Les autorités chinoises démolissent plus de 5 900 sanctuaires consacrés à une divinité

Le gouvernement d’une municipalité chinoise s’est attiré la colère de nombreux citoyens en décidant d’éradiquer une forme de religion populaire traditionnelle pour des raisons d’amélioration de la « culture spirituelle » et de la « qualité de l’air ».

Selon les médias chinois, les autorités de la ville de Gaoyou, dans la province côtière du Jiangsu, ont récemment ordonné la démolition de tous les sanctuaires de la divinité chinoise appelée le Dieu de la Terre. Au total, 5 911 sanctuaires ont été démolis au cours de 26 jours en février et mars.

Le Dieu de la Terre, connu sous le nom de Tudi Gong en chinois, est l’un des plus importants parmi les divinités populaires chinoises. Selon le folklore chinois, avant de devenir le Dieu de la Terre, il était un homme nommé Zhang Fude, un percepteur d’impôts sous la dynastie des Zhou (510-314 avant J.-C.).

Zhang Fude avait la réputation d’être un fonctionnaire droit – qui aidait les pauvres en payant leurs impôts avec son propre argent ; il est mort à l’âge de 102 ans. Une famille chinoise vivant dans la pauvreté a alors commencé à vénérer son portrait et a été surprise lorsque leur situation financière s’est améliorée de façon inattendue. Comme l’histoire de la famille commençait à se répandre, les gens ont commencé à construire des sanctuaires pour vénérer Zhang, croyant qu’il était devenu une divinité et apporterait aux gens la bonne fortune.

La tradition de vénérer le Dieu de la Terre s’est transmise en Chine et à Taiwan.

Parce que le Dieu de la Terre est également considéré comme le gardien de la zone où se trouve son sanctuaire, de nombreux villages et petites villes mettent leur argent en commun pour construire de petits sanctuaires sur le bord d’une route ou au milieu de terres agricoles.

(ANTHONY WALLACE/AFP/Getty Images)

Pan Jianqi, chef du département de Propagande de la ville de Gaoyou, a déclaré que les travaux de démolition visaient à « promouvoir une nouvelle culture spirituelle » et à enlever les sanctuaires construits illégalement, selon un rapport publié le 9 avril par le journal d’État chinois Xinhua Daily.

Zhang Meilan, chef adjoint du canton de Ganduo de la ville de Gaoyou, s’est plaint que les bâtonnets d’encens que les gens brûlaient dans ces sanctuaires polluaient souvent l’air par de la fumée. « Avec la disparition des sanctuaires, la qualité de l’air s’est améliorée », a-t-il déclaré au Xinhua Daily.

Selon ce journal, les terrains libérés après les démolitions seront utilisés soit pour planter des arbres, soit pour construire des espaces publics.

Le Parti communiste chinois est officiellement athée et réglemente strictement toute forme de religion en Chine. Par exemple, pour placer le christianisme sous le contrôle du Parti, le régime chinois nomme ses propres dirigeants ecclésiastiques et a créé des associations et des églises chrétiennes gérées par l’État. Entre-temps, les autorités ont démoli des églises chrétiennes clandestines et ont enlevé les croix d’autres églises. Certaines régions ont localement interdit aux habitants de célébrer la fête de Noël.

Les autorités chinoises ont également adopté des politiques qui répriment les coutumes et traditions locales, comme l’interdiction des services funéraires traditionnels dans la province du Jiangxi dans le sud-ouest de la Chine. Les médias ont révélé que les autorités ont confisqué des cercueils qui avaient été achetés pour de futurs enterrements.

Sur Sina Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, de nombreux internautes chinois ont exprimé leur indignation face aux démolitions de ces sanctuaires.

Un internaute de la province du Hainan surnommé « SIMONTONG2010 » a écrit : « Ces sanctuaires du Dieu de la Terre sont simplement un soutien spirituel pour les agriculteurs qui souhaitent avoir une bonne récolte. Pourquoi faut-il les démolir ? »

Un autre internaute a écrit : « Ces actes de démolition violent la liberté de religion. Ils violent également la constitution chinoise » qui, sur le papier, garantit le droit à l’expression religieuse.

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