Comment la CBC a failli à ses propres normes journalistiques dans son reportage sur Epoch Times

8 mai 2020 Mis à jour: 9 mai 2020
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Dans ses récents reportages sur Epoch Times, le radiodiffuseur national du Canada a manqué à ses propres normes journalistiques, et ce, à plusieurs égards.

Récemment, la CBC a diffusé sur ses différentes plateformes, incluant la radio, la télévision et le web, de multiples contenus au sujet d’une édition spéciale, produite et distribuée par Epoch Times, portant sur la pandémie.

La rédactrice en chef d’Epoch Times Canada, Cindy Gu, a fortement critiqué la CBC pour avoir promu l’idée selon laquelle l’édition spéciale serait raciste et xénophobe, pour avoir fait un reportage partial et pour avoir allégué que le cahier avance une théorie de la conspiration. Mme Gu a publié une déclaration relevant que le régime communiste chinois n’est pas le peuple chinois, et que l’édition spéciale s’intéresse à la gestion de l’épidémie de coronavirus par le régime, et non par le peuple chinois.

Mme Gu a également relevé que l’allégation de théorie de la conspiration de la CBC s’appuie sur des opinions sans fondement, celle d’un individu ayant reçu le journal et celle d’un facteur qui a gardé l’anonymat, selon lesquelles l’édition spéciale affirmerait que le virus a été « fabriqué » et qu’il « fait partie d’un programme de guerre biologique du peuple chinois ».

Un certain nombre de journalistes ont condamné le reportage de la CBC, qui a fait également l’objet d’un article d’opinion publié en première page du National Post le samedi 2 mai.

Selon les biographies de deux des trois journalistes de la CBC publiées sur Twitterces derniers se vouent à la lutte contre la désinformation relative à la pandémie de Covid-19. L’un d’eux serait journaliste senior.

Page couverture de l’édition spéciale d’Epoch Times distribuée le 13 avril 2020.

En s’en prenant aux reportages d’Epoch Times et en les stigmatisant, les journalistes ont, à leur insu, eux-mêmes participé à une campagne de désinformation – celle menée par Pékin pour étouffer toute critique pouvant exposer son mauvais comportement, sous prétexte de racisme.

« Des journalistes qui comprennent les points de conjoncture entre la géopolitique et la guerre de l’information auraient fait des reportages tout à fait différents », a déclaré Marcus Kolga, expert de la désinformation étrangère, sur Twitter, en réaction à l’un des articles de la CBC. « La propagande de la République populaire de Chine (RPC), selon laquelle critiquer le gouvernement chinois est du ‘racisme’, est répétée sans critique, et la désinformation de masse de la RPC n’est pas mentionnée. »

Dans un précédent article paru dans The Maclean’s, M. Kolga, qui est chercheur principal à l’Institut Macdonald-Laurier, a écrit que « les régimes autoritaires qualifient souvent de ‘racistes’ les critiques étrangères de leurs politiques, afin de les délégitimer et de polariser le débat ».

En ce qui a trait au Parti communiste chinois (PCC), cette stratégie a débuté dans les années 1990, à la suite du massacre de la place Tian’anmen, par le biais de campagnes de propagande et d’éducation lancées par le dirigeant de l’époque, Jiang Zemin. Le but était de faire accepter l’idée que le PCC et la Chine ne faisaient qu’un.

Depuis deux décennies, Epoch Times, fondé par des immigrants chinois ayant fui l’oppression communiste dans leur pays, fait des reportages sur la désinformation du régime de Pékin. Depuis le début de la pandémie, en s’appuyant sur des sources en Chine, Epoch Times publie des reportages exclusifs sur la désinformation et la dissimulation par le régime.

