Saint-Valentin : offrir une belle rose équitable

14 février. La Saint Valentin, la fête des amoureux. Une fête qui fait battre le coeur des restaurateurs, des parfumeurs, des bijoutiers et des fleuristes.

La Saint Valentin, le jour des amoureux. Chacun choisira son cadeau. Si vous optez d’offrir des roses à votre amoureux ou amoureuse, offrez-lui donc des roses équitables. Ces jolies fleurs garantissent des conditions sociales et environnementales décentes aux cueilleurs des pays du Sud où elles sont cultivées.

« Nous observons une grosse progression des ventes depuis 2015 où 8 millions de tiges de roses équitables avaient été vendues en France : en 2016, ce chiffre a gonflé à 22,7 millions », se réjouit Nicolas Dutois, responsable de la filière Fleurs pour le label de commerce équitable Max Havelaar.

Près de 600 millions de roses vendues en France chaque année, un espoir pour les travailleurs du Sud, car la « rose équitable commence à se faire une place dans le secteur », estime le responsable.

Cinq pays producteurs

Les cinq principaux pays producteurs de roses concernés par cette filière sont le Kenya, l’Ethiopie, la Tanzanie, l’Équateur et la Colombie. D’autres pays suivent : le Zimbabwe, l’Ouganda, le Sri Lanka et le Costa Rica.

Dans les quatre premiers, Max Havelaar a certifié équitables 63 exploitations horticoles qui produisent des roses à 90 %.

À la différence du commerce équitable de café ou du cacao, basé sur le soutien à de petits producteurs indépendants, les roses sont cultivées dans de vastes fermes horticoles employant des centaines de salariés.

« Elles sont cultivées dans des fermes employant entre 500 et 1 000 travailleurs », explique M. Dutois à l’AFP, pour traiter, récolter, emballer ou expédier aux quatre coins du monde les précieuses fleurs de la passion.

Le 14 février, l’enjeu de la Saint-Valentin est d’autant plus important car il constitue un « pic mondial de la demande » surtout pour la rose rouge, dont les prix peuvent être multipliés par dix, explique un fleuriste parisien.

Des labels qui garantissent la protection des producteurs

Les labels exigent surtout un accès à la protection sociale des producteurs, des congés maternité dans un secteur qui emploie majoritairement des femmes, des salaires liés soit au minimum légal national, soit à une convention collective. Une liberté d’association pour pouvoir négocier collectivement les salaires et conditions de travail.

Les normes environnementales et de santé aussi sont également examinées

« Nous exigeons que les travailleurs soient protégés lorsqu’ils appliquent des produits phytosanitaires de protection des plantes et qu’ils bénéficient d’un suivi médical », ajoute le responsable de Max Havelaar. Le cahier des charges comprend aussi une optimisation de la consommation d’eau, via le recyclage.

Où peut-on trouver des roses équitables ?

En France, les enseignes qui se sont engagées sur la rose équitable sont Aquarelle.Com, Système U ainsi que de nombreux fleuristes indépendants. « Plusieurs opérations ponctuelles ont été menées chez Leclerc, Carrefour ou Intermarché », indique Max Havelaar.

Les filières dans le doute

Dans son magasin « Au comptoir des fleurs » dans le 2e arrondissement de Paris, Elenio Gabbanelli emballe ses bouquets dans du papier recyclé. Il dit « ne pas croire aux engagements environnementaux pris par les filières équitables », qu’il estime « opaques ».

« Pour ma part, toutes mes roses viennent de Hollande, car elles sont produites plus près et ont moins à voyager. Je fais très attention à ce qu’elles soient bien produites en Hollande, et non pas en transit venant de pays lointains comme le Kenya », souligne le fleuriste.

« Je les paye plus cher, mais je préfère faire confiance aux normes européennes pour la certification des fleurs », répond le fleuriste écolo.

Argument réfuté par Max Havelaar

Il estime que le bilan carbone d’une rose du Kenya est « six fois moindre » que celui d’une fleur de Hollande, « car dans ces pays-là, on n’a pas besoin de serres chauffées, ni éclairées », selon M. Dutois.

D.S. avec AFP

 
 
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