Dans les moments difficiles de la vie de nos enfants, il est possible de leur enseigner la résilience

5 décembre 2019 Mis à jour: 22 avril 2021
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J’étais dans une bibliothèque publique, feuilletant Win at Losing : How Our Biggest Setbacks Can Lead to Our Biggest Gains, de Sam Weinman (gagner à perdre : comment nos plus gros revers peuvent générer nos plus grands gains), quand mes doigts se sont arrêtés sur un chapitre. J’ai trouvé une chaise, j’ai lu pendant quelques minutes et je me suis souvenu de Susan Lucci.

De 1970 à 2011, Susan Lucci a joué Erica Kane dans le feuilleton La Force du destin. Bien que je n’aie jamais vu cette émission, Susan Lucci est un nom familier, non pas pour son rôle à la télévision, mais parce que pendant 18 ans, elle a été reçue au Daytime Emmy pour tenter de décrocher le prix de la « Meilleure actrice dans une série télévisée » et pendant 18 ans, elle est repartie de la cérémonie sans aucun trophée. Sa série de défaites est devenue légendaire, une métaphore nationale appliquée à d’autres perdants. Comme Sam Weinman l’écrit, les Chicago Cubs étaient la « Susan Lucci du baseball », les Buffalo Bills la « Susan Lucci du football » et Martin Scorsese la « Susan Lucci » des Oscars.

Et puis, la 19e année, Susan Lucci a gagné cet Emmy tant convoité.

Dans ce court chapitre, Sam Weinman nous présente une femme qui, bien qu’amèrement déçue par l’échec, n’a jamais abandonné et laisse rarement les autres voir sa douleur. Année après année, elle est revenue des Emmy, a fermé la porte de sa chambre pour cacher ses larmes à ses enfants, a pleuré, puis est retournée au travail le lendemain, déterminée à faire de son mieux.

Selon Sam Weinman, l’exemple de Susan Lucci a profondément influencé ses enfants, en particulier son fils Andreas, qui « soutient que l’expérience de sa mère s’est avérée instructive sur la façon de surmonter les obstacles, même si ce n’était pas quelque chose qu’elle voulait explicitement transmettre ».

Ce qui m’amène à la jeunesse d’aujourd’hui.

La plupart d’entre nous avons des enfants, des petits-enfants, des neveux et des nièces, et d’autres jeunes dans notre orbite qui souffrent de déceptions. John, qui a passé des heures à s’entraîner pendant l’été, a été expulsé de l’équipe de football. Julie a passé sa saison de football à s’échauffer sur le banc. Amanda, une élève de CE1, est rentrée de l’école en pleurant parce qu’elle a été punie pour être trop bavarde en classe. Becky, 10 ans, n’a pas été invitée à une fête d’anniversaire à laquelle participent ses amis. Son frère aîné Doug obtient des notes inacceptables de C aux tests de mathématiques. Samantha a passé des années à attendre d’être admise à un concours, mais on lui refuse l’admission.

Lorsque ces problèmes surviennent, la plupart d’entre nous veulent se précipiter pour défendre nos enfants. Nous disons à John et Julie que leurs entraîneurs sont des idiots. Nous rencontrons l’enseignante d’Amanda pour nous plaindre de sa punition, et nous appelons la maman de la fête d’anniversaire pour lui demander pourquoi Becky a été exclue de la liste des invités. Nous avons consolé Doug et Samantha en leur disant qu’ils sont aussi bons que les autres.

Ce désir de protéger nos enfants est un instinct naturel.

Mais est-ce bon pour eux à long terme ?

Cherchez sur Google : « Les étudiants sont-ils préparés socialement et émotionnellement pour l’université ? » et un chœur de réponses négatives apparaît. Quand l’échec vient frapper à la porte, comme tant d’étudiants de première année, ces étudiants stressés et anxieux ne savent pas comment en supporter les conséquences. Ils sont étrangers à ce sentiment horrible qu’on appelle « tomber la tête la première ».

Il leur manque un ingrédient clé pour réussir à l’école et dans la vie : la résilience.

