Ascension et chute de la Chine communiste: 1re partie

La Chine est-elle déjà en déclin?
2 mars 2023 Mis à jour: 10 mars 2023
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La Chine communiste est-elle en pleine ascension, a-t-elle atteint son apogée ou est-elle déjà en déclin ? Les signaux et les informations qui nous parviennent sont contradictoires, et beaucoup d’espoirs sont placés dans un sens ou dans l’autre.

Cette question sera traitée en deux parties : l’ascension (partie I) et la chute (partie II).

L’ascension

C’est grâce à la bonne volonté et le soutien quasi-unanime de l’ordre international de l’après-guerre, sous l’égide des États-Unis, que l’essor de la Chine communiste a pu être possible. C’est ce qui lui a permi au cours des cinquante dernières années de bénéficier de gigantesques investissements en provenance de l’étranger, d’accéder aux marchés internationaux et de bénéficier d’aménagements en matière de libre-échange. Tout cela a grandement favorisé son économie d’exportation.

Parallèlement, les communistes se sont employés à infiltrer, corrompre et subvertir non seulement les organisations internationales et les gouvernements étrangers, mais également les universités ou autres institutions similaires. Leur but est de propulser le pays à la première place de l’économie mondiale et en tant que première puissance militaire, évidemment au détriment des États-Unis. Le Parti communiste chinois (PCC) mène de multiples projets sur plusieurs fronts avec pour objectif de se hisser à la première place dans tous les domaines de l’économie mondiale. Les résultats qu’ils ont obtenus sont d’ailleurs considérables dans les domaines qui touchent au commerce, à la politique économique, au droit international, à l’acquisition de technologies, et à la propriété intellectuelle, entre autres sphères d’influence.

En outre, une campagne de guerre de l’information est activement coordonnée par les médias chinois d’État, le corps diplomatique chinois ainsi que les « compagnons de route » du PCC comme ils les appellent, c’est-à-dire des soutiens du PCC dans d’autres pays. Il s’agit pour eux de démoraliser leur concurrent principal, les États-Unis sans jamais perdre de vue leur ultime objectif de leadership mondial dans l’intégralité des secteurs d’activité de la planète.

Cette guerre de l’information menée par le PCC a été couronnée de succès. Cela fait des années que les médias occidentaux s’émerveillent de la « montée en puissance de la Chine ». Voici quelques exemples de titres de la presse américaine. Cela ressemble à un récit de propagande du PCC directement greffé sur les médias traditionnels occidentaux, ou sur les groupes de réflexion et les prétendus « groupes d’amitié » sino-américains, tous ayant en réalité été achetés ou corrompus.

– « La montée en puissance de la Chine – Comment le Parti communiste a transformé le pays en une superpuissance » (Newsweek, grand magazine américain).
– « Comment réagir face à la montée en puissance de la Chine » (Forbes – également un média historique qui traite de l’actualité économique et de la finance).
– « La montée en puissance de la Chine » (Foreign Affairs Magazine – traditionnellement le porte-parole de la diplomatie américaine)
– « L’Essor et l’avenir de la Chine en tant que puissance économique  » (Investopedia – une source d’informations financières et d’investissement grand public).
– « Une approche constructive de la montée en puissance de la Chine  » (Journal of Indo-Pacific Affairs – le journal professionnel de l’armée de l’air américaine.

S’agit-il juste de paroles creuses lancées à la légère, ou y a-t-il vraiment lieu de s’inquiéter ?

Les succès chinois

Pour jouir d’une bonne influence géopolitique sur la scène internationale, deux facteurs sont essentiels : une économie forte et une imposante puissance militaire. La Chine a développé les deux sans relâche. Au cours des vingt dernières années en particulier, la Chine a connu un succès qui a dépassé les rêves les plus fous des dirigeants du PCC. La croissance de son économie et de ses capacités militaires a été phénoménale.

Sur le plan militaire, la marine chinoise a déjà éclipsé la marine américaine. Selon un rapport du département de la Défense de 2021 sur les capacités militaires chinoises : « La marine de l’Armée populaire de libération (PLAN) possède numériquement la plus grande marine du monde, avec une force de combat globale d’environ 355 navires et sous-marins, dont environ plus de 145 sont des navires de combat de surface majeurs. » L’armée de l’air de l’APL (PLAAF) est la troisième plus importante au monde, avec plus de 2800 avions au total, dont environ 2250 sont des avions de combat, et l’on assiste à un flux continu et régulier de mises à niveau de ses capacités, y compris au niveau du développement de ses chasseurs et bombardiers de cinquième génération (furtifs). Et comme l’a rapporté le Financial Times, les experts américains du Pentagone prévoient que la Force des fusées de l’APL (PLARF) quadruplera son arsenal de têtes nucléaires pour atteindre plus de 1000 têtes d’ici 2030 (la Chine n’étant pas limitée par les traités sur les armes nucléaires). Pour les Chinois, atteindre un niveau de parité avec les États-Unis – et peut-être même les dépasser – semble être à portée de main.

