23 ans de persécution par le PCC: comment le Falun Gong est devenu le «groupe le plus opprimé de la société chinoise»

20 juillet 2022 Mis à jour: 21 juillet 2022
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Torturés, battus, emprisonnés, tués et ostracisés. Depuis vingt‑trois ans, les pratiquants de Falun Gong subissent régulièrement ces violences infligées par le Parti communiste chinois (PCC).

Leurs récits de persécution incluent des condamnations à des camps de travaux forcés, des décharges électriques, des privations de sommeil, des viols, des refus d’embauche ou des expulsions scolaires, la liste reste ouverte. Tout cela à cause de leur foi.

Les victimes vont des enfants dès l’âge d’un an – détenus et forcés de regarder leurs parents se faire torturer – aux personnes âgées torturées à mort. Le traitement brutal des pratiquants de Falun Gong par le PCC n’a pas épargné les plus vulnérables.

« La campagne menée par le PCC a fait des pratiquants de Falun Gong le groupe le plus opprimé de la société chinoise », peut‑on lire dans un rapport publié en 2019 et intitulé « La persécution du Falun Gong en Chine depuis 20 ans » par Minghui, un site Internet qui suit la persécution du Falun Gong en Chine.

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est une discipline spirituelle qui comporte des exercices de méditation et des enseignements moraux fondés sur trois principes fondamentaux : la vérité, la compassion et la tolérance. Cette pratique a gagné en popularité en Chine dans les années 1990, le nombre de pratiquants étant estimé entre 70 et 100 millions.

Le régime communiste, craignant que le nombre de pratiquants ne constitue une menace à son autorité, a lancé une vaste campagne d’éradication de la pratique à partir du 20 juillet 1999. Cette campagne se poursuit encore aujourd’hui.

Depuis lors, des millions de personnes ont été détenues dans des prisons, des camps de travaux forcés et d’autres installations. Selon le Centre d’information du Falun Dafa, des centaines de milliers de personnes ont été torturées pendant leur incarcération.

Les pratiquants détenus ont également été victimes de prélèvements forcés d’organes, ce qui s’est soldé sur l’assassinat d’un nombre incalculable de pratiquants dont les organes alimentent le marché des transplantations d’organes en Chine.

De très nombreux récits de persécution

Au cours des 20 dernières années, Minghui a recueilli et publié des récits individuels de persécution, qui ont été classés et regroupés en un livre en fonction des schémas observés durant la répression.

« Aucun livre ne peut couvrir les centaines de milliers de cas de persécution que nous avons enregistrés », explique David Li, des éditions Minghui, à Epoch Times. « Nous avons des pratiquants qui se font arrêter, emprisonner, torturer, voire tuer… l’objectif de toutes ces mesures est de les forcer à renoncer à leur croyance [en ce que représente le Falun Gong] : la vérité, la compassion et la tolérance. »

Parmi ces schémas figurent la détention de pratiquants dans des centres de lavage de cerveau, dans des camps de travaux forcés ou dans des hôpitaux psychiatriques.

Minghui a répertorié et décrit une centaine de méthodes de torture utilisées sur les pratiquants détenus, comme le passage à tabac, le gavage, les chocs électriques, l’asphyxie, le viol, l’avortement forcé, la privation de sommeil, les brûlures à l’eau chaude ou à l’huile, et bien d’autres.

Mais au‑delà des histoires macabres de torture et de mort dans les centres de détention, le livre dévoile des aspects moins connus de la persécution, comme les souffrances infligées aux enfants et l’ostracisme dont sont victimes les pratiquants.

Des pratiquants de Falun Dafa se recueillent en mémoire des personnes disparues et des 20 ans de persécution perpétrée par le régime communiste chinois à Sydney, en Australie, le 19 juillet 2019. (Epoch Times)

Enfants victimes

Les enfants des pratiquants de Falun Gong sont également les victimes de la campagne d’éradication menée par le PCC, signale le livre de Minghui.

Certains enfants sont détenus et maltraités. Mais d’autres subissent des dommages collatéraux du fait de la persécution de leurs proches.

De nombreux enfants sont ainsi devenus des orphelins sans abri ou ont été livrés à eux‑mêmes parce que leurs parents ont été emprisonnés ou tués. D’autres ont subi des dommages psychologiques lorsque leurs parents étaient torturés ou que leur maison était saccagée.

