Ces substances naturelles qui protègent le cerveau

Plusieurs composés végétaux peuvent, s’avère-t-il, prévenir ou de traiter le déclin neurologique
16 juin 2022 Mis à jour: 16 juin 2022
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Notre cerveau est le centre de commandement de presque toutes les fonctions vitales du corps.

C’est l’organe le plus complexe du corps humain. Il possède environ 100 milliards de neurones (cellules nerveuses) et près de 100.000 kilomètres de vaisseaux sanguins. Il est responsable du contrôle de fonctions telles que marcher, parler, penser et respirer. Par conséquent, protéger son cerveau est essentiel.

Il est crucial d’avoir un cerveau en bonne santé à tout âge, mais il est particulièrement important de le protéger lorsqu’il est encore en formation (jusqu’à 25 ans) et à partir du troisième âge. Si on a des trous de mémoire, des « moments de sénilité », ce sont peut‑être les indices d’un déclin cognitif léger (DCL).

Mais il ne faut pas s’inquiéter : de nombreuses études ont établi un lien entre certaines substances naturelles et le retardement, voire l’inversion, du déclin cognitif léger. Voici six substances naturellement neuroprotectrices.

Curcumine

Composé végétal naturel responsable de la couleur orange vif du curcuma, la curcumine est un puissant antioxydant associé à des dizaines d’effets bénéfiques pour la santé. Un des avantages présumés qui a fait l’objet de recherches approfondies est la capacité de la curcumine à protéger le cerveau vieillissant, un effet important à tout âge, en particulier en cas de symptômes de démence.

Une étude publiée en 2012 sur les effets du curcuma sur des patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentant des symptômes comportementaux et psychologiques graves de démence a montré que l’état des patients s’ « améliorait de façon remarquable » suite à la consommation de 100 milligrammes (mg) de curcumine par jour pendant 12 semaines.

Les symptômes tels que l’agitation, l’anxiété, l’apathie et l’incontinence urinaire ont commencé à s’améliorer une fois que les patients se sont vu prescrire des gélules de poudre de curcuma. Aucun effet indésirable n’a été relevé. Après trois mois de traitement, les résultats neuropsychiatriques ont montré que les symptômes étaient moins aigus et que la charge des soignants avait diminué. Après un an de traitement au curcuma, les symptômes de démence éprouvés antérieurement ne survenaient plus.

Ginsenosides

Bien que leur nom ne soit pas familier, les ginsénosides sont des composés végétaux puissants qui ont été isolés d’une plante appelée Panax, largement connue pour ses racines saines – le ginseng. Responsables des effets pharmacologiques du ginseng, les ginsénosides jouent un rôle essentiel dans les réactions inflammatoires et pathologiques de l’organisme. Ils figurent dans un catalogue toujours plus étoffé de recherches qui pourraient aider à prévenir et à traiter les maladies inflammatoires, y compris celles qui affectent le cerveau.

Une étude récente publiée dans Frontiers in Pharmacology a exploré les effets des ginsénosides et leurs mécanismes neuroprotecteurs probables dans les accidents ischémiques cérébraux, le type d’accident vasculaire cérébral le plus courant. Ces AVC se produisent lorsqu’un vaisseau sanguin menant au cerveau est obstrué.

Après une méta‑analyse exhaustive évaluant les effets du ginsénoside Rb1, les chercheurs ont conclu que les ginsénosides ont un effet neuroprotecteur potentiel qui agit par le biais d’un ensemble de mécanismes, notamment l’atténuation de la teneur en eau du cerveau, la promotion de la neurogenèse, la réduction de la mort cellulaire et des effets antioxydants et anti‑inflammatoires. G‑Rb1 apporte également un supplément d’énergie et améliore la circulation cérébrale.

Ginkgo Biloba

Le ginkgo biloba a une longue histoire en tant que plante bénéfique pour la santé, la tradition (qui remonte à 2600 avant le Christ) lui attribue la capacité à réduire l’asthme et la bronchite. La plupart des compléments alimentaires à base de ginkgo biloba sont fabriqués à partir des feuilles de cet arbre. C’est une des espèces d’arbres les plus anciennes de la planète, datant de plus de 200 millions d’années. Un seul ginkgo peut vivre jusqu’à 1000 ans. Il n’est donc pas étonnant que ces arbres puissent contribuer à améliorer notre mémoire.

Une méta‑analyse de 2015 publiée dans le Journal of Pharmaceutical Health Care and Sciences a examiné l’efficacité et la sécurité de l’extrait de ginkgo biloba pour le traitement de la démence. Elle a révélé que la prise d’une dose quotidienne de 240 mg d’extrait de ginkgo biloba est efficace et sûre dans le traitement des patients atteints de la maladie d’Alzheimer avec des symptômes de démence, ainsi que des formes de démence vasculaire et légère.

Un essai portant sur de jeunes hommes actifs et en bonne santé a révélé qu’une supplémentation de six semaines en ginkgo biloba permettait d’améliorer les performances sportives, l’endurance et la capacité antioxydante. L’étude, publiée dans Archives of Medical Science en 2015, a révélé que le ginkgo permettait également une meilleure neuroprotection grâce à une production accrue, pendant l’exercice, du BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau), une protéine, un biomarqueur qui sert à moduler l’activité cérébrale et joue un rôle dans la neuroplasticité, c’est‑à‑dire la capacité du cerveau à se régénérer de manière saine.