Ces dernières années, la Chine s’est également lancée de manière spectaculaire dans la conquête de l’espace, avec des missions sur Mars ou la Lune, ainsi que des dizaines de mise en orbite de fusées autour de la Terre. Selon le journal d’État chinois, le Global Times, le nombre de lancements dans l’espace effectués par la Chine continue d’augmenter d’année en année : « La China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC) a réalisé plus de 50 missions réussies en un an, envoyant plus de 140 engins spatiaux dans l’espace avec un taux de réussite de 100%. » À titre de comparaison, la NASA prévoit 87 missions en orbite en 2022, comme le rapporte Space Stats Online. À titre de comparaison supplémentaire, la société privée SpaceX d’Elon Musk a lancé 61 fusées en 2022, dont la moitié était destinée au placement des satellites Starlink, comme le rapporte Space Explored

Epoch Times Photo
Fusée Long March 5B qui doit à lancer le module central de la station spatiale chinoise Tianhe le 29 avril 2021, sur le site de lancement de Wenchang, Hainan, le 23 avril 2021. (STR/China News Service/AFP via Getty Images)

L’économie chinoise occupe actuellement la seconde place dans le monde et pourrait dépasser l’économie américaine en moins d’une décennie, selon certains observateurs. La recherche et le développement étant la clé de toute domination économique future, on remarquera que, comme le rappelle China Optics Valley, « l’année dernière, la Chine s’est classée au premier rang mondial pour les dépôts de brevets internationaux via le Traité de coopération en matière de brevets ». En outre, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a classé Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou et Pékin comme les deuxième et troisième plus grands clusters scientifiques et technologiques du monde.

Selon Clarkson Research, la Chine a pris la tête du classement mondial en obtenant 49% des commandes mondiales de nouveaux navires en 2022. Ses chantiers navals ont également mis à l’eau le « plus grand porte-conteneurs du monde » en août 2022.

La Chine domine l’industrie de la production d’énergie solaire. Selon Statista, la Chine « domine toutes les étapes de la production de panneaux solaires » : polysilicium (66% de la part mondiale), cellules solaires (78%) et modules solaires (72%).

Comme le rapporte le Daily Caller, la Chine continue de « dominer le marché mondial des véhicules électriques (VE) et des batteries ». Les fabricants de batteries Contemporary Amperex Technology Co. Limited (CATL) et Build Your Dreams Limited (BYD) produisent plus de 50% de la totalité des batteries pour véhicules électriques dans le monde, selon le Financial Times.

La Chine a poursuivi l’Initiative Ceinture et Route (ICR), le projet phare du dirigeant Xi Jinping, avec un succès considérable dans le monde entier. Comme le résume Statista, l’ICR « est une stratégie économique et politique à long terme que poursuit la Chine visant à accélérer le développement économique du pays ainsi que des pays émergents et qui permettra à la Chine d’accroître son influence au niveau mondial. »

En décembre 2022, 149 pays participants ont bénéficié des investissements de la Chine, que l’on estime à 59,5 milliards de dollars par an en moyenne (un chiffre divisé par deux en raison de la pandémie de Covid-19), soit un total de plus de 1000 milliards de dollars investis à ce jour. Pour la Chine, les avantages sont multiples : la signature avec ces 149 pays de gigantesques contrats d’infrastructure qui n’emploient la plupart du temps que des travailleurs chinois, un accès direct à ces fameuses matières premières dont la Chine ne peut pas se passer, un accès aux ressources en hydrocarbures et enfin des marchés étrangers pour écouler la production chinoise. Par exemple, le volume de marchandises transportées par le China-Europe Railway Express, un élément clé du réseau terrestre de l’ICR, a dépassé les 1,4 million de conteneurs équivalents vingt pieds (EVP) en 2021. [Conteneurs d’environs 6,1 mètres]

En guise de conclusion provisoire

Le PCC se donne tous les moyens pour convaincre le monde que ses intentions sont bonnes. Il espère maintenir les investissements en provenance de l’étranger et minimiser les droits de douane et autres barrières commerciales que ses partenaires commerciaux pourraient lui imposer. Par exemple, la doctrine de l’ancien dirigeant chinois Hu Jintao qui défend la thèse de « l’ascension pacifique de la Chine » (mise de côté depuis longtemps) a intentionnellement servi à masquer les manœuvres les moins acceptables du PCC, notamment le génocide au Xinjiang, la persécution du Falun Gong et autres groupes minoritaires ou religieux. Mais elle a également permis de masquer la montée en puissance et la belligérance croissante de l’Armée populaire de libération. La gouvernance de Xi Jinping au cours des dix dernières années a fait tomber ce masque aux yeux du monde entier.

La montée en puissance de la Chine, étroitement liée à son poids économique et militaire, la persécution croissante qu’elle exerce sur les minorités, ou bien les tactiques d’intimidations à l’égard de Taïwan, ont fini par attirer l’attention des membres du Congrès américain, et ce, de tous les bords. Dans le but de contrer l’influence croissante qu’exerce la Chine sur le monde, la Chambre des représentants a autorisé la création d’un « Comité restreint sur la concurrence stratégique entre les États-Unis et le Parti communiste chinois » le 11 janvier, qui a été accepté par 365 voix contre 65. 

Compte tenu de cette série de succès (qui n’est qu’un aperçu), on pourrait être tenté de conclure que le PCC a réalisé son rêve de domination mondiale pour le centenaire de la fondation du régime chinois en 2049. Toutefois, le PCC est confronté à de puissants vents contraires, dont beaucoup viennent de ses propres décisions. La deuxième partie de cette série examinera certains de ces vents contraires et se demandera si l’orbite vacillante du PCC n’aurait pas déjà atteint son zénith.

Lire la deuxième partie ici.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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