La Chine demande à Biden d’inverser la « pratique dangereuse » de Trump qui consiste à soutenir Taïwan

8 mars 2021 Mis à jour: 8 mars 2021
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Le 7 mars, le chef de la diplomatie chinoise a exigé de l’administration Biden de mettre fin à la « pratique dangereuse » de l’ancien président Donald Trump – la pratique qui consistait à soutenir Taïwan, l’île démocratique que Pékin revendique comme son territoire.

Wang Yi, le ministre des Affaires étrangères chinois, a également demandé aux États-Unis de lever dès que possible les obstacles « déraisonnables » à la coopération sino-américaine.

Ses propos, tenus lors d’une conférence de presse en marge de la réunion annuelle de la législature tampon du régime, font écho aux précédentes demandes mises en avant par Pékin depuis l’entrée en fonction du président américain Joe Biden.

Les hauts responsables du Parti communiste chinois (PCC) ont demandé à la nouvelle administration américaine de revenir sur la politique de fermeté menée par Trump envers la Chine, de se concentrer sur la coopération sur des questions telles que le changement climatique et de ne pas « s’immiscer » dans ce que le régime appelle les sujets de « ligne rouge », notamment ses violations des droits de l’homme contre les musulmans ouïghours au Xinjiang, la répression à Hong Kong et l’agression militaire envers Taïwan.

Wang Yi a qualifié la revendication de l’État-parti sur Taïwan de « ligne rouge infranchissable » – une question sur laquelle il « n’acceptera aucun compromis ». Le régime chinois s’est engagé à reprendre Taïwan par la force si nécessaire – cette île s’est séparée de la Chine continentale lorsque le PCC a pris le pouvoir en 1949.

Le ministre chinois a également exhorté l’administration Biden à « changer complètement les pratiques dangereuses de l’administration précédente qui consistait à ‘franchir la ligne’ et à ‘jouer avec le feu’ » en ce qui concerne Taïwan.

L’administration Trump a renforcé le soutien américain à Taïwan en augmentant les ventes d’armes pour renforcer sa propre défense et en envoyant des membres du cabinet en visite sur l’île.

Il y a quelques jours, l’ancien conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster a comparé la menace d’une invasion chinoise de Taïwan à la « plus dangereuse poudrière » du monde qui pourrait conduire à une « guerre à grande échelle » et a demandé au gouvernement américain de continuer d’aider Taïwan à renforcer ses moyens de défense contre une éventuelle attaque.

L’administration Biden a précédemment qualifié son engagement envers Taïwan comme étant « en béton ».

Wang Yi a aussi souligné que les relations sino-américaines devraient être fondées sur le respect mutuel du « principe de non-ingérence dans les affaires intérieures de l’autre ».

« On espère que les États-Unis et la Chine se rencontreront à mi-chemin et lèveront le plus rapidement possible les diverses restrictions déraisonnables imposées à la coopération sino-américaine, et ne créeront pas de nouveaux obstacles artificiellement », a-t-il précisé.

Au début de la semaine dernière, l’administration Biden a désigné la « rivalité croissante avec la Chine » comme un défi majeur pour les États-Unis. Le secrétaire d’État Antony Blinken a également qualifié les relations entre les États-Unis et la Chine comme « la plus grande épreuve géopolitique » de ce siècle.

« Notre relation avec la Chine sera compétitive quand elle devra l’être, collaborative quand elle peut l’être et conflictuelle quand elle doit l’être », a-t-il dit le 3 mars.

Wang Yi a défendu le projet du PCC de modifier le système électoral de Hong Kong de manière lui permettant de renforcer son contrôle sur cette ville. La proposition donnerait à un comité pro-Pékin un nouveau pouvoir de nommer des législateurs de Hong Kong. Le 5 mars, les États-Unis ont dénoncé cette initiative comme « une attaque directe contre l’autonomie de Hong Kong… les libertés et les pratiques démocratiques ».

Wang Yi, quant à lui, a déclaré que ces modifications protégeraient « les droits des résidents de Hong Kong et les intérêts légitimes des investisseurs étrangers ».

Toujours le 7 mars, le ministre des Affaires étrangères chinois a rejeté les condamnations croissantes des violations des droits de l’homme des Ouïghours dans la région du Xinjiang.

Plus d’un million de Chinois appartenant à la minorité ethnique musulmane sont détenus dans un réseau de camps établi dans cette région, où ils sont soumis au travail forcé, à la torture, au viol et à l’endoctrinement politique. En janvier, l’administration Trump a qualifié de génocide cette politique du PCC, ce qui a été également reconnu, ces dernières semaines, par les parlements canadien et néerlandais.

« La prétendue existence d’un génocide au Xinjiang est absurde. C’est un mensonge complet fabriqué et ayant des motifs cachés », a martelé Wang Yi.

Ned Price, porte-parole du département d’État américain, a déclaré le 5 mars que l’administration Biden « encourageait l’action collective pour rendre clair que ce genre de violations des droits de l’homme au Xinjiang et ailleurs ne sera pas toléré ».

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