Chili : « Trop de violence », dénonce Piñera après des affrontements à Viña del Mar

25 février 2020 Mis à jour: 25 février 2020
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Le président Sebastien Piñera a estimé lundi que le Chili avait déjà traversé « trop de violence », en réaction aux affrontements entre manifestants et force de l’ordre la veille à Viña del Mar (centre), alors que des appels à manifester ont été à nouveau lancés pour le mois de mars. 

« Le Chili a déjà traversé trop de violence. Le temps est venu pour un grand accord pour la démocratie, contre la violence et pour la paix« , a déclaré le chef de l’Etat conservateur.

Le Chili est secoué depuis quatre mois par un mouvement social sans précédent contre les inégalités sociales, qui a fait 31 morts et de nombreux saccages et incendies d’établissements publics et commerciaux.

Accalmie liées aux vacances d’été

Après quelques semaines d’accalmie liées aux vacances d’été dans l’hémisphère sud, de violents affrontements ont eu lieu dimanche entre forces de l’ordre et des manifestants souhaitant l’annulation du festival musical de Viña del Mar, un des plus grands événements de ce genre en Amérique latine.

-L’extérieur de l’hôtel O’Higgins, des voitures incendiées par des manifestants lors d’une manifestation contre le gouvernement du président chilien le 23 février 2020, lors du festival de musique de Vina del Mar. Photo par MARTIN BERNETTI / AFP via Getty Images.

Au moins huit véhicules ont été incendiés et 23 policiers blessés. Des locaux commerciaux ont été attaqués par les protestataires, dont l’hôtel O’Higgins, l’un des établissements les plus anciens et élégants de la cité balnéaire, où sont traditionnellement logés les principaux artistes du festival.

« Nous devons garantir l’ordre public et vivre en paix pour avoir un référendum qui soit démocratique, juste et transparent », a déclaré M. Piñera.

Référendum le 26 avril pour un changement de la Constitution

Outre une série de mesures sociales qui n’étaient pas prévues dans son programme électoral, le président a promulgué en décembre une loi permettant l’organisation d’un référendum le 26 avril sur un changement de la Constitution, une des principales revendications des manifestants.

La Constitution actuelle date de la période de la dictature militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990).

De nouveaux affrontements entre manifestants et policiers, de moindre ampleur que ceux de la veille, se sont produits lundi soir à Vinã del Mar à proximité de la Quinta Vergara, le grand parc dans lequel se déroule le festival jusqu’au 28 février. La police a procédé à 19 arrestations.

La chanteuse pop chilienne Mon Laferte

La chanteuse pop chilienne Mon Laferte, très engagée politiquement, a fait sensation lundi soir avec un show militant suivi par des milliers de spectateurs enthousiastes qui criaient des insultes et des slogans contre le président et contre la police tels que « Piñera démission » ou « Flics assassins ».

Faisant allusion à une convocation qui lui avait été adressée par la police en novembre et à laquelle elle ne s’était pas rendue, Mon Laferte, qui était montée sur scène avec une pancarte proclamant « Résister dans la rue », a lancé: « S’ils veulent m’arrêter, qu’ils m’arrêtent! ». « Tu n’es pas seule, tu n’es pas seule! », a répondu la foule.

L’artiste avait fait sensation aux Latin Grammy Awards 2019 aux Etats-Unis où elle était apparue devant les photographes seins nus, avec l’inscription « Au Chili, on torture, on viole, on tue ». 

Parallèlement, de nouveaux appels à manifester ont été lancés pour le mois de mars, notamment le 8, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, et le 29, « Jour du jeune combattant », célébré en mémoire de deux frères assassinés sous la dictature de Pinochet.

 

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