative. » Le rapport (pdf) indique qu’il est « certain » que les organes proviennent de pratiquants du Falun Gong emprisonnés et qu’ils sont « probablement la source principale ».

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est une discipline spirituelle comportant des exercices de méditation et des enseignements moraux. En juillet 1999, le régime chinois a lancé une vaste campagne visant à arrêter les pratiquants et à les jeter dans des prisons, des camps de travail, des centres de lavage de cerveau et des services psychiatriques, dans le but de les forcer à renoncer à leur foi.

C’est en 2006 que des allégations de prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong en détention sont apparues pour la première fois.

Le régime chinois réalise d’énormes profits en approvisionnant ainsi son industrie de transplantation d’organes. D’après les estimations de Sir Geoffrey Nice, le corps de chaque victime pourrait générer jusqu’à environ un demi-million de dollars lorsqu’il est pleinement exploité.

Au début du mois, les autorités chinoises ont publié une liste de prix de différents organes à transplanter, comme 15 600 dollars pour un cœur, ce qui a suscité des critiques de la part des experts de la santé, qui ont déclaré que le régime communiste tentait d’étouffer ses abus en matière de transplantation.

Martin Elliott, professeur de chirurgie cardiothoracique pédiatrique à l’University College de Londres, qui faisait partie du panel du tribunal, a présenté aux législateurs européens différents types de preuves sur lesquelles le tribunal s’était appuyé pour parvenir à sa conclusion. Par exemple, le « nombre de donneurs enregistrés a toujours été nettement inférieur au nombre de transplantations effectuées » en Chine, ce qui signifie qu’il existait « une réserve cachée de donneurs », a-t-il déclaré.

« À l’époque, les transplantations étaient de l’ordre de 60 000 à 90 000 par an », a précisé M. Elliott.

Il a ajouté que les prisonniers d’opinion étaient soumis à des tests médicaux, ce qui confirme l’existence de pratiques macabres :

« Nous avons entendu d’autres témoignages selon lesquels ces détenus ont été soumis à des tests sanguins pour des raisons incertaines, [et] à des échographies de leurs organes. »

Ces tests sont utilisés si l’on veut « établir que les prisonniers sont en bonne santé ou bien portants, ou que leurs organes sont en bon état », a-t-il précisé.

Étant donné que de nombreux détenus ont été soumis à la torture dans ces établissements, « il est difficile d’imaginer » que les tests avaient un autre but que de vérifier la santé des organes, a conclu le professeur.

Depuis des années, la Chine est une destination de choix pour le tourisme de transplantation, car les hôpitaux chinois offrent des délais d’attente de quelques jours seulement. En revanche, dans les pays occidentaux, le temps d’attente typique pour une transplantation d’organe est de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Des temps d’attente aussi courts en Chine, selon M. Elliott, ne peuvent « s’expliquer que par un réservoir latent de donneurs ».

Récemment, plusieurs assemblées législatives d’États américains ont adopté des résolutions mettant en garde les citoyens américains contre les voyages en Chine destinés au tourisme de transplantation. Selon une résolution de l’État du Texas adoptée en juin, se rendre dans ce pays à cette fin revient à « s’impliquer involontairement dans un meurtre ».

Isabel Santos, une femme politique portugaise et membre de la sous-commission de l’UE, a déclaré par l’intermédiaire d’un traducteur que le chiffre annuel des transplantations présenté par M. Elliott « montre vraiment l’échelle industrielle » des pratiques de prélèvement d’organes en Chine.

« Cela nous montre vraiment à quel point il est urgent pour nous de réfléchir à une action commune. Il ne peut s’agir uniquement d’une action de l’UE. Il faut une action conjointe de toutes les organisations internationales pour lutter contre ce fléau », a déclaré Mme Santos.

« Nous devons également criminaliser ceux qui profitent ou se servent de cette pratique. Cela semble être le seul moyen de lutter contre ce type de crime. »

María Soraya Rodríguez Ramos, une femme politique espagnole et membre de la sous-commission, a déclaré par l’intermédiaire d’un traducteur que le prélèvement d’organes en Chine était vraiment « un meurtre à l’échelle industrielle ». Elle a également demandé que l’UE renforce la protection juridique afin de garantir qu’« aucun de ces organes ne parvienne à nos États membres. »

Dominic Porter, chef de la division « Chine, Macao, Taïwan et Mongolie » du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), a déclaré à la sous-commission que le ministère des affaires étrangères avait « exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes » concernant le « secret » entourant les statistiques chinoises sur la peine de mort et les transplantations d’organes.

« Je tiens donc à préciser que l’UE a condamné dans les termes les plus forts la pratique criminelle, inhumaine et contraire à l’éthique du prélèvement forcé d’organes », a déclaré M. Porter.


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