Certains ont été privés d’école parce qu’ils pratiquaient le Falun Gong, ou dans le but de contraindre leurs parents à renoncer à leur foi.

La plupart d’entre eux ont subi les conséquences de la discrimination engendrée par le lavage de cerveau intensif subi par leurs camarades contre le Falun Gong, devenant ainsi des parias de la société, humiliés et malmenés.

« Grandir dans la peur et voir leurs proches être arrêtés et torturés encore et encore aura un impact durable sur ces enfants, leurs parents éloignés et leurs propres enfants », peut‑on lire dans l’ouvrage.

Une fillette d’un an détenue dans un centre de lavage de cerveau

Le livre de Minghui mentionne le cas de Guo Yuetong, une fillette d’un an qui a passé une année au centre de lavage de cerveau de Changli, dans la province du Hebei (nord de la Chine), en 2001, alors qu’elle était détenu avec sa mère, pratiquante de Falun Gong.

L’enfant était présente lorsque sa mère était torturée, c’est‑à‑dire battue, nourrie de force et soumise à des décharges électriques.

« Chaque fois que les gardes torturaient sa mère, Yuetong avait tellement peur qu’elle se cachait dans un coin et pleurait », indique le livre.

Yuetong a eu 3 ans tout en étant toujours détenue dans le centre de lavage de cerveau. Elle et sa mère ont été de nouveau incarcérées trois ans plus tard.

Une mère et sa fille se joignent aux pratiquants de Falun Gong pour une veillée aux chandelles devant le consulat de Chine à New York, le 16 juillet 2017. Lancée le 20 juillet 1999, la persécution entrait dans sa 18e année en Chine. (Benjamin Chasteen/Epoch Times)

Une jeune fille de 13 ans nourrie de force dans un centre de lavage de cerveau

Chen Si n’avait que 13 ans et fréquentait un collège de la ville de Chongqing, dans le sud‑ouest de la Chine, lorsqu’elle a été arrêtée pour avoir distribué des documents sur le Falun Gong en 2001.

La police l’a battue et envoyée au centre de lavage de cerveau de Geleshan, où elle a été interrogée.

La jeune fille a entamé une grève de la faim en signe de protestation. La police l’a donc nourrie de force pendant deux semaines.

Après sa libération, elle n’a pas été autorisée à retourner au collège parce qu’elle continuait à pratiquer le Falun Gong.

Une adolescente traumatisée après avoir vu ses parents se faire torturer

En avril 2003, la police a forcé Yuanyuan, une jeune fille de 16 ans originaire de la province de Heilongjiang, dans le nord de la Chine, à regarder ses parents attachés sur un « banc du tigre » – un appareil de torture conçu pour infliger une douleur insupportable aux jambes – et les a soumis à d’autres méthodes de torture similaires.

La police a également gavé ses parents avec de grandes quantités d’huile de moutarde par la bouche et le nez, et les a étouffés en plaçant des sacs en plastique autour de leur tête.

Une fois Yuanyuan et ses parents libérés, la police a demandé à la jeune fille de rester immobile devant la porte de son immeuble pendant des heures.

« Ils ont menacé de battre ses parents si elle osait bouger. Craignant que ses parents ne subissent davantage de tortures, Yuanyuan est restée immobile jusqu’à ce que ses pieds enflent et deviennent violets », explique Minghui.

Ces expériences ont profondément affecté la santé mentale de Yuanyuan. Elle n’a pas pu poursuivre ses études et a commencé à errer dans les rues, mangeant de la nourriture dans les poubelles.

Bien qu’elle ait actuellement 32 ans, Yuanyuan n’est ni autonome ni indépendante.

Chi Lihua, pratiquante du Falun Gong, et sa fille, Xu Xinyang, tenant des photos avant et après de Xu Dawei, mari de Chi Lihua et père de Xu Xinyang, lors de la table ronde « Persécution religieuse en Chine » dans l’immeuble du Sénat Russell le 23 juillet. (Jennifer Zeng/Epoch Times)

La haine inculquée contre le Falun Gong

Un élément essentiel de la persécution du PCC est sa campagne de désinformation contre la pratique, visant à positionner les citoyens chinois contre le Falun Gong et ses adhérents. À cette fin, le régime s’appuie largement sur la propagande, diffusant des messages de haine contre la pratique en la dénaturant et en diabolisant ses adhérents.

Dès leur plus jeune âge, les enfants subissent un lavage de cerveau contre le Falun Gong via le système éducatif, dès l’école primaire, selon Minghui.