Par exemple, au début du mois de février, les journalistes d’Epoch Times ont téléphoné à des funérariums de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie en Chine, et ont obtenu des témoignages d’employés à propos du nombre de corps incinérés, montrant que le bilan des morts est d’une ampleur supérieure à ce que le régime avait admis. Et, au moment où la CBC s’en prenait à Epoch Times, l’hebdomadaire a publié un article basé sur des documents ayant fait l’objet d’une fuite montrant que pendant des jours, Pékin savait que le virus était contagieux, mais n’a rien dit.

Au cours de cette période, avant même de s’attaquer à Epoch Times, la CBC a publié des articles façonnés par la désinformation du régime chinois à propos du nombre d’infections en Chine.

Par exemple, le 31 mars, le radiodiffuseur a publié un article intitulé « Canada’s next-door neighbour is now the epicentre of global pandemic. Here’s what that U.S. surge means » (Le voisin du Canada est maintenant l’épicentre de la pandémie mondiale. Voici ce que signifie cette flambée aux États-Unis). Ce titre suppose que les nombres d’infections déclarés par les gouvernements de Chine et d’Iran sont corrects, alors qu’il est prouvé que ces deux gouvernements ont menti sur leurs données et que leurs taux d’infection pourraient être bien plus élevés que ceux aux États-Unis.

Dans ses reportages sur Epoch Times, la CBC reprend également un terme calomnieux utilisé par le PCC contre les pratiquants de Falun Gong. En répétant les qualificatifs utilisés par un régime qui torture et tue les pratiquants de Falun Gong en Chine depuis plus de deux décennies, la CBC contribue à répandre la propagande haineuse de ce régime – ce qu’elle reproche pourtant à Epoch Times dans ses reportages biaisés. Les pratiquants de Falun Gong, partout dans le monde, y compris au Canada, trouveraient le terme désobligeant et blessant.

Ce que couvre l’édition spéciale

L’édition spéciale d’Epoch Times est un cahier de huit pages distribué dans différentes régions du pays. Selon la rédactrice en chef, Cindy Gu, cela a été fait parce que le média estime « qu’il est important que cette information soit connue des Canadiens », et fait également partie des efforts d’« échantillonnage » visant à accroître la notoriété de la marque et attirer de nouveaux abonnés.

La police paramilitaire chinoise porte des masques de protection en gardant l’entrée de la Cité interdite à Pékin le 2 mai 2020. (Kevin Frayer/Getty Images)

La page couverture de l’édition spéciale titre « Comment le Parti communiste chinois a mis le monde en danger », et sous-titre : « La dissimulation du Parti communiste chinois a conduit à une pandémie qui menace maintenant la vie des gens dans le monde entier. Que s’est-il réellement passé, et quelles leçons pouvons-nous en tirer ? »

L’édition spéciale aborde les sujets suivants :

– un article sur la façon dont la dissimulation initiale du virus par Pékin a conduit à une pandémie mondiale ;

– un article sur l’annulation de 21 millions de comptes de téléphones portables en Chine, mis en perspective avec le nombre réel de personnes décédées du coronavirus, Pékin n’ayant pas publié les nombres réels de cas et de décès ;

– une chronologie des événements clés montrant comment le régime chinois a empêché que les informations sur l’apparition du virus ne soient rendues publiques, y compris par la sanction des sonneurs d’alerte, ainsi que les principales mesures prises par les responsables taïwanais et canadiens afin de lutter contre l’épidémie et l’ampleur de la pandémie dans les deux pays ;

– un article examinant les mesures initiales prises par le Canada pour faire face à l’épidémie, et incluant l’opinion d’un sénateur canadien à l’effet qu’une action plus rapide aurait pu réduire les taux d’infection ;

– un article sur des travaux de recherche portant sur la manière dont 10 000 faux comptes Twitter liés à Pékin sont utilisés pour diffuser de la désinformation sur l’origine de l’épidémie ;

– un article sur les mesures prises par des législateurs américains pour demander à Pékin de rendre compte de son rôle dans la dissimulation de l’épidémie ;

– un article sur comment des urnes livrées à un funérarium de Wuhan révèlent un nombre de décès beaucoup plus élevé que celui publié par les autorités ;

– une version de l’édition spéciale du début du mois d’avril comprenait un article d’opinion citant l’ancien ministre chinois de la Défense discourant sur la nécessité d’armes biologiques. L’auteur demande une enquête sur l’origine du virus ;

– des articles éditoriaux sur les raisons pour lesquelles le coronavirus devrait être appelé le virus du PCC et sur comment les pays et régions ayant des liens plus étroits avec le régime chinois ont été les plus touchés au début de l’épidémie.

