Des poissons rares des grands fonds marins, connus pour présager des tremblements de terre, font leur apparition au Pérou

16 février 2019 Mis à jour: 8 décembre 2020
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Un poisson d’eau profonde, présage de tremblements de terre et de tsunamis, a été trouvé dans des filets de pêche au large des côtes péruviennes, ce qui a fait sensation parmi la population locale.

Le régalec, Regalecus, de son nom scientifique, qui peut atteindre plus de 9 mètres de longueur, serait à l’origine de certains des mythes des serpents de mer de l’Ouest.

Le mot japonais pour ce poisson, ryugu no tsukai, signifie « messager du palais du roi dragon ». Selon des légendes folkloriques, ces poissons remontent des profondeurs jusqu’à la surface et s’échouent sur la plage lorsqu’un tremblement de terre est sur le point de se produire.

Plusieurs poissons régalecs ont été échoués au Japon ces dernières semaines, ce qui a fait réémerger dans le monde entier la légende à son sujet. Ainsi, lorsque est sortie la publication d’un régalec capturé dans des filets de pêche au large de la côte nord du Pérou, cela a fait sensation localement, surtout après qu’il a été affiché sur un compte Twitter très fréquenté qui fait état de catastrophes naturelles.

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– « De rares poissons des mers profondes, connus pour être des ‘présages de tremblements de terre’, s’échouent sur les côtes japonaises »

De nombreux médias locaux au Pérou rapportent que deux régalecs ont été trouvés dans la ville de Mancora, près de la frontière avec l’Équateur.

La plupart des reportages semblent provenir d’une seule source : un bref article du média local Chiclayo al Minuto, qui a publié trois photographies d’un régalec sur une passerelle.

Selon Chiclayo al Minuto, le matin du 6 février, un pêcheur local a trouvé le régalec dans ses filets. La vue de ce poisson, qui mesurait environ 5 mètres, les a d’abord troublés parce qu’ils n’avaient jamais vu cette espèce auparavant sur la côte nord du Pérou.

L’année dernière, un régalec a été filmé après s’être échoué sur la côte sud du Pérou, près de la ville de Tacna, avec son long corps argenté caractéristique et ses nageoires rouges clairement visibles.

Le poisson régalec est le plus long poisson osseux au monde. Le plus long spécimen jamais enregistré mesurait de 11 mètres.

Repéré avant le tremblement de terre de Fukushima

Les scientifiques disent qu’il n’y a aucune preuve que le poisson régalec soit un présage de catastrophes naturelles, bien qu’il existe diverses théories sur la façon dont il pourrait en être un et sur comment le phénomène de prédiction pourrait se produire.

Le mythe du poisson régalec comme étant annonciateur d’une catastrophe a gagné un peu de terrain après le tremblement de terre et le tsunami de Fukushima en 2011, qui ont tué près de 20 000 personnes. Au moins une douzaine de régalecs se seraient échoués sur les côtes japonaises au cours de l’année précédente.

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Hiroyuki Motomura, professeur d’ichtyologie à l’Université de Kagoshima, a déclaré au South China Morning Post qu’il existe une explication plus ordinaire pour les poissons qui apparaissent dans la baie de Toyama.

« J’ai une vingtaine de spécimens de ce poisson dans ma collection, ce n’est donc pas une espèce très rare, mais je crois que ces poissons ont tendance à remonter à la surface quand leur condition physique est mauvaise, s’élevant sur les courants, c’est pourquoi ils sont si souvent morts quand on les trouve », dit-il.

Mais, selon Rachel Grant, chargée de cours en biologie animale à l’Université Anglia Ruskin de Cambridge, il est « théoriquement possible » que la mort de régalecs soit un signal de séismes à venir.

« Sensibles aux failles actives »

« Lorsqu’un tremblement de terre se produit, il peut y avoir une accumulation de pression dans les roches qui peut conduire à des charges électrostatiques, provoquant la libération d’ions chargés électriquement dans l’eau », a-t-elle déclaré à Euro News en 2017. « Cela peut conduire à la formation de peroxyde d’hydrogène, qui est un composé toxique. Les ions chargés peuvent également oxyder la matière organique qui pourrait soit tuer les poissons, soit les forcer à quitter l’océan profond et à remonter à la surface. »

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« Il n’y a aucune preuve scientifique de l’existence de la théorie selon laquelle les régalecs apparaissent autour des grands séismes », a déclaré Kazusa Saiba, gardien de l’aquarium d’Uozu, à CNN. « Mais nous ne pouvons pas nier cette possibilité à 100 pour cent. »

Saiba a dit qu’une explication possible est que des changements subtils dans la croûte terrestre avant un tremblement de terre « pourraient causer le courant à remuer et pousser les créatures au fond vers la surface ».

Le professeur Shigeo Aramaki, sismologue à l’Université de Tokyo, a rejeté les craintes des utilisateurs des médias sociaux comme « rien » (n.d.t. : non fondées) selon le South China Morning Post.

« Je ne suis pas un spécialiste du poisson, mais il n’existe aucune littérature scientifique qui ait prouvé un lien scientifique avec le comportement des animaux et l’activité sismique », a-t-il dit. « Je ne vois absolument aucune raison de s’inquiéter et je n’ai vu aucun rapport actualisé d’activité sismique accrue dans ce pays ces dernières semaines. »

Kiyoshi Wadatsumi, spécialiste en sismologie écologique, a déclaré au Japan Times en 2010 : « Les poissons d’eau profonde vivant près des fonds marins sont plus sensibles aux mouvements des failles actives que ceux près de la surface de la mer. »

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