La résilience vient du latin « resilire », qui signifie « refaire surface » ou « battre en retraite ». Les gens qui n’ont jamais étudié dans cette autre classe, « l’école des coups durs », manquent d’un outil vital pour réussir un cours de chimie avec une moyenne exceptionnelle. Même un petit contretemps peut les mettre à genoux.

Notre responsabilité

Une partie de leur manque de résilience est due à notre propre comportement. Ceux d’entre nous qui font face aux malheurs de nos jeunes empruntent un chemin difficile. Quand quelque chose tourne mal, notre instinct de protection est activé, et nous voulons les protéger des coups de la vie.

Cette approche de mère ours peut avoir des conséquences à long terme. Un jour, par exemple, un homme adulte aujourd’hui décédé m’a raconté que ses parents ont toujours été de son côté contre les enseignants, peu importe les circonstances. Il était fier de leur défense.

C’était probablement une mauvaise conception. Vu l’histoire de cet homme, cette attitude avait été une mauvaise idée.

Non, si nous voulons construire la résilience de nos jeunes, nous devons parfois résister à cette envie d’éliminer tous les obstacles de leur chemin, pour devenir ce que certains appellent maintenant des « parents moissonneurs ». Nous pouvons leur offrir de l’aide, mais nous devons ensuite nous retirer et leur permettre d’affronter les problèmes auxquels ils sont confrontés par eux-mêmes. Cette lutte contre l’adversité, avec des attentes et des plans qui ont mal tourné, peut leur donner un sentiment d’indépendance, leur faire comprendre que l’échec n’est pas un ennemi, à condition de tirer des leçons de l’expérience.

Dans The Obstacle Is the Way : The Timeless Art of Turning Trials into Triumphs, (Traduit de l’anglais : « L’obstacle est la voie : l’art intemporel de transformer des échecs en triomphes ») Ryan Holiday écrit que « les obstacles sont vraiment des occasions de s’essayer soi-même, d’essayer de nouvelles choses, et finalement de réussir ». Nous surmontons ces obstacles à l’aide de nombreux outils, notamment la résilience et la persévérance, que les Allemands appellent, comme M. Holiday nous le dit, « sitzfleisch » : le pouvoir de la permanence.

Ryan Holiday raconte de nombreux exemples d’êtres humains qui possédaient sitzfleisch, de Amelia Earhart à Erwin Rommel, d’Abraham Lincoln au boxeur Jack Johnson. Mon exemple préféré de Ryan Holiday est une anecdote au sujet de Thomas Edison qui, un soir, a couru de chez lui à son usine de recherche et de production après avoir appris qu’elle avait pris feu. Les flammes, alimentées par les produits chimiques des différents bâtiments, ont rapidement atteint sept ou huit étages.

« Edison s’est dirigé calmement, mais rapidement vers le feu, en croisant des centaines de spectateurs et d’employés dévastés, à la recherche de son fils. ‘Va chercher ta mère et tes amis’ », avait-il dit à son fils avec une émotion enfantine. « Vous ne verrez plus jamais un feu comme celui-ci. »

C’était la résilience en abondance.

Et si nous devenons des experts en résilience, l’échec peut devenir un excellent professeur. L’étudiant en histoire qui passe toute sa nuit pour écrire 800 mots sur Napoléon et remet son essai au professeur le matin, pour le voir ensuite couvert d’encre rouge et obtenir une mauvaise note, est capable d’endurer une telle leçon ainsi qu’une mauvaise note. Il récupère et la prochaine fois, il commencera son essai une semaine avant la date prévue.

La prochaine fois que votre élève de deuxième année du collège joue avec la Xbox toute la nuit et échoue à son test de biologie, ou que votre fille oublie d’apporter à l’école les devoirs de mathématiques que l’enseignant vérifie quotidiennement, faites une pause et réfléchissez avant de décider si vous comptez intervenir.

Apprendre à prendre ses responsabilités et à se remettre d’un échec peut être douloureux, mais son appropriation est l’une des clés d’une vie réussie.

Jeff Minick a quatre enfants et un nombre croissant de petits-enfants. Pendant 20 ans, il a enseigné l’histoire, la littérature et le latin en cours à domicile à Asheville, en Caroline du Nord. Aujourd’hui, il vit et écrit à Front Royal, en Virginie, aux États-Unis.

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