Chine: un militant tibétain libéré après cinq ans de détention

29 janvier 2021 Mis à jour: 2 février 2021
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Un militant tibétain qui avait été condamné à cinq ans de prison par les autorités chinoises pour « incitation au séparatisme » a été libéré, a annoncé son avocat vendredi.

Tashi Wangchuk, un défenseur de la langue tibétaine, a été condamné en 2018 par la justice chinoise sur la base d’un documentaire dont il avait fait l’objet fin 2015 pour le New York Times. Il avait été placé en détention deux ans plus tôt.

Massacre de la culture locale

Le militant dénonçait un déficit d’enseignement de la langue tibétaine dans les écoles de sa province natale du Qinghai (nord-ouest), peuplée de nombreux Tibétains, évoquant un « massacre systématique » de la culture locale.

Le documentaire relatait son voyage à Pékin, où il tentait de sensibiliser les autorités et les médias à sa cause.

L’avocat du militant a annoncé jeudi sur Twitter qu’il avait été libéré et escorté chez lui par des responsables. Il a précisé qu’il se trouvait avec la famille de sa sœur à Yushu, dans la province du Qinghai et qu’il était en bonne santé, sans pouvoir assurer qu’il était « entièrement libre ».

Soumis à des restrictions

Vendredi, l’avocat a déclaré à l’AFP qu’après un premier contact avec le militant, il n’arrivait plus à joindre Tashi et sa famille, exprimant la crainte qu’il soit toujours soumis à des restrictions de la part des autorités.

Des responsables de la justice et des prisons dans la province du Qinghai, joints par l’AFP, se sont refusés à tout commentaire.

Répression religieuse et culturelle

Mais de nombreux Tibétains accusent le gouvernement de répression religieuse et culturelle, et dénoncent l’arrivée dans les zones peuplées de Tibétains de migrants venus d’autres régions de Chine.

La constitution chinoise garantit en théorie la liberté d’expression. Mais en pratique, le Parti communiste au pouvoir réprime toute opinion pouvant menacer son autorité.

L’Union européenne a appelé vendredi la Chine à libérer « inconditionnellement » Tashi et à enquêter sur des allégations de torture pendant sa détention.

Le groupe anti-censure PEN America s’est déclaré « ravi » d’apprendre la libération du militant.

« Tashi a injustement été emprisonné pendant des années, simplement pour avoir défendu les droits linguistiques tibétains », a déclaré James Tager, directeur de la recherche de l’organisation, dans un communiqué.

 

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