Aux États-Unis et en Grande Bretagne, l’œil de Pékin se ferme enfin

27 novembre 2022 Mis à jour: 27 novembre 2022
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C’était l’œil du cyclope de l’Odyssée ou, pour les adeptes des séries fantastiques de l’écrivain JRR Tolkien, l’œil de Sauron : les caméras de sécurité de fabrication chinoise installées aux États-Unis et en Grande Bretagne vont être débranchées, ce qui – pendant quelques temps au moins – n’offrira plus au régime chinois, qui les utilise pour contrôler les pays occidentaux, que des écrans gris à observer.

Aux États-Unis, la Commission fédérale des communications (FCC) a ainsi, vendredi 25 novembre, imposé de nouvelles restrictions aux entreprises de télécommunications chinoises, dont Huawei et ZTE, ainsi qu’aux fabricants de caméras de sécurité Hytera , Hikvision, Zhejiang Dahua Technology. Ces entreprises ne pourront plus vendre leurs produits aux États-Unis.  « La FCC s’est engagée à protéger notre sécurité nationale en veillant à ce que les équipements de communication indignes de confiance ne soient pas autorisés à l’intérieur de nos frontières », a expliqué sa présidente, Jessica Rosenworcel, dans un communiqué.

Point intéressant, les quatre commissaires de la FCC, deux démocrates et deux républicains, ont voté en faveur de la motion, ce qui marque l’émergence d’un consensus bipartisan. En effet, la dissimulation massive d’informations par la Chine pendant le Covid-19 ont ancré une opinion populaire massivement négative vis-à-vis du régime communiste. Les restrictions américaines sur les technologies chinoises avaient d’abord passé pour un simple protectionnisme économique de la présidence Trump ; leur poursuite sous la présidence Biden illustre le fait que le cœur du problème est davantage l’utilisation des technologies chinoises pour espionner les pays occidentaux que leur vente à bas prix.

Au mois de mai déjà, le Canada avait annoncé interdire l’accès au marché de la 5G aux entreprises Huawei et ZTE. Le Royaume-Uni a poursuivi en juillet la même interdiction. Et, jeudi 24 novembre, le ministre britannique Oliver Dowden a informé la presse d’un embargo sur les équipements de télécommunication chinois pour tous les sites nationaux britanniques sensibles. « Comme les considérations de sécurité sont toujours primordiales autour de ces sites, nous prenons des mesures dès maintenant pour empêcher tout risque de sécurité de se matérialiser », a déclaré M. Dowden à Bloomberg. Il illustre en ceci une position déjà prise par le Premier ministre britannique Rishi Sunak, qui a qualifié la Chine de « défi systémique pour nos valeurs et nos intérêts » et de « plus grande menace étatique pour notre sécurité économique. »

Même en France, bien qu’avec beaucoup de retard, la menace semble être enfin prise au sérieux : Huawei, qui avait recruté des lobbyistes occidentaux pour trouver son chemin jusqu’aux décideurs gouvernementaux, est en perte de vitesse et cherche maintenant un Plan B qui pourrait aller jusqu’à abandonner le front européen pour se recentrer sur ses ventes domestiques en Chine. Le site Politico fait la liste de ses pertes de guerre : le directeur du marketing et de la communication de l’entreprise, Stéphane Curtelin, a quitté ses fonctions en septembre ; quelques semaines avant lui, c’était le responsable des affaires gouvernementales et de la sécurité, Vincent de Crayencour, qui quittait le navire. Et avant l’été, la numéro 1 de la firme à Paris, Linda Han, disparaissait des radars.

Cette ambiance de fin de règne ne doit cependant pas faire oublier les risques actuels : les équipements Huawei saturent la couverture 5G en France et ne seront remplacés que dans plusieurs années, les relais wifi chinois sont dominants en entreprise et le matériel Huawei a même été imposé à l’ensemble des Parlementaires, par l’intermédiaire du marché public obtenu par Bouygues.

C’est donc un réveil lent et progressif que connait l’Europe, bonne avant-dernière pour se protéger de l’infiltration du régime chinois ; juste avant les pays africains qui sont pour certains maintenant déjà quasiment colonisés.

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