Reportage partial de la CBC

Le matin du 29 avril, la CBC a diffusé un contenu radio à propos de l’édition spéciale et a publié son premier article en ligne à 4 heures le matin du même jour.

Le titre original de l’article se lisait ainsi : « ‘Raciste et incendiaire’ : les Canadiens contrariés par Epoch Times qui prétend que la Chine serait derrière le virus, qu’elle en aurait fait une arme biologique ».

Le paragraphe d’introduction indique qu’Epoch Times est « critiqué pour avoir avancé une théorie de la conspiration sur l’origine du coronavirus », mais l’article ne fournit aucune preuve de cette affirmation.

Contrairement à ce que prétend son titre, il n’apporte pas non plus de preuve sur ce que les Canadiens, ou une majorité d’entre eux, pensent de l’édition spéciale.

Au lieu de cela, il cite une personne de Kelowna ayant reçu l’édition spéciale qui disait : « [le journal] semblait faire allusion à des théories de la conspiration comme, vous savez, que [le virus] aurait été fabriqué. »

« Est-ce bien l’opinion de cette seule personne qui est à l’origine du gros titre parlant au nom de tous les Canadiens ? » a demandé Mme Gu dans sa déclaration.

L’article cite un facteur anonyme qui dit ne pas vouloir livrer l’édition spéciale à la population et est cité comme ayant dit que l’édition fait « partie d’un programme du peuple chinois [pour inventer une histoire de] guerre biologique ». L’édition spéciale ne fait cependant pas une telle affirmation. Une fois de plus, les journalistes et les rédacteurs de la CBC n’ont pas examiné ni présenté de preuves à l’appui de cette allégation.

La CBC cite ensuite un scientifique qui dit qu’il y a un large consensus sur le fait que le virus ne serait pas « fabriqué ». Encore une fois, l’édition spéciale n’a pas prétendu que le virus a été conçu.

L’article n’examine pas le contenu de l’édition spéciale. Il l’effleure à peine avec une photo de l’article d’opinion intitulé « Les ambitions de la Chine en matière d’armes biologiques ».

Dans l’article d’opinion, l’auteur cite un ancien ministre chinois de la Défense discourant sur les armes biologiques. À la fin de l’article, l’auteur relève que les autorités chinoises n’ont pas été transparentes au sujet de l’épidémie et demande une enquête.

« Il doit y avoir une enquête sur l’épidémie de Wuhan », affirme l’auteur. « Si les responsables chinois sont innocents, ils n’auront rien à cacher. S’ils sont coupables, ils refuseront de coopérer. »

Le 2 mai, le média australien Daily Telegraph a publié un article portant sur un rapport de l’alliance des services de renseignement du Groupe des Cinq (Five Eyes Intelligence Alliance), dont le Canada est membre, selon lequel la Chine a délibérément supprimé ou détruit des preuves du virus dans le cadre d’une « attaque contre la transparence internationale », qui a coûté des dizaines de milliers de vies. Le rapport comporte également des sections qui évoquent l’hypothèse d’une fuite du virus du laboratoire, et note que le laboratoire mène des recherches sur les virus liés aux chauves-souris depuis des années. Le 4 mai, The Guardian a rapporté que des sources de renseignement ont déclaré aux médias qu’il n’y avait pas de preuves actuelles que le virus se soit échappé d’un laboratoire chinois, et a contesté les informations rapportées dans le rapport du Daily Telegraph.

