Avis d’un expert : l’administration Biden n’agit pas assez vite pour contrer le régime chinois

Par Cathy He et Jan Jekielek
10 mai 2021 Mis à jour: 12 mai 2021
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L’administration Biden doit agir plus rapidement et lancer une campagne globale afin de contrer les menaces posées par le Parti communiste chinois (PCC), souligne Gordon Chang, juriste, auteur, journaliste et expert américain d’origine chinoise.

Dans l’ensemble, cette administration « va dans la bonne direction », a-t-il déclaré au cours du programme American Thought Leaders d’Epoch Times. « Mais nous n’avançons pas assez vite. »

C’est dangereux, a-t-il mis en garde, car « ce que fait la Chine peut faire s’effondrer notre système ».

« Nous n’adoptons pas assez rapidement une bonne approche avec les bons moyens. »

Après plus de trois mois de présidence de Joe Biden, de nombreuses politiques clés vis-à-vis de la Chine, initiées par l’administration Trump, sont toujours « en cours de révision », selon la terminologie de la Maison-Blanche.

Gordon Chang a qualifié « d’atroces » certaines politiques promulguées par Biden, tandis que d’autres comme avoir été « vraiment bonnes ». Parmi les démarches positives, on peut citer les sanctions américaines à l’encontre des sociétés chinoises de supercalculateurs, a-t-il précisé.

Cependant, Chang a fortement critiqué l’ordre exécutif de Biden qui visait à combattre le racisme et la xénophobie envers les Américains d’origine asiatique dans le contexte de la pandémie. Cette mesure a été adoptée en partie en réponse au fait que l’ancien président Donald Trump utilisait le terme « virus chinois » pour décrire le virus émergé à Wuhan, en Chine. L’ordre exécutif de Biden demandait aux agences fédérales de s’assurer que le langage utilisé « ne démontre pas ou ne contribue pas au racisme, à la xénophobie et à l’intolérance envers les Américains d’origine asiatique et des îles du Pacifique ».

La mesure de Biden faisait en fait écho aux discours de l’État-parti chinois selon lesquels l’utilisation des termes « virus chinois » ou « virus de Wuhan » contribuent à l’augmentation de la discrimination et de la violence à l’égard des Chinois de Chine et expatriés, a commenté M. Chang. Cette rhétorique a été propagée par le régime chinois dans le but de détourner l’attention de l’origine de la dissimulation de la pandémie ainsi que de la possibilité que le virus avait fui du laboratoire P4 de Wuhan.

« Le président des États-Unis ne devrait pas répéter ce que dit la Chine, surtout parce que ce que dit la Chine n’est pas correct », a-t-il martelé. « Je trouve cela horrible. »

Gordon Chang a également décrié la suspension par Biden du décret de Trump, daté de mai 2020, qui interdisait aux opérateurs des réseaux électriques américains de se procurer de l’équipement provenant des pays présentant un risque pour la sécurité nationale – des pays tels que la Chine. Le 20 janvier, Biden a suspendu le décret de Trump pour 90 jours tout en demandant au secrétaire à l’Énergie et au directeur du Bureau de la gestion et du budget de « considérer conjointement s’il fallait recommander qu’un décret de remplacement soit émis ».

« Je peux comprendre qu’il veut revoir la politique de Trump… mais il aurait dû au moins laisser les mesures de protection en place pendant qu’il effectue cette révision », a déclaré Chang.

« La Chine a bien étudié nos infrastructures critiques », a-t-il ajouté. « Ils pourraient faire… aux États-Unis ce qu’ils ont fait dans la capitale financière de l’Inde à la fin de l’année dernière. »

En février dernier, le New York Times a rapporté que la panne d’électricité survenue dans la ville indienne de Mumbai (Bombay), le 12 octobre 2020, faisait partie d’une cybercampagne chinoise contre l’Inde, alors que les deux pays étaient engagés dans un grave conflit militaire frontalier. À l’époque, les autorités indiennes ont déclaré que la panne provenait des « problèmes techniques », mais un ministre indien a annoncé en mars qu’elle pouvait résulter d’un cybersabotage, précisant que cette panne faisait l’objet d’une enquête.

Selon Gordon Chang, Joe Biden est prédisposé à poursuivre les relations de coopération avec le régime chinois, mais il a été contraint d’adopter une position plus ferme en raison à la fois de la conduite agressive de Pékin et de l’opinion publique américaine qui s’est retournée contre ce régime.

« Ce qui se passe, c’est que la Chine s’engage dans une conduite que personne ne peut vraiment tolérer », a-t-il expliqué. « Cela le contraint [Biden] à adopter des politiques plus fermes. »

Chang a également exprimé son inquiétude par rapport à l’approche personnelle de Biden envers le régime chinois et son dirigeant Xi Jinping.

« Biden a fait beaucoup de cadeaux aux Chinois. Il n’a rien demandé en retour », a-t-il remarqué. « Je ne comprends tout simplement pas pourquoi il l’a fait. »

Chang a été particulièrement perturbé par « sa [de Biden] façon amoureuse de parler de ses rencontres avec Xi Jinping ».

« Je ne sais pas pourquoi Biden tombe sous le charme du leader chinois », a-t-il commenté.

Joe Biden évoque souvent ses relations de longue date avec Xi Jinping lorsqu’il parle du régime chinois. Alors que Biden était vice-président, Xi Jinping était vice-président du régime, et donc l’homologue de Biden. Selon l’actuel président américain, les deux hommes ont passé plus de 24 heures en réunions privées et ont parcouru 17 000 miles en voyageant ensemble pendant cette période.

En février, Biden a déclaré au sujet de Xi Jinping : « Je le connais bien. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble pendant les années où j’étais vice-président. »

Infiltration chinoise

Gordon Chang a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur des efforts entrepris par le PCC dans le but d’infiltrer la politique et la société américaines.

« La Chine a tout simplement submergé notre société », a-t-il affirmé. « Ils ont submergé le FBI, ils ont submergé les forces de l’ordre locales, les gouvernements locaux. »

Il a évoqué l’exemple du député démocrate Eric Swalwell, membre de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, qui a eu des relations avec une espionne présumée chinoise nommée Fang Fang ou Christine Fang.

Un rapport d’Axios de décembre 2020 affirmait que Fang avait constitué un vaste réseau de contacts avec des hommes politiques de la région de San Francisco, dont Eric Swalwell. Le rapport indique que Swalwell a coupé ses relations avec Fang après que les enquêteurs lui ont donné un « briefing défensif » et qu’il a fourni des renseignements sur elle au FBI.

Gordon Chang a souligné que Fang avait contacté Swalwell pour la première fois lorsqu’il était conseiller municipal de la ville de Dublin en Californie, de 2010 à 2012.

« Cela signifie qu’ils s’intéressaient probablement à Swalwell au cas où, un jour, il pourrait leur être utile », a-t-il indiqué.

« Cela suggère qu’il y a plus d’un seul Eric Swalwell. Il pourrait y avoir des dizaines, il pourrait probablement y avoir des centaines de Swalwell, ce qui signifie qu’il y a des dizaines et des centaines de Christine Fang. »

Il est temps de commencer à enlever l’influence du PCC de la société américaine, a insisté Gordon Chang.

« Ils ont infiltré le gouvernement, ils ont infiltré les médias, les universités, les entreprises et bien d’autres choses. »

« S’il y a une institution, la Chine a déjà essayé de la pénétrer. »

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