Les enfants « sont formés pour être loyaux envers le PCC », déclare David Li, le représentant de Minghui Publishing.

Dans le cadre de cette campagne de dénigrement, le régime exige des voisins, des membres de la famille et des collègues de travail qu’ils dénoncent et livrent les pratiquants de Falun Gong aux autorités afin de les discriminer.

« Le régime a utilisé avec succès son système de lavage de cerveau et de contrôle de la pensée pour monter les enfants contre les parents, les maris contre les épouses et les étudiants contre les enseignants », indique l’ouvrage.

Par le biais de la propagande et du contrôle de la pensée, le PCC a réussi à faire en sorte que les gens agissent comme des mandataires du Parti dans la persécution, poursuit le livre.

Une femme battue à mort par son propre fils

Un exemple de citoyens chinois ayant servi de mandataire du Parti est le cas du fils de Lu Shurong, une femme de 77 ans du nord‑est de la ville de Tianjin. Il a battu sa mère à mort.

Lu Shurong avait déjà été arrêtée pour sa foi par le passé, et son fils, Du Xuedong, un vétéran militaire de 50 ans, avait payé deux fois la caution pour la faire libérer.

Comme cette femme refusait d’abandonner la pratique du Falun Gong et risquait de compromettre les efforts de son fils pour être employé par le gouvernement, il a commencé à devenir hostile à son égard.

Sous l’emprise de l’alcool, le 27 septembre 2018, Du Xuedong a battu sa mère pendant plus d’une heure, lui cassant le poignet et dix côtes.

L’une de ses côtes cassées a percé son poumon. Ses organes ont été gravement endommagés. Elle est décédée après avoir été hospitalisée pendant 24 jours.

Discrimination

Les pratiquants de Falun Gong de tous âges sont victimes de discriminations à tous les niveaux de la société et sont complètement rejetés par leur milieu.

« Peu importe qui ils sont, où ils vont, tant qu’ils n’abandonnent pas la pratique du Falun Gong, ils sont qualifiés d’ennemis du Parti et soumis à une persécution impitoyable », indique le livre.

Ils se voient refuser l’accès à l’éducation en étant expulsés des écoles ou en n’étant pas autorisés à entrer à l’université.

Ils se voient refuser du travail ou se retrouvent licenciés.

Leurs entreprises sont fermées ou leurs clients arrêtent de les fréquenter.

Un homme traité comme un ennemi par ses clients et ses voisins

He Lifang a été emprisonné et battu par 17 détenus car il pratiquait le Falun Gong.

En tant que propriétaire d’une entreprise, il avait beaucoup de succès avant que la persécution ne commence. Mais en raison de la campagne de propagande menée par le PCC contre sa foi, ses clients ont commencé à le traiter avec hostilité.

« Un voisin qui avait l’habitude d’être amical m’a insulté moi et ma famille. Même les enfants nous maudissaient parfois parce qu’ils avaient eux aussi été influencés par la propagande », a‑t‑il raconté au site Minghui, tout en exposant les persécutions dont il a été victime.

Des pratiquants de Falun Gong lors d’une veillée aux chandelles en souvenir des victimes des 22 années de persécution en Chine, au Washington Monument, le 16 juillet 2021. Les sinogramme signifiant « Vérité, Compassion, Tolérance », les principes enseignés par cette discipline spirituelle, apparaissent au premier plan. (Larry Dye/Epoch Times)

Répondre par la compassion

Malgré les atrocités subies par les pratiquants de Falun Gong au cours des 23 dernières années de persécution, leur résistance est porteuse d’espoir, selon M. Li de Minghui Publishing.

« Ils n’ont aucune haine envers leurs persécuteurs parce qu’ils les considèrent comme des victimes (…) du système mis en place par le PCC qui les oblige à agir contre leur conscience et à nuire à leurs concitoyens », explique M. Li.

Les pratiquants répondent à la violence par la compassion, en essayant de persuader les auteurs de cesser de prendre part à la persécution et de sortir de ce « cycle de violence ».

« Chacun est amené à faire un choix : accepter la persécution, l’aider ou s’y opposer », ajoute‑t‑il.

Après plus de deux décennies de « la violence la plus cruelle, ces pratiquants n’ont pas renoncé à leur croyance, et ils vivent toujours selon les principes de vérité, compassion et tolérance », conclut M. Li.

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