Le 3 mai, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré qu’il y avait « d’énormes preuves » que l’épidémie de virus tirait son origine d’un laboratoire chinois.

Mme Gu note dans sa déclaration que la couverture du laboratoire de Wuhan ne représente qu’une très petite partie des informations contenues dans l’édition spéciale et que « nous avons simplement posé des questions, comme beaucoup d’autres ».

Allégations de racisme

L’article de la CBC cite une personne à Kelowna ayant reçu l’édition spéciale et qui a déclaré « avoir l’impression [que l’édition était] raciste et incendiaire ». C’est sur cette base que le titre de l’article a été rédigé.

Cindy Gu a mis en évidence le fait que l’édition spéciale porte sur le régime communiste au pouvoir en Chine, et non sur le peuple chinois. Elle a également déclaré qu’Epoch Times a été fondé par des immigrants chinois et que de nombreux journalistes et rédacteurs du journal ont été arrêtés en Chine, emprisonnés et torturés. La CBC n’a pas rapporté ces parties de la déclaration de Mme Gu.

 

Non seulement l’article de la CBC affirme qu’Epoch Times est affilié au « mouvement Falun Gong » et répète un terme calomnieux utilisé par le régime chinois contre la pratique spirituelle, mais il résume sa description de la campagne de persécution contre le Falun Gong en Chine à ce qu’en disent « ses adeptes [qui] affirment que le gouvernement chinois les persécute ». En fait, la persécution a été bien documentée par les groupes de défense des droits ; de nombreux gouvernements, dont celui du Canada, l’ont condamnée.

En répétant le terme dénigrant du régime, l’article perpétue la haine contre un groupe marginalisé en Chine, et contre ceux qui suivent la pratique spirituelle au Canada.

Les échecs journalistiques de la CBC

Les normes de journalisme de la CBC stipulent qu’elle suit les principes d’exactitude, d’équité, d’équilibre et d’impartialité.

Au sujet de l’exactitude, il est stipulé : « Nous investissons notre temps et nos compétences à documenter, comprendre et expliquer clairement les faits à notre public. »

Dans ses reportages, la CBC a démontré qu’elle ne comprenait pas le contenu de l’édition spéciale et qu’elle présentait plutôt les points de vue de deux personnes comme des faits.

En matière d’équité, les normes de la CBC indiquent : « Nous traitons [les individus et les organisations] de manière équitable ». Tout compte fait, les normes stipulent que la CBC doit refléter « une diversité d’opinions » et que sur « les sujets de controverse, nous nous assurons que les points de vue divergents sont reflétés de manière respectueuse. » En ce qui concerne l’impartialité, les normes stipulent que la CBC ne doit pas « promouvoir un point de vue particulier sur des questions de débat public ».

Cependant, le reportage de la CBC n’a pas inclus de commentaires positifs à propos de l’édition spéciale. Il ne reflétait que des points de vue négatifs et formulait des conclusions basées sur l’opinion de deux personnes, un individu ayant reçu le journal et un facteur anonyme.

Dans sa déclaration du 29 avril en réponse à l’article de la CBC, Mme Gu souligne ces manquements journalistiques et note que le reportage du diffuseur est « délibérément trompeur et exclut intentionnellement des informations cruciales ».

La déclaration souligne également les erreurs factuelles commises par la CBC, dont le fait que le journal Epoch Times se trouve dans des boîtes de rue de villes canadiennes, alors que depuis juillet, il est uniquement disponible par abonnement. La CBC a également déclaré à tort que Shen Yun Performing Arts fait partie du groupe Epoch Media.

Le texte complet de la réponse d’Epoch Times à la CBC peut être consulté ici.

Malgré la déclaration de Mme Gu relevant de nombreuses lacunes dans l’article de la CBC, le diffuseur national a tout de même poursuivi son envol avec la diffusion de séquences télévisées de son reportage.

