250 espions chinois opèrent activement au sein de l’Union européenne à Bruxelles

Le ministère des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) a récemment mis en garde les diplomates et les militaires travaillant dans différentes institutions de l’Union européenne contre la menace « d’environ 250 espions chinois et 200 espions russes » opérant à Bruxelles, la capitale européenne.

Ces espions passent inaperçus lorsqu’ils opèrent dans les endroits situés à proximité d’institutions importantes, tels qu’un restaurant populaire ou un café proches du bâtiment principal de la Commission européenne.

Le journal allemand Die Welt a rapporté le 9 février qu’un avertissement avait été envoyé par le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), une organisation diplomatique de l’UE chargée de la politique étrangère et de la sécurité de l’Union.

Le rapport constate que les espions russes opèrent activement à Bruxelles depuis des décennies. Toutefois, une présence moins connue est celle des agents de renseignement chinois qui sont également très actifs à Bruxelles. Ils cachent leur vraie identité en se faisant passer pour des employés de leur ambassade ou des représentants commerciaux de sociétés de leur propre pays.

Le rapport donne également un exemple du cas général suivant : lorsqu’un diplomate chinois ou russe assiste à un événement important, il est souvent accompagné de personnes qui sont des agents infiltrés.

Des espions qui travaillent aussi dans différents types de petites et grandes entreprises à Bruxelles, en particulier celles situées à proximité des sièges des institutions de l’UE. En contactant directement ou indirectement des fonctionnaires de l’UE, parfois en prétendant faire des affaires avec eux et en surveillant les lieux, ces espions recueillent les informations qui intéressent leur pays d’origine.

Kenneth Lasoen, expert en sécurité de l’Université belge de Gand, a expliqué l’autre fois que du fait que les sièges de l’OTAN, des institutions de l’UE et de nombreuses autres agences internationales sont basés à Bruxelles, toutes ces organisations sont des cibles clés des espions et des pirates informatiques d’autres pays, dont la Chine et la Russie.

« Des informations économiques et politiques de grande valeur y sont échangées. Cela fait de Bruxelles un nid d’espionnage », a-t-il mis en garde, cité par le magazine belge The Bulletin du 3 novembre 2017.

Pour obtenir de précieuses informations économiques, militaires et politiques, ces pays ont également eu recours à des cyberattaques.

Dans le rapport annuel 2016 du Comité permanent de contrôle des services de renseignements, les services de renseignement et de sécurité belges on constaté : « Des sociétés étrangères… ont fait l’objet d’activités d’interception par les services de renseignement… dans le but d’espionnage qui cible les personnalités politiques, les gouvernements et les institutions internationales. »

La révélation suivante en est l’un des plus récents exemples : depuis 2016, une branche spécialisée dans les cyberattaques des forces armées chinoises, connues sous le nom de l’Armée populaire de libération (APL), a piraté le réseau de communication diplomatique européen utilisé pour partages des détails nécessaires pour la prise de décisions politiques.

Un rapport de Politico, daté du 19 décembre 2018, a cité Blake Darche, responsable de la sécurité dans Area 1 Security, une société américaine de cybersécurité, qui expliquait comment les pirates de l’APL avaient trouvé les « maillons les plus faibles de la chaîne numérique » pour attaquer le ministère des Affaires étrangères de Chypre, accédant ainsi à « l’ensemble du réseau de communication diplomatique de l’Union européenne ».

Ce réseau, appelé Correspondance Européenne, offre une plate-forme aux fonctionnaires de 28 pays de l’UE, du Conseil européen, du Service européen pour l’action extérieure et de la Commission européenne pour coopérer sur les questions de politique étrangère.

« Je ne suis pas surpris qu’il y ait une telle attaque. Ce n’était qu’une question de temps quand [une telle atteinte à la protection des données] se produirait ou deviendrait publique », a déclaré à Politico Udo Helmbrecht, directeur exécutif de l’Agence européenne pour la sécurité des réseaux et de l’information, l’agence de cybersécurité de l’Union européenne.

Le 10 février, l’ambassade de Chine en Belgique a démenti les affirmations de l’article de Die Welt, publiant une déclaration disant que cet article était une « pure fabrication sans aucune preuve ».

Nicole Hao

Version originale

 
 
 
 

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