Biden admet l’existence de « lacunes » dans l’Inflation Reduction Act après sa rencontre avec Emmanuel Macron

4 décembre 2022 Mis à jour: 4 décembre 2022
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Joe Biden et Emmanuel Macron se sont rencontrés dans le Bureau ovale le 1er décembre. Répondant aux critiques acerbes du président français Emmanuel Macron au sujet de l’Inflation Reduction Act, le président Joe Biden a admis que la loi sur la fiscalité et le climat, d’un montant de 740 milliards de dollars, comportait des « lacunes ». Il a tout de même défendu cette loi une fois la rencontre terminée.

« Les États‑Unis ne s’excusent pas, et je ne m’excuse pas, car c’est moi qui ai rédigé cette loi », a déclaré Biden lors d’une conférence de presse organisée conjointement avec Emmanuel Macron après le sommet. « Mais il arrive lorsque vous écrivez un texte de loi imposant, que vous soyez confronté à des pépins. Vous devez alors procéder à des changements. »

La Maison Blanche a présenté cette rencontre comme une occasion pour les États‑Unis et la France de mettre en avant leurs liens étroits, de renforcer leur position face à la guerre en Ukraine, de faire face à la concurrence de la Chine et de lutter contre le changement climatique, entre autres problèmes mondiaux.

Emmanuel Macron a fait part de ses griefs concernant la partie de l’Inflation Reduction Act prévoyant des réductions d’impôts importantes sur les véhicules électriques produits par les entreprises américaines.

Joe Biden et Emmanuel Macron à l’issue d’une conférence de presse conjointe dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 1er décembre 2022. (Ludovic Marin/AFP via Getty Images)

Lors des discussions à huis clos menées à la Maison Blanche, le président français a exposé ses objections à l’Inflation Reduction Act, rapporte l’Agence France‑Presse.

« La vraie question que nous devons nous poser est de savoir quelle sorte de mondialisation nous attend » a déclaré le ministre français des Finances Bruno Le Maire à la chaîne de télévision France 3 avant la réunion. « Il est temps que l’Europe favorise la production européenne. Tous les États européens doivent comprendre qu’aujourd’hui, face à ces décisions américaines, nous devons apprendre à mieux protéger et défendre nos intérêts économiques. »

Lors de son passage à l’ambassade de France à Washington le 1er décembre, Emmanuel Macron a abordé l’Inflation Reduction Act et le CHIPS Act. La Loi sur la réduction de l’inflation, qui comprend un ensemble de mesures, fournit un soutien de quelque 400 milliards de dollars à l’industrie de l’énergie verte aux États‑Unis, tandis que la loi CHIPS encourage la fabrication de semi‑conducteurs aux États‑Unis.

« Les choix faits, dont je partage les objectifs – notamment l’Inflation Reduction Act ou le CHIPS Act – sont des choix qui vont fragmenter l’Occident parce qu’ils créent des différences considérables entre les États‑Unis et l’Europe », a déclaré Emmanuel Macron.

« Ces choix ne peuvent fonctionner que s’il y a une coordination entre nous. »

À l’issue du sommet avec Joe Biden, Emmanuel Macron a déclaré aux journalistes : « Nous voulons réussir ensemble, pas les uns contre les autres. Voilà le résultat de nos discussions de ce matin, et c’est exactement la philosophie que je partage et c’est celle dont nous avons besoin. »

Joe Biden a assuré qu’il continuerait à travailler avec la France et d’autres nations européennes pour aplanir les difficultés résultant de l’Inflation Reduction Act.

« Il n’y a pas de principe fondamental – il n’a jamais été question, lorsque j’ai rédigé cette loi, d’exclure les personnes qui coopèrent avec nous. Ce n’était pas l’intention », a déclaré Joe Biden. « L’intention était de s’assurer de ne plus se retrouver dans une situation où, face à une pandémie qui sévit en Asie, nous aurions à décider s’ils devaient cesser de nous vendre des puces électroniques. Nous avons inventé ces fichues choses, vous savez. Bref, ce que je veux dire, c’est que nous sommes de retour dans les affaires. L’Europe est de retour dans les affaires, et nous allons continuer à créer des emplois dans le secteur industriel aux États‑Unis, mais pas au détriment de l’Europe. »

« Nous pouvons régler beaucoup de choses. L’essentiel est de s’assurer que les États‑Unis continuent, tout comme, je l’espère, l’Europe, à ne pas dépendre de la chaîne d’approvisionnement de quelqu’un d’autre », a ajouté Joe Biden. « Nous sommes notre propre chaîne d’approvisionnement. Et nous la partageons avec l’Europe et tous nos alliés. Ils pourront faire la même chose. »

Il s’agissait de la première visite d’État d’Emmanuel Macron à la Maison Blanche sous l’administration Biden. Emmanuel Macron était accompagné de son épouse, Brigitte. Le couple a fait sa première apparition à la Maison Blanche en 2018, sous la présidence de Donald Trump.

Jeudi matin, les Macron ont foulé la pelouse Sud de la Maison Blanche pour une cérémonie officielle de bienvenue.

Ils ont été accueillis par des milliers de personnes, dont des fonctionnaires français et américains. Au programme, l’hymne national des deux nations, les honneurs militaires, une salve de 21 coups de canon, une revue des troupes et les commentaires des deux dirigeants.

La relation Biden‑Macron a connu un début de tension en septembre 2021, lorsqu’Emmanuel Macron a brièvement rappelé l’ambassadeur de France aux États‑Unis au lendemain de l’annonce par l’administration Biden de la vente de sous‑marins nucléaires à l’Australie. Cette affaire a contrecarré le contrat de défense de plusieurs milliards de dollars conclu avec la France pour la vente de sous‑marins à moteur diesel.