Dans une séquence télévisée, le présentateur commence par dire : « Epoch Times publie des informations trompeuses sur le coronavirus. » Dans une autre séquence, diffusée dans l’émission phare du réseau, The National, le présentateur déclare : « Epoch Times a publié une théorie de la conspiration sur l’origine du coronavirus et le rôle de la Chine. »

Il cite ensuite un représentant du Syndicat canadien des travailleurs postaux (STTP) qui dit que la couverture de l’édition spéciale « encourage la xénophobie envers la communauté asiatique », et ajoute qu’il souhaite que les facteurs ne livrent pas l’édition spéciale.

Le reportage de la CBC ne tente pas d’étayer l’allégation selon laquelle l’édition spéciale « fait la promotion de la xénophobie », ce qui aurait pu être défendu simplement en comparant le titre de la page couverture avec la définition de la xénophobie que l’on peut retrouver dans n’importe quel dictionnaire.

Le reportage indique que la ministre responsable de Postes Canada, Anita Anand, a rejeté la demande du STTP et a déclaré que l’édition spéciale « ne semble pas répondre aux critères requis de ce qui constitue un acte de promotion délibérée de la haine tel qu’établi dans le Code pénal du Canada ».

Le Code pénal interdit la haine envers « tout groupe identifiable ».

Dans l’édition spéciale, le seul groupe identifiable est le Parti communiste chinois. Cela voudrait-il dire que les nombreux journalistes de la CBC, dont un journaliste senior, ainsi que leurs rédacteurs ne seraient pas en mesure d’évaluer et d’analyser si les allégations selon lesquelles l’édition spéciale encourage la haine envers la « communauté asiatique » sont fondées ?

La séquence télévisée affirme qu’Epoch Times a été fondé par des pratiquants de Falun Gong, et cite un universitaire disant : « Il y a tellement de ressentiment » entre le régime chinois et le Falun Gong « que chaque partie saisirait n’importe quelle occasion raisonnable pour jeter de la boue sur l’autre. »

Les « deux parties » dont parle l’universitaire sont, d’une part, un régime totalitaire disposant de toutes les institutions, forces militaires et ressources financières du pays et, d’autre part, un groupe de personnes pratiquant la méditation et qui sont torturées et tuées par le gouvernement qui est censé les servir.

L’universitaire déclare-t-il que les actions du régime de Pékin – bien connu pour ses violations flagrantes des droits de l’homme, incluant la torture et le meurtre – peuvent être « raisonnablement » menées ? Et met-il ces actions sur le même pied d’égalité que celles d’un groupe persécuté qui suit une pratique ancestrale basée sur les principes d’authenticité, de bienveillance et de tolérance ?

Dans la séquence de 2 min 22 diffusée sur The National, seulement environ cinq secondes sont consacrées à un point de vue défendant Epoch Times, au cours desquelles le journaliste senior paraphrase la rédactrice en chef Cindy Gu alors qu’elle affirme : « Le Parti ne représente pas le peuple chinois. »

Les changements apportés à l’article de la CBC

Après la première déclaration d’Epoch Times, la CBC a modifié l’erreur factuelle disant que le journal est disponible gratuitement et a publié une note de « clarification » à la fin de son article expliquant le changement. Elle a également supprimé le passage où elle indiquait à tort que Shen Yun faisait partie du groupe Epoch Media et a publié une note de « correction » à cet effet.

Cependant, au moment d’écrire cet article, une vidéo du reportage publiée à part sur le site web de la CBC contient toujours l’erreur selon laquelle le journal serait disponible gratuitement dans les boîtes de rue.

