Coronavirus: le voile se lève peu à peu sur les contaminations dans l’Oise

29 février 2020 Mis à jour: 1 mars 2020
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Avec 36 cas sur un total de 100 en France, l’Oise est le principal foyer de propagation du nouveau coronavirus, et si on ne connaît toujours pas le « patient zéro » qui en est à l’origine, des détails se dessinent sur la manière dont la maladie s’y est transmise.

« Cet important cluster (foyer de cas groupés, ndlr) est désormais de 36 cas au total – donc plus 18 par rapport à hier – par des contacts professionnels et familiaux », a déclaré samedi soir le N. 2 du ministère de la Santé, Jérôme Salomon.

« L’enquête toujours en cours a découvert que deux personnes ont été malades assez précocement début février, exposées sans doute à un malade antérieur qui reste à définir et qui serait le patient zéro », a expliqué le Pr Salomon.

Au sein du cluster de l’Oise, on compte « dix personnels contaminés, civils et militaires », sur la base aérienne de Creil.

L’un des deux malades précoces « a des contacts réguliers avec une amie qui travaille sur la base (…). C’est donc l’hypothèse retenue pour la circulation du virus sur la base aérienne de Creil », selon le Pr Salomon.

Des questions avaient émergé ces derniers jours sur l’éventualité d’une contamination liée à une mission militaire qui avait rapatrié des Français depuis Wuhan, épicentre de l’épidémie en Chine. « La piste d’un vol de retour de Wuhan et contaminant doit être abandonnée », a assuré le Pr Salomon. « Ce vol n’avait à bord aucun passager positif (…), toutes les personnes avaient été testées à deux reprises et les équipes à bord avaient été protégées et surveillées pendant 14 jours », a-t-il ajouté.

La découverte du cluster de l’Oise est partie de l’identification de deux malades.

D’une part, un professeur de technologie de 60 ans, habitant à Vaumoise et enseignant à 8 km de là, à Crépy-en-Valois, qui est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à la Pitié-Salpêtrière à Paris.

D’autre part, un chauffeur de 55 ans travaillant, comme civil, sur la base militaire de Creil et habitant La Croix-Saint-Ouen. D’abord hospitalisé à Compiègne, il a ensuite été transféré à Amiens, en réanimation et dans un état grave.

Les cas liés à la chaîne de contamination de l’Oise ne se trouvent pas tous dans le département, puisque certains ont pu le quitter après avoir été infectés. Certains sont donc hospitalisés dans plusieurs autres endroits de France, dont Nantes, Lille, Dijon ou Paris.

La situation dans l’Oise a conduit le gouvernement à adopter samedi des mesures plus strictes pour ce département que pour le reste du pays.

« Tous les rassemblements » y seront « interdits jusqu’à nouvel ordre », selon le ministre de la Santé Olivier Véran.

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