Lors de la conférence de presse conjointe, Joe Biden et Emmanuel Macron ont montré un front uni sur la guerre en cours en Ukraine, mais ont donné des réponses différentes sur leur volonté de communiquer avec le président russe Vladimir Poutine.

Joe Biden ne prévoit pas dans l’immédiat de contacter Poutine, mais il parlera au dirigeant russe si ce dernier cherche à obtenir la fin des combats.

« Il a fait de mauvais calculs sur toute la ligne », a déclaré Joe Biden à propos de Vladimir Poutine. « La question est donc de savoir comment il va se sortir de cette situation. »

« Je suis disposé, s’il est prêt à discuter, à découvrir ce qu’il est prêt à faire, mais je ne le ferai qu’en consultation avec mes alliés de l’OTAN« , a‑t‑il ajouté. « Je ne le ferai pas tout seul. »

Face aux journalistes, Emmanuel Macron a déclaré qu’il était disposé à discuter avec Vladimir Poutine lorsque l’Ukraine établira les conditions d’un accord de paix.

Dans une interview accordée à l’émission « Good Morning America » de la chaîne ABC, le président français a affirmé qu’il comptait s’entretenir avec Vladimir Poutine dans les prochains jours.

Le soutien des États‑Unis, a déclaré Emmanuel Macron, « est très important, pas seulement pour les Ukrainiens, mais pour la stabilité de notre monde aujourd’hui. Parce que si nous considérons que nous pouvons délaisser les États‑Unis et abandonner le plein respect à ses principes, cela veut dire qu’il n’y aura pas de stabilité possible dans ce monde ».

Emmanuel Macron a promis un soutien militaire, économique et humanitaire accru de la France à l’Ukraine.

Joe Biden et Emmanuel Macron lors de la  conférence de presse  (Kevin Dietsch/Getty Images)

Joe Biden a ouvert la conférence de presse conjointe en qualifiant la France de « plus ancien allié » et de « partenaire indéfectible » des États‑Unis et en notant qu’« Emmanuel était également devenu un ami, mais aussi le président de ce grand pays ».

Lors de son discours d’ouverture, Emmanuel Macron a félicité Joe Biden d’avoir honoré ses engagements de campagne sur les questions internationales.

« Nous sommes en mesure de nous réengager avec vous », a déclaré Emmanuel Macron.

« Je ne peux que vous dire encore une fois combien nous avons été heureux de vos choix qui correspondent très largement à votre histoire et à vos engagements de campagne », a‑t‑il ajouté. « Le fait que vous reveniez sur les défis internationaux comme la santé et le climat, voilà vraiment un New Deal. »

Emmanuel Macron a exhorté les alliés à « redevenir des frères d’armes » alors que la guerre en Ukraine se poursuit.

Dans une déclaration commune publiée à l’issue de la rencontre, Biden et Macron ont exposé « une vision commune pour renforcer la sécurité et accroître la prospérité dans le monde, lutter contre le changement climatique, renforcer la résilience face à ses effets et faire progresser les valeurs démocratiques ».

« Cette vision est fondée sur une conviction partagée que les États‑Unis et leurs alliés et partenaires européens peuvent mieux faire face à nos plus grands défis et tirer parti de nos opportunités les plus prometteuses ensemble. Il s’agit notamment de s’attaquer aux problèmes mondiaux tels que le changement climatique et la transition énergétique, d’investir dans les technologies, de créer des chaînes de valeur résilientes dans des secteurs stratégiques tels que la santé, les semi‑conducteurs, les minéraux essentiels, et renforcer notre coopération en matière de sécurité et de défense. »

Les dirigeants ont écrit qu’ils « condamnaient fermement la guerre d’agression illégale menée par la Russie contre l’Ukraine et soulignaient que le fait de cibler intentionnellement des civils et des infrastructures civiles constituait des crimes de guerre dont les auteurs seraient tenus responsables ».

Alors que les républicains sont sur le point de reprendre le contrôle de la Chambre en janvier 2023 et que le leader du Parti républicain et président potentiel de la Chambre, Kevin McCarthy, a déclaré que les parlementaires républicains n’allaient pas « signer un chèque en blanc » pour l’Ukraine, Joe Biden et Emmanuel Macron ont reconnu que des défis les attendraient concernant le soutien continu à l’Ukraine.

« Ce qui est en jeu en Ukraine n’est pas seulement très loin d’ici, dans un petit pays quelque part en Europe », a déclaré Emmanuel Macron. « Mais il s’agit de nos valeurs. Et de nos principes. Nos deux nations sont sœurs dans ce combat pour la liberté. »

Biden et Macron se sont également engagés à « continuer à coordonner nos préoccupations concernant le défi que représente la Chine pour l’ordre mondial, y compris le respect des droits de l’homme, et à travailler ensemble avec la Chine sur des questions internationales importantes comme le changement climatique ».

Emmanuel Macron a suscité des inquiétudes en novembre lors d’un discours prononcé au sommet de la Coopération économique Asie‑Pacifique (APEC) à Bangkok lorsqu’il a décrit les États‑Unis et la Chine comme « deux gros éléphants » qui sont sur le point de créer « un gros problème pour le reste de la jungle » et a appelé à un ordre mondial unique.

La France fait contrepoids dans la bataille qui oppose la Chine et les États‑Unis, a expliqué Emmanuel Macron.

« Nous sommes en pleine jungle, il y a deux gros éléphants qui deviennent de plus en plus nerveux », a déclaré Emmanuel Macron lors de son discours. « S’ils sont très nerveux et partent en guerre, le reste de la jungle en souffrira. Vous aurez besoin de coopérer avec de nombreux animaux : tigres, singes, etc. »

Jeff Louderback assure la couverture médiatique de la maison blanche pour Epoch Times.

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