La Chine utilise des répliques de porte-avions américains comme cible d’entraînement

11 novembre 2021 Mis à jour: 11 novembre 2021
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De nouvelles images satellites ont révélé des maquettes de navires de guerre américains dans l’ouest de la Chine. Les structures, conçues pour ressembler à un porte-avions et à des destroyers américains, sont probablement destinées à être utilisées comme cibles lors d’entraînements militaires.

Les images ont été prises par satellite grâce à Maxar Technologies, une société d’imagerie basée dans le Colorado au-dessus de la zone de Ruoqiang du désert de Taklamakan, une région méconnue de la province chinoise du Xinjiang.

Selon une déclaration de l’Institut naval américain (USNI) l’endroit où les cibles ont été photographiées était précédemment utilisé pour des tests de missiles, notamment en 2013, des tests du DF-21D surnommé le « tueur de porte-avions ».

« Cette nouvelle zone montre que la Chine continue à se focaliser sur ses forces anti-porteurs, en mettant l’accent sur les navires de guerre de la marine américaine », selon l’USNI.

L’Iran avait également utilisé des répliques de navires américains par le passé. En juillet 2020 un exercice militaire créé la polémique. Les gardiens de la révolution font exploser une maquette grandeur nature de l’USS Nimitz, un porte-avions américain, dans le détroit d’Ormuz. Cependant, l’installation mise en place pour les essais chinois semble plus élaborée, précise l’USNI.

Le porte-avions USS Nimitz poussé à quai à Pearl Harbor le 11 mars 2003 à Honolulu, Hawaii. (Photo de Phil Mislinski/Getty Images)

« Contrairement à la cible en forme de porte-avions de la marine iranienne dans le golfe Persique, la nouvelle installation fait penser à un champ de tir équipé d’instruments sophistiqués », a déclaré l’USNI.

Les nouvelles images montrent des rails sur le site d’essai, ce qui laisse penser que certains des navires factices sont utilisés comme cibles mobiles pour les missiles chinois.

Le développement militaire du régime chinois s’axe toujours davantage sur ses capacités anti-porteurs, comme des missiles antinavires à moyenne portée ou des missiles hypersoniques. Cela s’explique en partie par le type de capacités navales dont disposent les États-Unis.

La Chine possède la plus grande marine du monde, avec environ 355 navires, contre 297 pour les États-Unis. Toutefois, les États-Unis disposent de 20 porte-avions, alors que la Chine n’en a que deux. C’est pourquoi la Chine investit massivement dans des capacités anti-porteurs.

Selon un nouveau rapport du Pentagone sur la puissance militaire chinoise, Pékin investit spécifiquement dans des capacités « conçues pour mettre en danger les porte-avions adverses lorsqu’ils se trouvent à moins de 1 500 km des côtes chinoises ».

Le rapport indique également que la Chine devrait faire passer sa marine à 420 navires d’ici 2025 et à 460 navires d’ici 2030. Selon le rapport, une grande partie de cette croissance concernera les grands navires de combat de surface capables d’utiliser des missiles de croisière antinavires avancés.

De même, le dernier indice annuel de la force militaire des États-Unis, publié par The Heritage Foundation en octobre, souligne la disparité croissante entre les marines américaine et chinoise. Selon le rapport, le potentiel global de la marine américaine est « faible » et devient, de manière générale, toujours plus fragile. Enfin ses capacités et son état de préparation sont « marginaux ».

L’une des raisons en est que les États-Unis ont surestimé l’avantage que leur procurent les porte-avions, selon Dakota Wood, chercheur principal de The Heritage Foundation (think tank à Washington).

« On entend souvent dire que la marine américaine a autant de porte-avions que [tous] les autres pays réunis, mais seul un pourcentage de cette capacité navale est disponible au quotidien, et il faut en tenir compte lorsqu’on se projette à l’étranger », a expliqué M. Wood lors de la publication du « 2022 Index of U.S. Military Strength » (Index 2022 de la force militaire américaine).

Le député Mike Gallagher (Parti républicain du Wisconsin) a exprimé des préoccupations similaires lors d’un séminaire en ligne organisé en octobre par l’Institut Project 2049, axé sur l’Indo-Pacifique.

« Je suis très préoccupé par notre incapacité à construire une plus grande marine », a déploré M. Gallagher. « Je pense que l’on assiste à un rapport de force moins favorable de jour en jour. »

Ces nouvelles images apparaissent à un moment où le régime chinois intensifie le harcèlement militaire de Taïwan. Début octobre, le PCC a envoyé un nombre record de 149 avions dans la zone de défense aérienne de l’île sur une période de quatre jours.

Les dirigeants chinois se sont promis d’unir l’île autonome au continent, par la force si nécessaire. La présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, a annoncé que l’île ferait « tout ce qu’il faut » pour maintenir son mode de vie démocratique.

Le président américain Joe Biden a déclaré en octobre que les États-Unis s’étaient « engagés » à défendre Taïwan en cas d’invasion, confirmant ainsi les choix politiques américains de longue date à l’égard de l’île. Toutefois, son administration est ensuite revenue sur ces propos.


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