Bac 2022: le mot «ludique» était-il trop compliqué pour les lycéens ?

17 juin 2022 Mis à jour: 17 juin 2022
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La réponse est oui, pour nombre d’entre eux. Dans le cadre du baccalauréat de Français, les lycéens professionnels devaient, ce mardi 14 juin, plancher sur la question : « Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ? » Mais beaucoup ne connaissaient pas ce mot. L’incident a été relayé et commenté sur les réseaux sociaux.

Alors que de nombreux lycéens passaient leur épreuve du baccalauréat de français ce mardi 14 juin, certains sont restés interdits devant le mot « ludique » mentionné dans le sujet à traiter. Après l’épreuve, ils se sont épanchés sur les réseaux sociaux. L’occasion aussi pour des professeurs de tenter de comprendre la raison de cette ignorance.

« C’est fou comment un mot peut te faire perdre 10 points »

Au total, environ 187.000 élèves relevant du cursus professionnel ont passé l’épreuve de Français mardi. Il leur était demandé d’écrire un développement argumenté répondant à la question : « Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ? » À l’issue de cette épreuve, ils se sont lâchés sur Twitter.

Si certains ont pensé que le mot « ludique » signifiait « dangereux », d’autres ont carrément avoué ne pas connaître ce mot. « Sur ma copie, j’ai écrit “je ne connais pas le sens de ludique” », a en effet avoué un élève dans un tweet. « C’est fou comment un mot peut te faire perdre 10 points », a regretté un autre. Néanmoins, cette ignorance a rapidement provoqué la formation de deux camps distincts ; ceux qui ignoraient la signification du mot et ceux qui la connaissaient, ces derniers raillant les premiers. De nombreux autres internautes, qui eux ne sont plus sur les bancs de l’école, se sont indignés du niveau de plus en plus faible des élèves d’aujourd’hui.

« Je constate de véritables lacunes en vocabulaire depuis vingt ans que j’enseigne »

Domitille Rivière, professeur de français, a indiqué dans les colonnes du Figaro qu’ « un jeune de cet âge » est « censé maîtriser ce mot ». Elle a ajouté que « le texte de Leïla Slimani donnait de nombreux indices. Un élève qui avait bien compris le texte se trouvait parfaitement en mesure de répondre ». Ce texte était extrait du roman Chanson douce de l’autrice Leïla Slimani et mettait en scène une petite fille lors d’une partie de cache-cache avec sa nourrice.

Aude Denizot, professeur de droit à l’université du Mans et auteure d’un livre publié début mai intitulé Pourquoi nos étudiants ne savent-ils plus écrire ? a expliqué à 20 Minutes ne pas être étonnée du niveau de français des étudiants. « Je constate de véritables lacunes en vocabulaire depuis vingt ans que j’enseigne », a-t-elle fait remarquer.

« C’est dans l’objet livre traditionnel que l’on puise une grande partie de son vocabulaire »

Selon la professeur de droit, cela est dû à plusieurs facteurs. Notamment à « l’usage massif, dès les plus petites classes, des photocopies ou des supports préremplis ». « Si l’on reprend l’exemple du mot « ludique », il a probablement été utilisé dès le CM2. Mais était sûrement déjà préinscrit sur un polycopié de travail », explique-t-elle encore, soulignant que ce qui est « écrit est acquis ». Un autre facteur est à prendre en compte, à savoir l’absence ou l’insuffisance de lecture d’ouvrages traditionnels chez les jeunes. Car, spécifie-t-elle, c’est à travers ces lectures que l’élève « puise une grande partie de son vocabulaire ».  

Qu’ils aient réussi ou échoué, les candidats de bac pro découvriront leurs résultats le 5 juillet prochain. Ils sauront alors s’ils doivent se rendre au rattrapage entre le 6 et le 8 juillet prochain.

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