Resvératrol

Comme la curcumine, le resvératrol est un polyphénol végétal naturel responsable de la couleur profonde du vin, du raisin et des baies rouges et bleues. Connu pour ses vertus antioxydantes, le resvératrol a été synthétisé sous forme de complément alimentaire et promet de remédier à tous les problèmes, du surpoids aux maladies cardiaques. Mais que dit la science à propos de cette panacée très en vogue concernant le cerveau ?

Une étude australienne de 2017 a testé si une supplémentation chronique en resvératrol pouvait améliorer la fonction cérébrale, la cognition et l’humeur chez les femmes ménopausées. Quatre‑vingts femmes âgées de 45 à 85 ans ont reçu du resvératrol ou un placebo pendant 14 semaines. Les effets sur les performances cognitives, le débit sanguin cérébral et la rigidité artérielle dans l’artère cérébrale moyenne ont été mesurés.

La réactivité cérébrovasculaire (CVR) aux tests cognitifs et à l’hypercapnie (excès de dioxyde de carbone dans le sang) a également été évaluée, et des questionnaires sur l’humeur ont été administrés. Par rapport au placebo, le resvératrol a entraîné une augmentation de 17% de la CVR aux stimuli hypercapniques et cognitifs. Les performances dans les tâches cognitives de mémoire verbale se sont améliorées de manière significative, tout comme les performances cognitives générales.

L’humeur s’est également améliorée à divers degrés, ce qui indique que la consommation régulière d’une dose modeste de resvératrol peut améliorer à la fois la fonction cérébrovasculaire et la cognition. Les chercheurs estiment que la supplémentation en resvératrol pourrait potentiellement réduire le risque accru de déclin cognitif accéléré chez les femmes post‑ménopausées et constitue un traitement thérapeutique prometteur pour ce groupe de population.

Mélatonine

La mélatonine est connue pour être un somnifère naturel, mais elle protège également le cerveau. Hormone naturelle qui aide à réguler le cycle veille‑sommeil, la mélatonine est un agent neuroprotecteur qui pourrait s’avérer prometteur dans le traitement de troubles cérébraux tels que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et les accidents vasculaires cérébraux.

Sécrétée par la glande pinéale dans le cerveau, la mélatonine peut également être prise sous forme de supplément. Il a été démontré que la supplémentation réduit l’incidence du délire chez les personnes âgées. Une méta‑analyse de 2018 portant sur des études humaines et animales a fourni des preuves cliniques que le traitement à la mélatonine après une lésion cérébrale traumatique (LCT) peut améliorer de manière significative les résultats pathologiques et comportementaux des patients. Les résultats observés, publiés dans BMC Geriatrics, comprennent une réduction de la taille des contusions et des œdèmes cérébraux, ainsi qu’une amélioration de la cognition.

La revue Neural Regeneration Research a publié une étude en 2021 sur les effets de la mélatonine sur des rats atteints de la maladie d’Alzheimer induite. Les rats ont reçu 30 mg de mélatonine par kilogramme (kg) de poids corporel pendant 13 jours consécutifs.

La supplémentation en mélatonine a permis d’améliorer les troubles de l’apprentissage et de la mémoire lors des tests en labyrinthe, d’améliorer la morphologie et la densité des micro‑vaisseaux dans le cerveau, d’atténuer les lésions pathologiques des neurones cérébraux et de diminuer l’expression du facteur de croissance endothélial vasculaire et de ses récepteurs. Les chercheurs ont conclu qu’une supplémentation en mélatonine peut améliorer la fonction cognitive des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Cannabidiol

Le cannabidiol, ou CBD, comme on l’appelle communément, est un composé actif isolé de la plante de cannabis qui s’avère efficace pour traiter l’insomnie, la douleur et les troubles cérébraux tels que l’anxiété et l’épilepsie. Malgré ses effets puissants sur le cerveau, le CBD n’est pas psychoactif. Selon les dernières recherches médicales, il pourrait posséder de fortes propriétés neuroprotectrices pour soutenir le cerveau face au vieillissement.

Des études sur le CBD en tant que traitement d’appoint pour les patients atteints de la maladie de Parkinson ont donné des résultats prometteurs. Publiée dans le Journal of Psychopharmacology, une étude de 2009 a testé six patients atteints de la maladie de Parkinson et a révélé que des doses de CBD allant de 150 mg à 400 mg sur quatre semaines produisaient des améliorations significatives en réduisant les épisodes et les symptômes de psychose.

En 2014, des chercheurs ont mené un essai en double aveugle avec un groupe de 21 patients atteints de la maladie de Parkinson recevant soit du CBD à 75 mg/jour, soit à 300 mg/jour, soit un placebo pendant six semaines. Des augmentations du bien‑être et de la qualité de vie ont été observées dans le groupe recevant 300 mg/jour par rapport au groupe placebo. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que ces améliorations pouvaient être dues aux propriétés « anxiolytiques », « antidépressives », « antipsychotiques » et « sédatives » du cannabidiol.

Le CBD n’est pas le seul composé actif de la plante de cannabis (appelé collectivement « cannabinoïdes ») qui prouve sa valeur aux chercheurs médicaux. Le THC, le cannabinoïde qui confère à la marijuana ses propriétés psychoactives, s’est révélé supérieur aux médicaments prescrits dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Dans leurs conclusions, publiées dans Molecular Pharmaceutics, les chercheurs attribuent cette découverte à un « mécanisme moléculaire précédemment non reconnu par lequel les molécules cannabinoïdes peuvent avoir un impact direct sur la progression de cette maladie débilitante. »

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