Adama Traoré : le policier qui l’avait qualifié de « violeur » et de « repris de justice » relaxé

20 mai 2021 Mis à jour: 21 mai 2021
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Le policier, qui avait publiquement qualifié de « violeur » et « repris de justice » Adama Traoré en juillet 2017, a été relaxé le 20 mai par le tribunal de Bobigny.

Le 22 juillet 2017, ce fonctionnaire en poste sur le réseau ferroviaire francilien avait été pris à partie par une demi-douzaine de militants du collectif « Justice pour Adama » alors qu’il contrôlait un passager voyageant sans titre de transport.

Une des militantes, qui se rendait à une marche blanche à Beaumont-sur-Oise en mémoire du jeune homme, lui avait alors demandé s’il savait pourquoi elle était à bord. Il avait répondu par l’affirmative, en qualifiant Adama Traoré de « repris de justice » et de « violeur ». La scène, filmée, avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

« L’intention de nuire n’est pas établie »

En droit, seuls les héritiers légaux sont légitimes à intenter une action en justice pour injure ou diffamation à la mémoire des morts, a d’emblée rappelé le tribunal dans sa décision lue à l’audience.

Or le policier « ne s’adresse (pas) à un quelconque héritier d’Adama Traoré » et ne pouvait supposer que ses propos étaient filmés et seraient diffusés, a-t-il estimé, précisant que les documents transmis par la famille du jeune homme décédé à 24 ans étaient « insuffisants » . « L’intention de nuire n’est pas établie », a souligné le tribunal.

Au cours de l’audience du 15 avril, le procureur de la République Loïc Pageot s’était interrogé sur la recevabilité de la plainte pour ces mêmes motifs et avait toutefois requis une amende de 1000 euros avec sursis à l’encontre du policier, lui reprochant de n’avoir « pas respecté son devoir de réserve ».

Plainte d’un codétenu

En mai 2016, un ancien codétenu avait porté plainte contre Adama Traoré pour agressions sexuelles. L’enquête a été classée sans suites après le décès du jeune homme et ne s’est donc pas prononcée sur ces accusations.

En mars 2020, la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) de Pontoise a indemnisé cet ancien codétenu pour le préjudice subi, il a perçu 28. 793 euros. Dans sa décision, la CIVI n’a toutefois pas abordé la question de l’auteur du préjudice qu’elle a réparé.

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