Dans son premier article, la CBC a mis à jour son titre à trois reprises, sans publier de note de correction :

Version originale

« ‘Racist and inflammatory’: Canadians upset by Epoch Times claim China behind virus, made it as a bioweapon » (« Raciste et incendiaire » : les Canadiens contrariés par Epoch Times qui prétend que la Chine est derrière le virus, créé comme une arme biologique)

Deuxième version

« Some Canadians who received unsolicited copy of Epoch Times upset by claim that China was behind virus » (Certains Canadiens ayant reçu une copie non sollicitée d’Epoch Times sont contrariés par l’affirmation selon laquelle la Chine serait derrière le virus)

Troisième version

« Some Canadians see claims in Epoch Times about origin of virus as ‘racist and inflammatory’ » (Certains Canadiens considèrent « racistes et incendiaires » les affirmations d’Epoch Times sur l’origine du virus)

Quatrième version

« Some Canadians who received unsolicited copy of Epoch Times upset by claim that China was behind virus » (Certains Canadiens ayant reçu une copie non sollicitée d’Epoch Times sont contrariés par l’affirmation selon laquelle la Chine serait derrière le virus)

Cindy Gu a ensuite publié une deuxième déclaration, réaffirmant que l’édition spéciale « n’avance pas de théories de la conspiration » et que la CBC a apporté des « changements substantiels » à ses titres sans publier de notes à cet effet. La déclaration relève que tous les titres demeurent incorrects, car l’édition spéciale se concentre sur la dissimulation de la pandémie par le Parti communiste chinois, et non par le peuple chinois. Mme Gu a demandé à la CBC de retirer son article « unilatéral » et de présenter des excuses.

La CBC a ensuite ajouté une note de la rédaction à son article, indiquant qu’elle avait mis à jour son titre et apporté d’autres changements. Un passage de la note se lit comme suit : « Le titre précédent affirmait également à tort qu’Epoch Times prétendait que la Chine avait fabriqué le virus comme arme biologique. » Cela a été fait à la suite de la deuxième déclaration d’Epoch Times.

Cependant, d’autres questions soulevées par Mme Gu, telles que les fausses allégations selon lesquelles l’édition spéciale prétendrait que le virus a été « fabriqué » ou qu’il fait « partie d’un programme de guerre biologique du peuple chinois » demeurent d’actualité.

(James Dykstra | Pixabay)

Le 1er mai, la CBC a publié un autre article intitulé « Le gouvernement fédéral soutient que Postes Canada doit livrer Epoch Times malgré l’objection du syndicat ».

À nouveau, l’article ne reflète que des opinions critiques à l’égard de l’édition spéciale et d’Epoch Times, à l’exception d’une brève opinion favorable, prélevée dans le reportage initial de la CBC, de la part de l’éditeur. L’article utilise également à nouveau le terme calomnieux contre le Falun Gong, mais contrairement à la fois précédente où la persécution avait été présentée seulement à travers ce qu’en disaient les pratiquants de Falun Dafa, le nouveau reportage cite des groupes de défense des droits de l’homme au sujet de la persécution.

Il n’y a pas eu de correction ou de clarification dans le reportage original de la CBC sur le fait que ce n’est pas seulement les Falun Gong qui se disent persécutés.

Tout comme le premier article, le second ne se conforme pas aux normes journalistiques que la CBC affirme exiger envers elle-même, tel qu’illustré par la répétition d’une fausse accusation de « xénophobie » de la part du représentant du Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes (STTP), sans présenter de preuves à cet effet ni examiner ou évaluer les allégations.

De plus, le reportage omet d’identifier les parties prenantes et ne présente pas de commentaires d’experts pertinents.

Le STTP est connu pour ses prises de position politiques, y compris en matière de politique étrangère. L’année dernière, il a publié une déclaration condamnant l’approbation par le Canada du leader de l’opposition vénézuélienne Juan Guaidó en tant que leader légitime du Venezuela. Le Canada, ainsi que 50 autres nations, affirme que le chef du régime actuel, Nicolás Maduro, a truqué les élections de 2018 et n’est donc pas un dirigeant légitime du pays.

Le reportage de la CBC n’a pas inclus de voix de groupes de la société civile ou d’experts sur le dangereux précédent que créerait le syndicat s’il était autorisé à décider de ce qui est distribué par Postes Canada et ce qui ne l’est pas.

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