Coronavirus: des parents américains refusent d’appliquer les règles de la garde partagée

19 avril 2020 Mis à jour: 19 avril 2020
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Cela fait plus d’un mois que la fille de Jennifer Leeper, Chloé, âgée de 12 ans, n’a pas vu son père, en dépit d’une ordonnance du tribunal prévoyant une garde alternée un week-end sur deux et une visite une nuit par semaine. 

Mme Leeper, 48 ans, professeure d’école primaire à Sacramento, refuse d’appliquer l’accord légal sur la garde de son enfant par peur que sa fille puisse être contaminée par le coronavirus chez son père.

Une histoire de plus en plus commune alors que les parents divorcés doivent trouver un équilibre pour se partager la garde de leurs enfants.

Se tenir aux engagements légaux concernant les visites

A travers le pays, des associations d’avocats, des Etats et des comtés ont pour la plupart conseillé aux parents de se tenir, dans la mesure du possible, à leurs engagements légaux concernant les visites.

Pour Jennifer Leeper, ça n’a pas été possible. Elle et sa fille n’ont pas quitté leur maison depuis la mi-mars. Son ex-mari, entrepreneur dans la construction, qui vit à deux heures de chez elles, a continué à travailler et à voir des gens. Ces choix exposent les trois à de forts risques selon Mme Leeper, et encore plus pour son ex-mari qui a des antécédents médicaux.

« Je préfère que Chloé reste avec moi jusqu’à ce que la situation se calme. On pourra rattraper le temps perdu quand ça sera fini », ajoute-t-elle.

Ignorer les droits de visites jouer avec le feu

Si cette inquiétude peut être légitime, Ronald Brot, un avocat spécialisé dans le droit de la famille au cabinet Brot Gross & Fishbein, prévient que les parents qui choisissent d’ignorer les droits de visites jouent avec le feu.

« Sur le long terme, les parents qui profitent d’un avantage arbitraire vont finir par perdre », met en garde M. Brot, soulignant que certains parents peuvent avoir un sentiment d’impunité car la plupart des tribunaux familiaux ne gèrent que les urgences en ce moment.

Exemple le bon jugement des personnes

« Le flux de la justice dans les tribunaux a été fortement réduit. Les tribunaux ont peu de créneaux disponibles, principalement pour les urgences. Et savoir si un enfant devrait être confié ou pas pour une visite n’est généralement pas considéré comme une urgence », note-t-il.

« Des parents profitent de cet avantage »

« Donc on a des parents qui profitent de cet avantage et qui se soucient très probablement assez peu du Covid-19, objectivement », assure l’avocat.

Stephanie Williams, une avocate en droit de la famille à Sacramento, confirme que les parents qui se retrouvent sans pouvoir voir leurs enfants parce que leur ex-conjoint n’autorise pas les visites sous prétexte du coronavirus n’ont pas beaucoup de recours légaux.

Kathy Tynus, une médecin de 55 ans à Chicago, mère d’un adolescent de 17 ans, confie pour sa part que le respect de la garde partagée a conduit son fils à devoir être en quarantaine, seul.

« Mon ex-mari testés positif »

Un collègue de son ex-mari a été testé positif au Covid-19. « Ils ont testé tout le monde dans son bureau et plusieurs personnes, dont mon ex-mari et sa petite amie avec qui il vit, ont été testés positifs », détaille-t-elle.

Autre exemple de garde partagée

Mme Tynus a demandé à son fils de se confiner seul dans une résidence qu’elle possède. Il a été testé négatif quelques jours plus tard mais continue de surveiller d’éventuels symptômes, raconte-t-elle.

Un autre problème dans la question des gardes partagées est d’avoir assez d’argent, en particulier en pleine crise économique, pour engager un avocat face à un ex-conjoint refusant de respecter les droits de visite.

« Je peux aller devant un tribunal mais cela va me coûter beaucoup d’argent, que je n’ai pas en ce moment », indique Kairi Coleman, 43 ans, qui vit dans le quartier du Queens à New York et n’a pas vu son fils depuis un mois.

 

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